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Plan social chez General Electric : pourquoi les critiques pleuvent sur Emmanuel Macron

Des salariés de General Electric devant les bureaux de l'entreprise à Belfort, le 21 mai.
Des salariés de General Electric devant les bureaux de l'entreprise à Belfort, le 21 mai. Sébastien Bozon, AFP

Emmanuel Macron est sous le feu des critiques depuis l'annonce par General Electric de la suppression de plus de 1 000 emplois en France. Il était ministre de l'Économie lorsque l'État a validé la vente d'Alstom au géant américain.

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Près de cinq ans après la vente du français Alstom à l'américain General Electric (GE) alors qu'il était ministre de l'Économie, Emmanuel Macron fait face mercredi 29 mai à un flot de critiques acerbes de l'opposition, des syndicats de GE, et même de certains acteurs du monde de l'industrie.

Le président de la République porte une responsabilité dans le "désastre" industriel et social à venir, pointent notamment les syndicats, après l'annonce mardi par GE de la suppression de plus d'un millier d'emplois en France – selon le groupe américain, jusqu'à 792 suppressions de postes pourraient intervenir dans son entité turbines à gaz de Belfort, et 252 dans celle dédiée aux "fonctions supports".

En toile de fond de cette colère : le rôle joué en 2014 par Emmanuel Macron dans la vente du pôle énergie d'Alstom à GE. À l'automne 2014, Emmanuel Macron, ancien secrétaire général de l'Élysée de François Hollande (2012-2014), succède à Arnaud Montebourg au ministère de l'Économie. Il y hérite de l'épineux dossier du rachat d'Alstom par l'Américain General Electric. Arnaud Montebourg y était opposé, les conditions de la vente de ce fleuron français ne le satisfaisant pas. Il affirmera plus tard qu'il avait tenté d'encadrer l'opération qu'il n'avait pu bloquer faute de volonté de François Hollande et de son secrétaire général, Emmanuel Macron.

Promesses non tenues

Rapidement après son entrée en fonction à Bercy, en novembre 2014, Emmanuel Macron a donné son feu vert au rachat, pour lequel GE débourse plus de 12 milliards d'euros. Bercy souligne même que l'opération a été réalisée "avec vigilance".

Mais "les garanties et les avancées obtenues par Montebourg furent oubliées (…) et GE put acquérir le pôle Energie d'Alstom avec les mains entièrement libres", estime aujourd'hui Jean-Charles Hourcade, ancien directeur général adjoint de Thomson, dans une tribune virulente publiée mercredi dans Le Figaro.

Ce sont également les promesses non tenues qui suscitent la colère. Début 2015, le groupe américain avait réitéré son engagement de créer environ un millier d'emplois en France. Et c'est l'inverse qui s'est produit, générant rancœur et déception chez les salariés et les élus de Belfort. "Le ministre de l'Économie de l'époque [Emmanuel Macron, NDLR] était venu nous voir à Belfort pour nous dire, je cite : 'Belfort a un avenir industriel. Votre activité a une importance stratégique pour la France et sera donc défendue. Vous pouvez compter sur moi'", a ainsi raconté le député centriste Michel Zumkeller au micro de FranceInfo.

Le gouvernement a de son côté dit mercredi attendre de General Electric qu'il soit "exemplaire" à Belfort, assurant qu'il serait "très exigeant" sur l'accompagnement des salariés. "On a imposé à GE de mettre en place un fonds de 50 millions d'euros de revitalisation industrielle", alimenté par le géant industriel américain pour ne pas avoir tenu son engagement quant aux 1 000 emplois en France, a rappelé la secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie, Agnès Pannier-Runacher, sur la même radio.

Un ancien conseiller d'Emmanuel Macron au cœur des restructurations

Autre point sensible : un ancien conseiller industrie d'Emmanuel Macron au ministère de l'Économie, Hugh Bailey, a été nommé en avril directeur général de GE France, se retrouvant au cœur de ces restructurations.

Un rôle qui interpelle les syndicats, certains, comme la CGT, y voyant "la caution" d'un plan social dédié aux seuls actionnaires, les autres, comme la CFE-CGC, un "possible facilitateur" en vue d'une réindustrialisation.

"Celui qui a piloté la vente catastrophique d'Alstom à GE va être aussi celui qui va être chargé de dépecer ce qui reste de la branche énergie d'Alstom",s'était insurgé en avril dans Libératio un représentant syndical de GE France.

Hugh Bailey "n'a absolument pas travaillé sur le sujet de la vente d'Alstom" quand il était à Bercy, a toutefois assuré son entourage, affirmant que le dossier était géré à l'époque par "le conseiller en charge des participations de l'État".

Enfin, le fait que ces suppressions d'emplois soient rendues publiques deux jours après la tenue des élections européennes pose question. Certains élus, dont Damien Meslot, le maire Les Républicains de Belfort, ont accusé le gouvernement d'avoir retenu l'annonce pour ne pas qu'elle influence le vote des électeurs.

"J'espère que le président de la République et le gouvernement mettront la même énergie à créer de nouvelles activités à Belfort qu'ils en ont mis pour déplacer l'annonce du plan, après les élections européennes", a-t-il affirmé.

Des accusations démenties par le gouvernement. "On n'était pas plus au courant que les personnes concernées", a affirmé Agnès Pannier-Runacher.

Avec AFP

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