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Les urgentistes manifestent à Paris, Agnès Buzyn lance une mission de "refondation"

Agnès Buzyn se rend à l'hôpital Lariboisière, à Paris, pour y visiter le service d'urgences, le 2 mai 2019.
Agnès Buzyn se rend à l'hôpital Lariboisière, à Paris, pour y visiter le service d'urgences, le 2 mai 2019. Kenzo Tribouillard, AFP

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a promis, jeudi, une "stratégie d'ensemble" pour refonder les urgences hospitalières alors que des professionnels manifestaient à Paris pour dénoncer une situation de "détresse".

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Agnès Buzyn a répondu, jeudi 6 juin, aux personnels médicaux des services d'urgences, sans parvenir à les rassurer. La ministre de la Santé a promis une "stratégie d'ensemble" pour refonder le secteur.

Mais, pour les quelque 200 personnes qui manifestaient le jour même à l'appel du collectif Inter-Urgences soutenu par les syndicats CGT, SUD et FO et l'Association des médecins urgentistes de France (Amuf), les annonces de la ministre sont insuffisantes.

Agnès Buzyn a annoncé avoir confié une mission au Conseil national de l'urgence hospitalière (CNUH) et au député (LREM) Thomas Mesnier pour "adapter nos urgences aux nouveaux besoins". Celle-ci devra aboutir à un rapport à l'automne, à l'issue d'une concertation incluant médecins et paramédicaux.

D'ici là, la ministre entend activer plusieurs leviers pour répondre au mécontentement matérialisé par le mouvement de grève démarré mi-mars à Paris et étendu depuis à 80 services dans toute la France, selon le collectif Inter-Urgences, qui réclame des hausses salariales de 300 euros net par mois et plus d'effectifs.

Agnès Buzyn a ainsi souhaité, sans donner de chiffre ni annoncer de budget supplémentaire, "que l'on accompagne sur un plan financier, plus directement et plus spontanément, les établissements qui font face à un surcroît d'activité et à des afflux exceptionnels".

Elle s'en remet pour cela aux agences régionales de santé (ARS), qui devront orienter des crédits spécifiques vers les services concernés, mais aussi rénover les locaux "vétustes".

Pour les personnels paramédicaux, la ministre s'est engagée à inciter les hôpitaux à "mobiliser plus largement" une prime de risque existante, de près de 100 euros brut par mois. Elle a aussi promis l'instauration d'une prime de coopération pour les soignants à qui les médecins délégueront certaines tâches.

Enfin, elle recevra les urgentistes mi-juin pour préparer la période estivale, "souvent critique" pour leurs services.

"Une vaste blague"

Autant de mesures jugées "insuffisantes par rapport aux revendications des personnels dans la rue aujourd'hui", a réagi pour l'AFP Hugo Huon, infirmier et membre du collectif Inter-Urgences. "Je suis très déçu", a abondé Patrick Pelloux, emblématique président de l'Amuf, pour qui "le gouvernement ne mesure pas l'ampleur de la contestation". L'urgentiste et cégétiste Christophe Prudhomme a, de son côté, fustigé "une vaste blague" : "créer une mission, c'est pour enterrer le problème".

La pression n'a cessé de monter ces derniers jours. L'Ordre des médecins a réclamé, mercredi 5 juin, "une concertation d'urgence" pour prendre enfin les "décisions ministérielles qui ne sauraient être plus longtemps différées".

Cette prise de position fait suite à "des réquisitions préfectorales" qui ont "suscité de l'émotion", notamment dans le Jura, à Lons-le-Saunier, où les gendarmes sont venus solliciter des soignants en pleine nuit la semaine dernière.

Une mesure rendue nécessaire par "l'absentéisme soudain" de médecins "inscrits au planning et assignés" par la direction de l'hôpital, mais "s'étant déclarés en maladie", selon l'Agence régionale de santé (ARS) de Bourgogne-Franche-Comté.

Les praticiens, mis en cause par les autorités, n'ont pas tardé à riposter : le syndicat Jeunes médecins a annoncé, mercredi, le dépôt d'une plainte contre X pour mise en danger de la vie d'autrui. Il reproche notamment au préfet de ne pas avoir annulé des manifestations sportives malgré "un risque majeur de débordement du service des urgences".

À Paris aussi, aux urgences de l’hôpital Lariboisière, une quinzaine d'infirmiers et d'aides-soignants de l'équipe de nuit se sont fait porter malade et ne se sont pas présentés dans la nuit de lundi à mardi. Un moyen "d'envoyer un signal fort" pour faire comprendre que "les équipes sont épuisées", explique Hugo Huon.

Un signal très peu apprécié par Agnès Buzyn. "C'est dévoyer ce qu'est un arrêt maladie. Je pense que ce n'est pas bien, ça entraîne une surcharge de travail pour les autres", a-t-elle réagi.

Avec AFP

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