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A l'Ircam, un concert immersif de Philippe Manoury sur les réfugiés

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Paris (AFP)

La tragédie des réfugiés, notamment celle de l'Aquarius, a inspiré Philippe Manoury pour un concert immersif qu'il donnera au festival de l'Institut de recherche et coordination acoustique musique (Ircam) qui commence samedi jusqu'au 29 juin.

Dans "LAB.ORATORIUM", le compositeur a écrit avec l'aide d'un informaticien musical de l'Ircam une musique électronique pour reproduire le bruit d'une foule de migrants à bord d'un bateau et même le chant de mouettes.

A partir du 3 juin, il va virtuellement "transformer la salle de concert de la Philharmonie de Paris en bateau", explique à l'AFP Frank Madlener, directeur de l'Ircam.

M. Manoury "a été marqué comme tout le monde par les images (de migrants) et la réponse assez médiocre de l'Europe. Il a pensé à l'Aquarius et imaginé qu'on est tous assis dans un bateau et que des réfugiés vont monter à bord", ajoute-t-il.

Co-produit avec le Gürzenich-Orchester Köln (Cologne) où la première a été donnée, il a travaillé avec le metteur en scène Nicolas Stemann pour donner une dimension théâtrale à ce concert spatialisé. "Les spectateurs vont se sentir dans un monde aquatique avec une sensation de menaces. On va utiliser tous les espaces de la Philharmonie comme on ne l'a jamais vu", selon le directeur de l'Ircam.

"Les chanteurs seront présents parmi les spectateurs, c'est vraiment l'idée d'être partie prenante", précise M. Madlener. En outre, des acteurs vont réciter des poèmes sur l'exil et des témoignages recueillis des migrants de l'Aquarius. L'ONG SOS Méditerranée interviendra même à la fin du concert.

Parmi les projets du festival annuel de l'Ircam, dit "Manifeste", celui d'un autre compositeur français contemporain, Pascal Dusapin, inspiré également de la foule: "Lullaby experience".

"Il a demandé à des anonymes de réciter leurs berceuses, produisant une base de données avec des milliers de chansons. La machine (de l'Ircam) a commencé à analyser ces berceuses par tonalités, une sorte de travail d'intelligence artificielle", selon le directeur de l'Ircam.

"Il y a eu un classement des bruits les plus doux, les plus expressifs, les plus sensuels pour qu'on passe de la chanson rassurante à une autre plus menaçante de façon continue", ajoute-t-il. Le grand metteur en scène Claus Guth a imaginé pour le spectacle une chambre d'enfant où se baladeraient les spectateurs.

"C'est une nouvelle manière de faire de la musique", à l'heure où la musique à base d'IA, longtemps cantonnée aux laboratoires, devient plus "mainstream" et donne lieu à des créations.

Le festival présente également entre autres le travail de la compositrice grecque Georgia Spiropoulos inspiré de la crise financière qui a frappé son pays ou du Danois Simon Steen-Andersen qui a créé une projection sonore et visuelle axée sur les mains d'un chef d'orchestre.

Depuis sa création en 1970 par Pierre Boulez, l'Ircam a élargi ses activités de son laboratoire à l?opéra et arts visuels et scéniques.

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