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Un nouveau projet de loi visant à légaliser l'IVG en Argentine déposé au Parlement

Des activistes portant des foulards verts manifestent pour marquer la reprise de leur campagne de légalisation de l'avortement, à Buenos Aires, le 28 mai 2019.
Des activistes portant des foulards verts manifestent pour marquer la reprise de leur campagne de légalisation de l'avortement, à Buenos Aires, le 28 mai 2019. Emiliano Lasalvia, AFP

Les "foulards verts" ont à nouveau manifesté mardi en Argentine en soutien à une nouvelle proposition de loi prévoyant la légalisation et la gratuité de l’avortement.

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Alors que la légalisation de l'IVG (interruption volontaire de grossesse) a échoué de justesse en 2018 en Argentine, une nouvelle proposition de loi a été déposée mardi 28 mai au Parlement par 15 députés des principaux partis politiques. Un jour qui n'a pas été choisi au hasard pour demander la légalisation et la gratuité de l'avortement, puisque c'est la journée internationale d'action pour la santé des femmes.

Lors du dépôt de la proposition de loi, la députée de gauche Victoria Donda a dit qu'elle tablait sur un vote de la chambre des députés cette année. Bousculé par la campagne électorale, l'agenda parlementaire ne permettra probablement pas au Sénat de se prononcer en 2019.

Plusieurs heures avant le dépôt du texte, des dizaines de milliers de jeunes femmes brandissant des foulards verts, signe de ralliement à la cause pro-IVG, se sont mobilisées devant le Congrès.

Porté par des organisations féministes, ce mouvement a suscité un débat passionné en 2018. "Les féministes argentines avaient mené tambour battant leur campagne, faisant déferler une "vague verte" (couleur choisie pour symboliser leur combat) sur tout le pays", rappelle Mathilde Guillaume, correspondante de France 24 à Buenos Aires. Un projet de loi similaire à celui de mardi avait alors été approuvé par les députés, mais rejeté par le Sénat, conservateur, sous l'influence de l’Église catholique.

"Le Sénat étant toujours le même, ce projet a peu de chance d'aboutir, admet Mathilde Guillaume. Mais la raison de sa présentation, maintenant, est d'instaurer l'avortement comme un thème central dans le débat public. Ce qui a changé par rapport à l'année dernière, c'est que l'Argentine est rentrée en campagne électorale pour les élections présidentielle et législatives en octobre."

"Ce projet a peu de chance d'aboutir"

Le débat sur l'avortement avait été relancé en février quand une fillette de 11 ans a dû subir une césarienne, faute de pouvoir avorter après avoir été violée.

Foulards bleu ciel contre foulards verts

En réaction au foulard vert des pro-IVG, les anti-avortement ont créé un foulard bleu ciel avec comme slogan "La défense des deux vies", celle de la mère et celle du fœtus. L'Église a mis tout son poids dans la bataille pour mettre en échec la proposition de loi en 2018. "Tous les enfants ont le droit de vivre, ceux qui sont programmés et ceux qui ne le sont pas. La vie, c'est dès la conception", a martelé Nelida Rodriguez, parée d'un foulard bleu ciel dans un coin de la place du Congrès.

La loi actuellement en vigueur autorise l'avortement dans des cas spécifiques de viol, de risques pour la santé de la mère mais, dans les faits, des provinces ou des médecins s'y opposent, et des fillettes de 10 ou 11 ans se heurtent à un refus des autorités de pratiquer un avortement. On estime qu'une centaine de femmes meurent chaque année à la suite d'avortements pratiqués dans de mauvaises conditions sanitaires.

"C'est une nouvelle opportunité pour l'État argentin de garantir l'exercice des droits humains des femmes (...). Les avortements continuent d'être pratiqués dans des conditions déplorables et des femmes meurent dans des conditions de clandestinité", dénonce notamment l'ONG Amnesty International.

Avec AFP

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