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Journée mondiale de l'hygiène menstruelle : de la rue au gouvernement, les femmes se font entendre

Une femme tenant une coupe menstruelle et un tampon.
Une femme tenant une coupe menstruelle et un tampon. Patricia Moraleda, Pixabay

"Lever le tabou des règles", tel était le mot d'ordre de la Journée mondiale de l'hygiène menstruelle, mardi 28 mai. En France, au sein du gouvernement ou dans la rue, les voix se sont élevées, notamment contre la précarité menstruelle.

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À l’occasion de la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle, mardi 28 mai, la secrétaire d’État chargée de l’égalité, Marlène Schiappa, a réuni plusieurs ministres, associations et industriels pour mettre en place une stratégie visant à "lever le tabou des règles" et lutter contre les difficultés d'accès aux protections hygiéniques pour raisons financières.

"Il est inadmissible qu’il y ait des femmes qui doivent fabriquer des cups de fortune avec des bouteilles en plastique", a déclaré Marlène Schiappa dans une vidéo mise en ligne par le compte Twitter du gouvernement. Une mission d’expérimentation de la gratuité des protections hygiéniques dans "plusieurs lieux collectifs" (écoles, hôpitaux ou prisons) a été confiée à la sénatrice Patricia Schillinger. Il y a six mois, cette dernière avait déjà présenté un amendement dans ce sens, dans le cadre du projet de loi des finances 2019.

"Le fait que [cette initiative] soit mise en place par le gouvernement, c'est déjà une preuve qu'on a parlé assez fort et assez longtemps pour que ce sujet soit enfin pris au sérieux", explique à France 24 Taous Merakchi, autrice – sous le nom de Jack Parker – du "Grand Mystère des Règles" (éd. Flammarion). "Parce que les règles sont un tabou, encore et toujours. Nombreux sont ceux qui disent que c'est un non-sujet, qu'il y a 'plus grave' et que ça n'a rien à faire au centre des préoccupations des gens et encore moins du gouvernement." Une prise de position qui peut permettre, selon l’autrice, "d’ouvrir le dialogue", et de se demander pourquoi "les gens réagissent aussi violemment" lorsqu’une telle annonce est faite par le gouvernement. Taous Merakchi rappelle que "51 % de la population mondiale" est concernée par les règles.

Plus de clarté sur la composition des protections hygiéniques

Lors cette rencontre, à laquelle étaient notamment conviées les secrétaires d’État Brune Poirson (Transition écologique), Christelle Dubos (Santé) et Agnès Pannier-Runacher (Économie et finances), plusieurs participantes ont également souligné la nécessité d’améliorer l’information sur la composition des protections hygiéniques.

En juillet 2018, un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) avait révélé la présence de substances chimiques "en très faible concentration" dans les tampons et les serviettes. L'Anses recommandait aux fabriquants de protections d'"améliorer la qualité de ces produits afin d'éliminer ou de réduire au maximum la présence de substances chimiques". Consigne ignorée par les responsables, comme l'indiquait en février dernier une enquête réalisée par l'Institut national de la consommation.

"T'imagines si le viol dégoûtait autant les mecs que les règles ?"

La journée du 28 mai s'est aussi manifestée dans la rue. À Marseille, Paris, Lille ou Bordeaux, des militantes féministes ont placardé des serviettes hygiéniques sur lesquelles il était inscrit : "T’imagines si le viol dégoutait autant les mecs que les règles ?" Anaïs Leleux, militante du collectif Nous Toutes, est à l’origine de cette initiative. "Je me suis souvenue de l'action menée par Elonë, une jeune allemande, en 2015", raconte-t-elle à France 24. "Elle avait profité du 8-Mars pour coller des serviettes périodiques dans les rues de sa ville, Karlsruhe. J’ai réalisé que cette action m’avait marquée." En affichant les serviettes, les activistes veulent que les règles ne soient plus enfermées dans un tabou qui peut mener à la précarité.

Anaïs Leleux a donc lancé un appel sur les réseaux sociaux, expliquant qu’il "suffisait d’attraper une serviette, d’écrire dessus, et d’aller la coller dans la rue". "Une centaine de filles ont répondu présentes, dans toute la France. Des filles proches de Nous Toutes, des Effronté-e-s, d’Osez le Féminisme. Mais aussi des filles qui n’avaient jamais fait ce genre de choses auparavant." L’initiative a été "plutôt bien reçue", malgré certains messages "pour dire que c’était ridicule, contre-productif et violent", détaille Anaïs Leleux.

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