Accéder au contenu principal

Le Parlement autrichien démet le chancelier Sebastian Kurz de ses fonctions

Le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, lundi 27 mai au Parlement à Vienne.
Le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, lundi 27 mai au Parlement à Vienne. Roland Schlager, APA, AFP

Le chancelier conservateur Sebastian Kurz a été renversé lundi en Autriche par une motion de censure, dix jours après le scandale de l'Ibizagate, qui a fait voler en éclat sa coalition avec l'extrême droite.

Publicité

Le parlement autrichien a poussé, lundi 27 mai, le chancelier conservateur autrichien Sebastian Kurz vers la sortie. Dix jours après le scandale de l'Ibizagate qui a fait voler en éclat sa coalition avec l'extrême droite, il a été renversé lundi par une motion de censure soutenue par les principaux partis d'opposition.

Ce vote sans précédent dans l'histoire de la république d'Autriche a été obtenu notamment avec les voix des sociaux-démocrates et du parti nationaliste FPÖ, dont le chef avait été contraint de démissionner de son poste de vice-chancelier à la suite de ce scandale. Les résultats ont été proclamés par la vice-présidente du Parlement, Doris Bures, qui n'a toutefois pas chiffré les sufffrages.

Élu chancelier à seulement 31 ans, Sebastian Kurz a accueilli sa destitution le visage fermé, sans émotion apparente, une constante chez ce dirigeant aux traits lisses d'adolescent.

Un accroc dans le parcours

Il s'agit pourtant d'une première dans l'histoire politique autrichienne et d'un accroc dans le parcours du jeune dirigeant, qui a vu échouer sa stratégie d'alliance avec l'extrême droite après 18 mois de mandat.

Les déboires de son allié du FPÖ, dont le leader a dû démissionner après des déclarations compromettantes filmées en caméra cachée à Ibiza, ne faisaient certainement pas partie du plan de carrière que Sebastian Kurz a soigneusement orchestré.

Selon des documents révélés par la presse, cette stratégie de conquête du pouvoir avait même reçu un nom de code, "Opération Ballhaus", en référence à l'adresse du siège du gouvernement, situé sur la Ballhausplatz à Vienne.

Un ÖVP redynamisé

Au printemps 2017, alors ministre des Affaires étrangères d'une grande coalition droite-gauche au pouvoir depuis dix ans, Sebastian Kurz avait provoqué la rupture de ce mariage à bout de souffle en s'emparant de la direction du parti conservateur ÖVP. Des législatives anticipées avaient été convoquées.

Surfant sur le rejet des figures traditionnelles de la politique, il avait remodelé l'image de la formation, lui imposant une nouvelle couleur (le turquoise pâle) et l'appellation "Liste Kurz".

À une Autriche prospère mais insécurisée par la crise migratoire, le jeune dirigeant à la communication très rodée a surtout offert un discours de fermeté sur l'immigration combiné à une image de modernité.

Kurz "n'a rien à craindre"

Nommé secrétaire d'État à 24 ans, avant même d'avoir achevé son cursus de droit, puis plus jeune ministre des Affaires étrangères de l'UE entre 2013 et 2017, Sebastian Kurz a réussi à incarner le renouveau alors qu'il a été membre de la coalition sortante pendant six ans.

Renversé du pouvoir, il reste pour autant, le mieux placé dans la course aux législatives anticipées qui se dérouleront en septembre, selon les analystes. "Personne ne lui arrive à la cheville en terme de communication", assure le politologue Thomas Hofer, selon lequel Kurz "n'a rien à craindre".

Avec AFP

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.