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Européennes : le retour en fanfare du populiste britannique Nigel Farage

Nigel Farage (au centre) en meeting à Londres, le 21 mai 2019.
Nigel Farage (au centre) en meeting à Londres, le 21 mai 2019. Tolga Akmen, AFP

Les Britanniques glissent jeudi leur bulletin dans l'urne pour les élections européennes. Un scrutin en pleine crise politique liée au Brexit, qui devrait profiter au trublion europhobe Nigel Farage.

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Ayant survécu à un accident de la route, à un cancer et à un crash aérien, c'est avec l'énergie du survivant que Nigel Farage a mené tambour battant sa campagne pour les élections européennes. Surnommé "Monsieur Brexit" par son ami Donald Trump, l'europhobe de 55 ans est l'un des rares candidats à pouvoir se vanter d'avoir électrisé les foules lors de sa campagne.

Figure de proue du référendum de 2016, Nigel Farage avait pourtant quitté la politique à l'issue de la victoire du "leave", estimant qu'elle "signait la fin de [son] ambition politique". Mais en février, il crée le Parti du Brexit, profitant de l'enlisement des négociations sur la sortie de l'UE du Royaume-Uni.

Depuis, la jeune formation bleu ciel caracole en tête des sondages, avec environ 30 % des intentions de vote. Exploitant la colère, l'impatience et le sentiment de trahison de l'électorat "brexiter", elle est en passe de damer le pion aux grands partis traditionnels britanniques en déroute. Sa victoire serait un camouflet pour les conservateurs et les travaillistes.

"Je n'ai jamais vu ça de ma vie !"

De meetings en pubs, il a sillonné, durant toute sa courte campagne lancée il y a un mois seulement, le pays à la rencontre des électeurs, cultivant l'image authentique d'un homme proche du peuple. Véritable showman, il manie aussi bien l'humour que le cynisme et fait de la stigmatisation de l'Europe et des "élites" sa marque de fabrique.

La recette fait des miracles. "Je n'ai jamais vu ça de ma vie !", s'exclame à l'AFP Peter Stokes-Chapman, supporter du Parti du Brexit, lors d'un meeting surchauffé dans les Midlands, au cœur du Royaume-Uni. "Je ne me suis jamais autant intéressé à la politique, j'ai été comme aspiré", renchérit Dave, 47 ans, un carreleur, à la réunion de Willenhall, à quelques kilomètres au nord de Birmingham.

Lancer de milk-shake et soupçons de malversations financières

Mais tous les Britanniques ne semblent pas sous le charme. Lundi, Nigel Farage a reçu un milk-shake (parfum banane et caramel beurre salé) sur son costume noir d'ancien courtier de la City alors qu'il marchait dans le centre-ville de Newcastle (nord-est de l'Angleterre), lancé par un homme de 32 ans exaspéré par son discours. Preuve s'il en fallait du climat de tension qui règne au Royaume-Uni.

Autre attaque moins triviale, sa campagne a également été entachée ces derniers jours par des soupçons de financement illégal. Le Brexit Party est accusé d'avoir manqué de transparence quant à la provenance de ses financements, notamment concernant les dons reçus via son site Internet.

Les représentants de la Commission électorale britannique se sont d'ailleurs emparés du problème en se rendant mardi dans les locaux de la jeune formation politique pour s'assurer du bon fonctionnement du recueil des dons qui ne doivent provenir que du Royaume-Uni.

Contradictions

Qu'importent les attaques, l'apôtre du Brexit poursuit sa croisade contre l'Europe, parfois même au mépris de la logique : Nigel Farage a passé 20 ans à siéger au Parlement de Strasbourg, où son seul objectif s'est résumé à dénigrer l'Union européenne. Un job en forme de lot de consolation pour celui qui a échoué à six reprises à se faire élire député au Parlement britannique. Trop sulfureux, trop clivant, raciste diront certains.

Qu'importent les attaques, les soupçons, les salissures, l'europhobe patenté devrait, d'après les sondages, siéger une nouvelle fois à Strasbourg. Mais plus pour très longtemps. À compter du 31 octobre, date prévue du Brexit, le populiste britannique, s'il est réélu, devra céder son siège d'eurodéputé et mettre un point final à sa longue carrière de parlementaire au sein de l'UE. Mais tout ne sera peut-être pas fini au Royaume-Uni.

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