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Pour Europe Écologie, une troisième place synonyme de victoire aux européennes

Yannick Jadot, dimanche 26 mai 2019, après les résultats des élections européennes.
Yannick Jadot, dimanche 26 mai 2019, après les résultats des élections européennes. Stéphane de Sakutin, AFP

La liste Europe Écologie de Yannick Jadot a créé la surprise des élections européennes en France en finissant en troisième position. Le parti écologiste compte désormais capitaliser sur son résultat pour prendre le leadership à gauche.

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"Les Françaises et les Français nous ont envoyé un signal très clair : ils veulent que l'écologie aussi soit au cœur du jeu politique, et ce message a été lancé dans toute l'Europe." Il est un peu plus de 20 h, dimanche 26 mai, et Yannick Jadot jubile. Alors que les sondages prédisaient une quatrième, voire une cinquième place à son parti, les électeurs ont porté sa liste Europe Écologie à une inattendue troisième place (13,2 %) aux élections européennes.

Sa joie était à la mesure du soulagement qu’ont dû représenter pour lui les résultats. Des doutes sur la stratégie d’Europe Écologie – qui souhaitait attirer aussi bien à droite qu’à gauche – avaient commencé à poindre lors des derniers jours de la campagne. Mais c’est finalement "une vague verte européenne", selon les mots de l’eurodéputé, qui s’est abattue sur la France.

Le Premier ministre Édouard Philippe a d'ailleurs adressé un hommage indirect aux Verts en disant avoir "reçu le message de nombreux Français sur l'urgence écologique". De fait, avec 13,2 % des suffrages, le score d’Europe Écologie est largement supérieur aux 8,95 % obtenus en 2014 et s’approche du record de 2009, lorsque la liste Europe Écologie-Les Verts avait déjà créé la surprise avec plus de 16 % des voix.

Dix ans plus tard, les questions environnementales occupent constamment l’actualité. La "marche du siècle", une mobilisation internationale contre le réchauffement climatique organisée le 16 mars dernier, a réuni plus de 350 000 personnes en France, selon ses organisateurs ; et la pétition "L’affaire du siècle", en soutien à l’action en justice menée par quatre associations pour que l’État français tienne ses engagements climatiques, a recueilli plus de deux millions de signatures.

Pour Yannick Jadot, qui a appelé dimanche soir à la "construction d'une alternative à la technocratie libérale et aux populismes", un tel résultat a également été rendu possible grâce au vote des jeunes, qui se sont davantage mobilisés que ne le prévoyaient les sondages. "Il n’est pas exclu ce soir que l’écologie soit la première force chez les jeunes, a lancé la tête de liste écologiste. C’est un magnifique message d’avenir !"

"Bâtir le grand mouvement de l'écologie politique capable de conquérir le pouvoir"

Cette troisième place qui ressemble fortement à une victoire permet justement d’aborder l’avenir avec un regard différent. Alors que Yannick Jadot s’était effacé au profit de Benoît Hamon lors de la campagne présidentielle de 2017, la tête de liste Europe Écologie a cette fois-ci toujours refusé de nouer la moindre alliance avec des partis de gauche. Le député européen a ainsi refusé les avances de Benoît Hamon et Génération.s, de Raphaël Glucksmann et Place publique, et même de Ségolène Royal et du PS.

Sa détermination à faire cavalier seul et sa main tendue vers la droite ont été critiquées, mais cette stratégie s’est finalement révélée payante. Au soir du 26 mai, EELV est devenu le premier parti de gauche : il devance La France insoumise (6,4 %), l’alliance Place publique-Parti socialiste (6,4 %), Génération.s (3,3 %) et le Parti communiste (2,4 %).

>> À lire : Hauts dans les cœurs, bas dans les urnes : la malédiction des écolos français

Après avoir imposé les thématiques environnementales, les Verts peuvent-ils devenir la pierre angulaire de la reconstruction de la gauche ? "Il faut nous dépasser pour bâtir le grand mouvement de l'écologie politique capable de conquérir le pouvoir", a exhorté dimanche soir Yannick Jadot, en promettant d'associer "tous ceux qui agissent et qui veulent transformer la société".

Reste à savoir qui aura envie de suivre le mouvement. Car pour le moment, on n’imagine mal Jean-Luc Mélenchon, trop attaché à son leadership, ou le premier secrétaire du PS Olivier Faure, qui cherche à rebâtir son parti, se ranger sans sourciller derrière EELV.

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