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Convoquée par la DGSI, la journaliste Ariane Chemin invoque la protection des sources

Ariane Chemin, le 28 février 2013, à Paris.
Ariane Chemin, le 28 février 2013, à Paris. Éric Feferberg, AFP

Ariane Chemin, journaliste au Monde, à l'origine des révélations de l'affaire Benalla qui a fait trembler l'exécutif, s'est rendue mercredi à la convocation lancée par la DGSI, mais n'a rien révélé de ses sources.

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Elle n'a rien révélé de ses sources. La journaliste du Monde Ariane Chemin fait partie de la liste de journalistes récemment convoqués par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Interrogée par les services français au sujet de l'affaire Benalla durant trois quarts d'heure, mercredi 29 mai , la journaliste n'a pas fait de révélations. Elle a fait valoir la protection des sources et contesté toute "faute".

>> À lire aussi : "Audition de journalistes par la DGSI : 'On m'a posé des questions sur mes sources'"

"Je leur ai expliqué que je n'avais fait que mon travail de journaliste et j'ai fait valoir l'article 2 de la loi de 1881", qui dispose que "le secret des sources des journalistes est protégé dans l'exercice de leur mission d'information du public", a-t-elle dit à l'AFP.

"Ils m'ont posé beaucoup de questions sur la manière dont j'avais vérifié mes informations, façon indirecte de m'interroger sur mes sources", a-t-elle regretté.

Les médias solidaires

Entre le protocole d'audition et les questions, "tout est fait pour vous convaincre que vous avez commis une faute lourde, ce que nous contestons formellement", a poursuivi la grand reporter, convoquée pour des articles sur l'affaire Alexandre Benalla – qu'elle a révélée –, et notamment "sur le profil d'un sous-officier de l'armée de l'air, Chokri Wakrim, compagnon de l'ex-cheffe de la sécurité de Matignon".

Dans un communiqué diffusé sur Twitter, la société des rédacteurs du Monde s'est dite "solidaire de sa consœur Ariane Chemin (...) Elle a porté à la connaissance des citoyens des informations d'intérêt public, ne faisant ainsi que son travail".

Le SNJ-CGT avait de son côté appelé à un rassemblement devant le siège de la DGSI mercredi en soutien "à tous les journalistes convoqués par l'État français, en violation de la loi sur la liberté de la presse et pour la liberté d'informer".

Le président du directoire du journal Le Monde, Louis Dreyfus, a également été entendu par la DGSI mercredi matin.

Ces convocations interviennent après celles de sept autres journalistes du site Disclose, de Radio France et de l'émission "Quotidien" de TMC, ayant pour point commun d'avoir enquêté sur l'utilisation d'armes françaises au Yémen.

Indignations

Elles ont soulevé une vague de protestations de journalistes et de personnalités politiques, qui y voient une atteinte au droit d'informer.

Interrogée mardi au Sénat, la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a confirmé que la convocation d'Ariane Chemin était "intervenue dans le cadre d'une enquête préliminaire placée sous le contrôle du procureur de la République de Paris. Elle a été ouverte à la suite du dépôt de plainte d'un membre des forces spéciales dont l'identité avait été révélée par ce journal".

"Une telle convocation ne préjuge en rien de l'éventualité de poursuites qui pourraient être diligentées à l'encontre de ces journalistes, il appartiendra au seul procureur de la République de juger des suites à donner", a-t-elle poursuivi, assurant qu'elle ne devait "en aucun cas être vue comme une tentative d'intimidation ou de menace".

Avec AFP

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