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Contre l'Iran, Riyad obtient le soutien de ses voisins arabes à l'exception de l'Irak

Le roi Salmane d'Arabie saoudite au sommet du Conseil de coopération du Golfe (CCG), le 31 mai 2019.
Le roi Salmane d'Arabie saoudite au sommet du Conseil de coopération du Golfe (CCG), le 31 mai 2019. Bandar Al-Jaloud, palais royal saoudien, AFP

Le roi d'Arabie saoudite, qui a convoqué en urgence les monarchies du Golfe et de la Ligue arabe pour mobiliser contre le rival iranien, a obtenu, vendredi, un soutien quasi-unanime à l'exception de l'Irak. Téhéran accuse Riyad de semer la division.

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L'Arabie saoudite a reçu, vendredi 31 mai, un soutien quasi unanime de ses alliés du Golfe et de ses voisins arabes à l'issue de deux sommets organisés dans la ville sainte de La Mecque, suite à des attaques qui ont ravivé la tension dans la région.

Le sommet extraordinaire du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et un autre de la Ligue arabe doivent être suivis, samedi, par celui de l'Organisation de la coopération islamique (OCI). Des rencontres destinées à convaincre les alliés de l'Arabie saoudite de l'appuyer dans sa querelle avec l'Iran.

L'éclairage de notre correspondant

Bagdad en désaccord avec Riyad

Mission accomplie. Dans son communiqué final, le sommet du CCG a exprimé sa solidarité avec Riyad et renouvelé son "appui à la stratégie américaine à l'égard de l'Iran y compris en ce qui concerne ses programmes nucléaire et balistique, ses activités de déstabilisation, son soutien au terrorisme (...) et aux activités hostiles des houthis" au Yémen.

Signe des tensions dans la région, seul l'Irak, pays situé au nord du royaume saoudien, a désapprouvé le communiqué publié par les États arabes. Le président irakien, Barham Saleh, dont le pays entretient de bonnes relations avec son voisin Téhéran, et avec Washington, a dit espérer que la sécurité de l'Iran ne serait pas en danger.

L'Iran est "allé trop loin"

Deux événements récents ont motivé le sommet saoudien, programmé en marge de la rencontre du Conseil de coopération du Golfe (CCG) : l'attaque au drone contre des stations de pompage de pétrole en Arabie saoudite et des "actes de sabotage" qui ont visé des pétroliers au large des Émirats arabes unis. Des actes imputés à l'Iran. Les États-Unis affirment, de leur côté, disposer de preuves impliquant directement la République islamique.

Le souverain saoudien a, lui, appelé l’ensemble de la communauté internationale à prendre des mesures pour éviter une escalade des tensions dans la zone. "L’absence d’une position ferme face aux actions subversives du régime iranien dans la région" ayant poussé l’Iran, selon le roi, "à aller trop loin".

L’Iran réagit

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a, quant à lui, accusé l’Arabie saoudite de "semer la division" au Moyen-Orient, critiquant les tentatives du rival saoudien de mobiliser les pays musulmans contre l’Iran, "ce qui est le souhait du régime sioniste (Israël, NDLR)".

En déplacement le week-end dernier en Irak, Mohammad Javad Zarif a proposé un "pacte de non-agression" entre l'Iran et ses voisins du Golfe, ajoutant que Téhéran désirait bâtir des relations équilibrées avec tous les États de la région.

La communauté internationale interpellée

Le Conseil de coopération du Golfe (CCG) a manifesté son soutien à l'Arabie saoudite dans toutes les mesures qu'elle juge nécessaires, afin de protéger sa sécurité et sa stabilité.

Par l’intermédiaire d’un communiqué, le CCG demande à l'Iran de respecter le droit international, de ne plus s'ingérer dans les affaires internes d'autres pays et de ne plus financer des milices et des "organisations terroristes". Une demande doublée d’un appel à la communauté internationale à prendre des mesures supplémentaires pour empêcher Téhéran de développer un programme d’armement nucléaire.

Selon le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, présent lors du sommet, les attaques récentes ont incité la reprise des discussions autour de mécanismes de défense conjoints des États arabes. Un rendez-vous au cours duquel il fallait répondre avec "force et fermeté" aux attaques observées ces dernières semaines, a ajouté Ibrahim al-Assaf, chef de la diplomatie saoudienne.

À mi-chemin de ce sommet convoqué pour deux jours, certains pays ont manifesté leur volonté d'agir pour l'apaisement des tensions.

L'Irak et le sultanat d'Oman, qui entretiennent de bonnes relations tant avec Téhéran que Washington, disent vouloir œuvrer à calmer le conflit. Le Qatar, qui abrite la principale base militaire américaine dans la région et partage avec l'Iran l'exploitation d'un gisement de gaz, a lui aussi proposé ses services.

Avec AFP

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