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Au Soudan, l'armée "ferme" le bureau local d'Al-Jazira

Des manifestants continuent leur sit-in en face du siège de l'armée à Khartoum, le 30 mai 2019.
Des manifestants continuent leur sit-in en face du siège de l'armée à Khartoum, le 30 mai 2019. Ashraf Shazly, AFP

Le Soudan a ordonné la "fermeture" du bureau d'Al-Jazira à Khartoum, a annoncé jeudi la chaîne d'information qatarie. L'armée ne montre aucun signe d'ouverture alors que les manifestations continuent après deux jours de grève générale.

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Alors que l'opposition soudanaise continue à mettre la pression sur les militaires après deux jours de grève générale et de nouvelles manifestations, l'armée ne semble pas prête à céder le pouvoir aux civils. Le pouvoir a même ordonné jeudi soir la "fermeture" du bureau de la chaîne d’information qatarie Al-Jazira à Khartoum, a annoncé le groupe dans un communiqué.

Selon Al-Jazira, aucune "décision écrite" n’a été remise au directeur du bureau local, qui diffuse régulièrement des images des manifestations qui ont abouti au départ du président Omar el-Béchir le 11 avril dernier.

"La décision inclut également le retrait des permis de travail pour les correspondants et le personnel du réseau d'Al-Jazira" à compter de jeudi soir, a ajouté la chaîne, qui dénonce une "totale violation de la liberté de la presse" et assure "continuer la couverture au Soudan en dépit de l’ingérence politique des autorités soudanaises".

Les négociations au point mort depuis le 21 mai

Alors que les discussions entre l’opposition civile et les militaires au pouvoir sont au point mort depuis le 21 mai, des milliers de Soudanais ont manifesté jeudi soir devant le siège de l’armée à Khartoum. Ils répondaient à l’appel du mouvement de contestation au lendemain de deux journées de grève générale, observée dans divers secteurs d’activité du pays.

"Nous sommes ici pour affirmer notre revendication fondamentale d'un pouvoir civil pendant la période de transition afin de garantir une véritable transition démocratique", a déclaré à l'AFP Mohamed Hassan, un jeune manifestant, alors qu'un chef de la contestation haranguait la foule.

"Marche des femmes"

Parmi les manifestants, des centaines de femmes avaient été les premières à participer à la mobilisation jeudi, notamment lors d’une "marche des femmes" portant à la main et sur les épaules des bannières et des drapeaux soudanais.

"La femme soudanaise réclame de nombreux droits dont la justice, l'égalité, la démocratie, un pouvoir civil et une bonne gouvernance", a déclaré à l'AFP Hoyam al-Taj, une journaliste trentenaire.

L'armée veut "maîtriser les actes d’anarchie"

Le Conseil militaire de transition a également fait monter la pression jeudi. À la suite d'informations faisant état d’incidents en marge du sit-in en face du siège de l’armée, il a publié jeudi soir un message de fermeté. "Face à des développements qui menacent la sécurité publique", les forces de l'ordre vont "agir selon la loi pour garantir la sécurité des citoyens et pour maîtriser les actes d'anarchie", a-t-il annoncé dans le communiqué.

Mercredi, une femme enceinte est décédée après avoir été touchée par des "balles perdues" selon Al-Jazeera, qui cite le communiqué d'un comité de médecins soudanais. L’incident aurait eu lieu alors que les militaires tentaient de disperser le sit-in en face du siège de l’armée.

Avec AFP

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