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Les bébés génétiquement modifiés présentent un risque de mort prématurée

Le chercheur chinois He Jiankui lors du deuxième sommet international sur l'édition du génome humain en 2018.
Le chercheur chinois He Jiankui lors du deuxième sommet international sur l'édition du génome humain en 2018. Anthony Wallace / AFP

Selon une étude, les "bébés CRISPR", dont les gènes ont été modifiés par le chercheur chinois He Jiankui afin qu'ils soient résistants au VIH, pourraient avoir une espérance de vie réduite par rapport à la moyenne mondiale.

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En novembre 2018, le chercheur chinois He Jiankui affirmait avoir fait naître les premiers bébés génétiquement modifiés au monde. Une étude publiée lundi 3 juin dans la revue scientifique Nature Medecine avance que l’espérance de vie des deux jumelles nées via ce processus, Lulu et Nana, pourrait être réduite à cause de cette manipulation génétique.

En 2018, He Jiankui se servait de l’éditeur génétique CRISPR lors d’une fécondation in vitro, afin de faire muter le gène CCR5 des embryons. Le but : protéger les futurs bébés d’infections telles que le VIH, la variole ou encore le choléra, grâce à cette mutation nommée "CCR5 delta 32".

Une espérance de vie réduite de deux ans

Aujourd’hui, les chercheurs Xinzhu Wei et Rasmus Nielsen, de l’université de Californie, affirment que cette modification génétique pourrait avoir un impact négatif sur ces bébés, et raccourcir leur espérance de vie d’environ deux ans par rapport à la moyenne mondiale, qui s'approche de 79 ans selon l'Insee.

Cette mutation du gène CCR5 pouvant être spontanée, l’étude de Nature Medecine a été menée sur 410 000 individus en Grande-Bretagne, entre 2006 et 2010. D’après les résultats des chercheurs, les personnes concernées par la mutation auraient 20 % de risques supplémentaires que les autres humains de mourir avant l’âge de 76 ans.

Aussi, cette particularité génétique "réduirait la protection contre certaines maladies infectieuses, comme la grippe", peut-on lire dans l’étude. "De ce fait, ce n’est probablement pas une mutation que la majorité des gens souhaiteraient avoir", commente Rasmus Nielsen.

Un tollé international

Si les chiffres mis en lumière par les deux chercheurs de l’université de Californie peuvent sembler peu significatifs, il s’agit surtout d’une première étude qui tente de démontrer les dérives concrètes de cette manipulation. Sur le blog du Massachusetts Institue of Technology (MIT), un article du rédacteur scientifique Antonio Regalado daté du 3 juin rappelle que "les gènes ont plus qu'un rôle unique". Une modification peut donc entraîner beaucoup d’autres conséquences indésirables.

Cette découverte risque de relancer la polémique autour des travaux de He Jiankui, déjà largement critiqué dans le monde entier au moment de la présentation de son projet. Le monde scientifique lui reprochait notamment son manque d’éthique, tandis que le gouvernement chinois l’avait accusé d’avoir réalisé ces manipulations sans son approbation préalable. Le 28 novembre 2018, peu après la naissance des jumelles Lulu et Nana, il avait annoncé "faire une pause" dans ses essais cliniques. Mais continuait néanmoins de clamer "sa fierté" pour son projet, malgré son illégalité.

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