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Marion Maréchal et Marine Le Pen à l’assaut des derniers Républicains

Marion Maréchal-Le Pen (g) et Marine Le Pen (d) comptent profiter de la crise des Républicains pour rassembler.
Marion Maréchal-Le Pen (g) et Marine Le Pen (d) comptent profiter de la crise des Républicains pour rassembler. Joël Saget, AFP

Profitant de la débâcle des Républicains aux Européennes, Marine Le Pen et Marion Maréchal-Le Pen sont chacune montées au créneau pour tenter de grappiller les voix de droite qu’Emmanuel Macron n’a pas réussi à attirer.

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L’un s’en va, l’autre revient. Dimanche, Laurent Wauquiez annonçait sa démission de la présidence des Républicains dans le 20 heures de TF1 après la déroute de son parti aux élections européennes. Deux heures plus tôt, dans les locaux de LCI, Marion Maréchal-Le Pen, dans un timing qui relève presque du génie, sortait d’un silence long de plus de deux ans pour plaider l’idée d’une "grande coalition" entre la "droite populaire" issue des Républicains et le Rassemblement national. Adressant au passage une pique au RN en précisant que celui-ci n’était actuellement pas capable de "capter à lui seul l’ensemble" des électeurs. "Il n'est pas suffisant, il faut le dépasser."

Quelques minutes suivant l’intervention de l’ex-chef des Républicains, c’était au tour de sa tante, Marine Le Pen, d’appeler les électeurs à rejoindre son parti. "Cette démission de Wauquiez était inévitable. Nous tendons la main à tous les cadres et électeurs LR patriotes, attachés à la défense de notre identité, à la fin du matraquage fiscal et à la restauration de la grandeur française", a twitté la présidente du Rassemblement national.

"L’espace politique existe-t-il encore ?"

Avec 8,48 % des voix recueillies au scrutin européen, le pire score électoral de son histoire au niveau national, le parti conservateur moribond est l’objet de toutes les convoitises. Dans ce funeste scénario où chacun tente de se servir sur la bête à l’agonie, certains s’interrogent, comme le sénateur des Hauts-de-Seine Roger Karoutchi. Selon lui, cette "démission met tout le monde au pied du mur : sommes-nous capables de refonder un parti de droite rassembleur et populaire ? L’espace politique existe-t-il encore ? Réponse très vite."

Dans un entretien accordé à France 24, Jean-Yves Camus, directeur de l'Observatoire des radicalités politiques à la Fondation Jean Jaurès, apporte des éléments de réponse : "Rien ne va vraiment bouger d’ici la prochaine élection présidentielle. Tout porte à croire qu’Emmanuel Macron va obtenir un deuxième duel avec Marine Le Pen, qu’il gagnera dans une moindre mesure."

Et quid de Marion Maréchal-Le Pen ? Celle qui incarne une ligne conservatrice proche de la Manif pour tous et qui a refusé d’appeler à voter pour le candidat RN Jordan Bardella aux européennes, n’a jamais caché sa préférence pour le Républicain François-Xavier Bellamy, mais entretient le flou sur ses ambitions politiques.

Pas d’alliance possible

Néanmoins, "son retour est encore trop prématuré, estime le politologue. Lors de sa très bonne prestation dimanche sur LCI, la nièce de Marine Le Pen et directrice d’un institut politique à Lyon s’est positionnée pour l’après-2022, préférant actuellement se consacrer à son projet professionnel. Son retour est d’autant plus improbable qu’à ce jour, aucun cacique du parti Les Républicains n’est disposé à lui tendre la main. Or pour faire alliance, il faut être deux."

Si elle n’est pas encore prête à retourner dans l’arène politique, elle a toutefois pris soin d'éreinter celui qui se pose en sauveur des Républicains, Gérard Larcher. Le président du Sénat est "un géant institutionnel, mais un nain électoral", a-t-elle lâché. Elle croit davantage en une droite "nationale, souverainiste, populaire, conservatiste" qui "défend la civilisation et l'identité nationale", entretenant l’idée d’une politique de la terre brûlée pour mieux préparer son retour.

La fuite des maires LR

En attendant Marion, sa tante Marine peut-elle, de son côté, achever les Républicains ? "Elle va y travailler en tout cas, considère Jean-Yves Camus. Elle a déjà réussi à prendre des voix aux LR mais si elle veut élargir son électorat, elle va devoir conquérir des élus locaux de droite. Car la force des Républicains reste son important maillage local et territorial".

Quelques semaines avant les européennes, certains élus comme l’ancien ministre des Transports (2010-2012) Thierry Mariani et l’ex-député UMP de Gironde Jean-Paul Garraud avaient déjà quitté le navire, sentant LR prendre l’eau. "Mais il en faudra beaucoup plus pour rivaliser avec l’important tissu local que possèdent le parti Les Républicains à travers ses maires, ses conseillers, ses députés, ses sénateurs. Ils détiennent aussi une importante infrastructure par le biais de ses permanences, de ses militants", poursuit l’observateur politique. Or à ce jour, le RN est loin du compte. Avec Fréjus, le Rassemblement national ne possède qu’une seule ville de plus de 100 000 habitants.

"Le parti des Républicains n’est pas mort, il traverse une très grosse crise d’incarnation. En attendant que le parti se trouve un nouveau visage, il faudra voir ce que vont faire les maires Républicains dans les prochaines semaines. Leur attitude va être déterminante."

De ce point de vue, l’affaire semble bien mal embarquée pour les Républicains qui ont vu les défections se multiplier ces derniers jours. Après le maire LR de Quimper, des maires de région parisienne comme Saint-Cloud et Chaville ont annoncé quitter le parti, préférant se présenter sans étiquette que sous le pavillon Les Républicains pour les élections municipales de 2019. D’autres pourraient les imiter ou rejoindre les rangs de Marine Le Pen.

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