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Entre Angela Merkel et Emmanuel Macron, désaccords sur le choix des dirigeants européens

Emmanuel Macron et Angela Merkel lors d'un sommet informel, le 28 mai 2019, à Bruxelles.
Emmanuel Macron et Angela Merkel lors d'un sommet informel, le 28 mai 2019, à Bruxelles. Oliver Matthys, Reuters

Alors qu'Angela Merkel soutient le candidat du PPE, Manfred Weber, pour la présidence de la Commission européenne, Emmanuel Macron a dit mardi à Bruxelles souhaiter voir une "forte personnalité" succéder à Jean-Claude Juncker.

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Arrivé l'un des premiers, comme pour montrer sa détermination, Emmanuel Macron a cherché, mardi 28 mai à Bruxelles, à se placer au centre du jeu pour "construire" l'Union européenne des cinq prochaines années, au risque de se heurter à plusieurs capitales, dont Berlin, sur le choix des futurs dirigeants des institutions européennes.

Le chef de l'État français a annoncé, devant la presse, que celui ou celle qui prendrait la tête de la Commission européenne devrait avoir une "forte personnalité". Il a par ailleurs ajouté qu'il souhaitait voir deux hommes et deux femmes nommés aux fonctions européennes les plus importantes. Quatre postes sont à pourvoir : les présidences de la Commission, du Conseil et de la Banque centrale européenne, ainsi que celui de Haut représentant pour les affaires étrangères.

Le président français s'est avancé à citer trois noms de candidats ayant, selon lui, l'expérience et la crédibilité requises pour briguer la succession de Jean-Claude Juncker : la commissaire européenne à la Concurrence Margrethe Vestager, le négociateur en chef pour le Brexit Michel Barnier et l'ancien diplomate néerlandais Frans Timmermans.

Paris vs. Berlin

Angela Merkel, qui s'exprimait à l'issue d'un sommet informel à Bruxelles, soutient elle la candidature de son compatriote Manfred Weber, désigné par le Parti populaire européen (PPE), auquel participe sa formation (CDU) et qui détient le plus grand nombre de sièges au Parlement de Strasbourg. Mais ce choix se heurte à de nombreuses résistances. "Nous soutenons notre candidat : Manfred Weber, d'autres soutiennent le leur, c'est clair" a-t-elle souligné.

"Emmanuel Macron a plusieurs fois souligné que les dirigeants devaient avoir de l'expérience et l'expérience c'est justement le talon d'Achille de Manfred Weber, qui est euro-député depuis 15 ans mais qui n'a pas d'expérience ministérielle dans son propre pays", explique Alix Le Bourdon, correspondante de France 24 à Bruxelles.

"Manfred Weber n'a pas d'expérience ministérielle dans son propre pays"

Le président français a invité les dirigeants et le Parlement à trouver des compromis. "Si les uns et les autres restent aux noms où ils sont, nous aurons un blocage", a-t-il dit aux journalistes. "La clé est que les gens qui seront aux postes les plus sensibles partagent le projet, qu'ils soient les plus charismatiques, inventifs, compétents possible."

Le casse-tête "Spitzenkandidat"

Emmanuel Macron a en tout cas atteint un premier objectif : que le Conseil confirme que le principe du "Spitzenkandidat", qui veut que le candidat du groupe arrivé en tête aux élections devienne président de la Commission, ne s'applique pas de façon automatique, une décision confirmée par Donald Tusk, président du Conseil européen.

Une majorité de groupes du Parlement ont toutefois demandé aux dirigeants des pays membres de respecter le principe du "Spitzenkandidat". Cette formule a été imposée en 2014 par le Parlement à des gouvernements majoritairement hostiles à ce mode de nomination qui les dépossède d'une partie de leur pouvoir. Un accord devra être trouvé avant le sommet des 20 et 21 juin, lors duquel le nom du candidat sera révélé. La recherche du prochain "M. ou Mme Europe", comme l'a décrit le Premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel, ne fait que commencer.

Avec Reuters et AFP

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