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Débarquement en Normandie : ces femmes qui ont contribué à la victoire des Alliés

Frances Green, Margaret Kirchner, Ann Waldner et Blanche Osbor, pilotes du Service de pilotes féminines de l'Armée de l'air des États-Unis (1944).
Frances Green, Margaret Kirchner, Ann Waldner et Blanche Osbor, pilotes du Service de pilotes féminines de l'Armée de l'air des États-Unis (1944). Wikipedia Commons, United States Air Force

Si les noms des héros de la Seconde Guerre mondiale figurent dans les livres d’Histoire, ceux des femmes dont le rôle a été primordial dans la victoire sont souvent passés sous silence. Retour sur leurs principales interventions il y a 75 ans.

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"Les gens croient que les femmes occupaient uniquement des postes de secrétaires ou d’estafettes", explique la journaliste et autrice de "D-Day Girls", Sara Rose à Business Insider. "C’est faux, il y avait des femmes dans les forces spéciales sur le terrain, qui se sont battues pour que les Alliés ne soient pas repoussés à la mer. Elles ont fait ce que les hommes ont fait. Elles ont dirigé des hommes." Souvent grandes oubliées de l’Histoire, les femmes ont joué un rôle primordial durant le Débarquement du 6 juin 1944. Focus sur ces héroïnes de guerre, qui ont contribué à l’arrivée des Alliés en Normandie.

Sans l’Irlandaise Maureen Sweeney, le débarquement aurait pu être un fiasco. Le 3 juin 1944, cette météorologue remarque que des vents de force 6 et des baisses de températures menacent le nord-ouest de l’Irlande, signe d’une tempête imminente. Or, le général américain et futur président des États-Unis Dwight D. Eisenhower planifiait le débarquement des soldats américains sur les plages normandes pour la nuit du 4 au 5 juin 1944. Le bulletin météo de Maureen Sweeney transmis aux Américains a donc permis à ces derniers de repousser la date du D-Day, et d’éviter la tempête.

Parmi ces femmes, il y a notamment Andrée Borrel, une agente secret française et la première femme parachutiste de combat. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, elle est boulangère à Paris. Elle quitte alors la capitale pour Toulon, et rejoint le réseau de résistance international Pat O’Leary. Mais, à cause d’une trahison, elle doit fuir en Angleterre en 1942, où elle rejoint la première session féminine du Special Operation Executive (SEO), un service secret britannique qui soutient les mouvements de résistance.

Le 25 septembre 1942, elle est parachutée au nord de Paris pour une mission – suivie presque immédiatement par Lise de Baissac –, puis prend peu à peu une place importante dans le SEO. Espionnage, sabotage, et coordination d’opérations aériennes, Andrée Borrel était également entraînée au combat et savait déchiffrer les codes notamment en morse. Elle a été en charge du premier stage de formation destiné aux agents féminins, avant d’être arrêtée par les nazis en juin 1943. Elle sera exécutée en juillet 1944, un mois après le D-Day, à l’âge de 24 ans.

Edna Morris, Lydia Alford et Myra Roberts sont les trois premières infirmières envoyées en Normandie juste après le Débarquement, le 12 juin 1944. Immédiatement, elles se mettent à soigner les blessés présents sur le champ de bataille, et rapatrient en Angleterre certains d’entre eux. Elles seront surnommées par les médias les "Flying Nightingales", en référence à Florence Nightingale, la célèbre infirmière britannique et pionnière des soins modernes.

Le 6 juin 1944, plus de 150 000 soldats débarquent sur les plages de Normandie. Cent-cinquante mille hommes et… Martha Gellhorn, journaliste américaine correspondante pour le magazine Collier’s Weekly. Les femmes étant interdite pour l’opération, elle s’est cachée dans les toilettes d’un navire-hôpital qui se dirigeait vers la plage d’Omaha Beach, afin de couvrir le Débarquement en temps réel. À sa sortie du navire, elle se déguise en brancardier et part sur le terrain. Martha Gellhorn sera la première femme à écrire un article sur le D-Day.

Martha Gellhorn et son conjoint l'auteur Ernest Hemingway en Chine, durant la Guerre sino-japonaise (1941).
Martha Gellhorn et son conjoint l'auteur Ernest Hemingway en Chine, durant la Guerre sino-japonaise (1941). Wikipedia Commons

Odette Sansom a rejoint le SEO en 1942, laissant derrière elle ses trois enfants pour entrer en résistance. Elle intègre alors le réseau SPINDLE, en tant que courrier et opératrice radio. Elle coordonne des arrivées en parachutes d’alliés, fait exploser des chemins de fers nazis, et contribue à la préparation de soldats des Rhône-Alpes, en vue du D-Day. Jusqu'à son arrestation, Odette Sansom jouera un rôle primordial dans le rassemblement de la Résistance aux côtés de son fiancé le capitaine Peter Churchill. Capturée par les Allemands en 1943, elle survivra à la torture puis au camp de concentration Ravensbrück, où elle est déportée en 1944. Elle sera libérée en 1945, et décorée en France de la Légion d’honneur.

Durant la Seconde Guerre mondiale, les femmes auraient représenté 15 à 20% des membres de la Résistance, mais seulement 10 % d'entre elles ont été médaillées de la Résistance. De l'information à l'organisation de réseaux, en passant par le pilotage d'avions et l'espionnage, elles ont, au même titre que les hommes, combattu le nazisme entre 1939 et 1945. 

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