Accéder au contenu principal

Pour amadouer Washington, le Mexique déploie 6 000 hommes à la frontière

Un Mexicain plaçant un drapeau américain à la frontière entre les deux pays pour protester contre Donald Trump, le 6 juin 2019.
Un Mexicain plaçant un drapeau américain à la frontière entre les deux pays pour protester contre Donald Trump, le 6 juin 2019. Herika Martinez, AFP

Le Mexique a annoncé jeudi le déploiement de 6 000 gardes nationaux à sa frontière sud. Objectif : contenir le flux de migrants qui se dirigent vers les États-Unis et convaincre Donald Trump de ne pas exécuter sa menace de taxes douanières.

PUBLICITÉ

Face aux menaces de droits de douane des États-Unis, le Mexique a annoncé jeudi 6 juin déployer 6 000 gardes nationaux à sa frontière sud et à travers le pays pour empêcher les clandestins de transiter sur son territoire. Mexico a également décrété le gel des comptes bancaires de 26 passeurs présumés de clandestins, le renvoi d'une centaine de Honduriens dans leur pays et l'arrestation de militants des droits des migrants.

Objectif : amadouer le président Donald Trump, qui accuse Mexico de ne rien faire ou presque pour entraver le passage sur son sol des Centraméricains qui pénètrent clandestinement aux États-Unis pour y demander l’asile.

Le chef de la diplomatie mexicaine, Marcelo Ebrard, a été dépêché à Washington pour faire fléchir la Maison Blanche sur les taxes douanières. "Les Mexicains n'en font pas assez [et] il semble bien qu'on s'achemine vers l'imposition de droits de douane", a pourtant déclaré jeudi la directrice de la communication stratégique de la Maison Blanche, Mercedes Schlapp.

Le président mexicain se dit optimiste

Donald Trump, qui a fait de la lutte contre l'immigration clandestine une de ses priorités, menace d'appliquer lundi une taxe de 5 % sur tous les biens provenant du Mexique. Celle-ci pourrait augmenter progressivement jusqu'à 25 % le 1er octobre si Mexico ne l'aide pas davantage à endiguer les arrivées de migrants en provenance d'Amérique centrale.

"Je suis optimiste, on va arriver à un accord", a estimé le président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador, qui se rendra samedi à la frontière pour défendre "la dignité du Mexique".

Selon le quotidien Washington Post, le Mexique s'est engagé à construire davantage de centres de rétention et de points de contrôle pour dissuader les migrants. Les négociateurs ont également envisagé une refonte des règles d'asile sur le continent pour que les demandes soient examinées dans le premier pays où les migrants posent pied, sur le modèle pratiqué dans l'Union européenne. Les États-Unis pourraient ainsi renvoyer les demandeurs d'asile guatémaltèques vers le Mexique, et les Honduriens et Salvadoriens vers le Guatemala.

>> À lire aussi : "Le revers de la médaille des taxes de Donald Trump contre le Mexique"

Éventualité d'une suspension du processus

Il y a encore "beaucoup de chemin à parcourir", a déclaré vendredi un haut responsable de la Maison blanche. Si les négociations engagées entre les États-Unis et le Mexique se poursuivent dans cette voie, Donald Trump pourrait bien suspendre sa menace d'imposer dès lundi des droits de douanes aux produits mexicains, a-t-il aussi précisé.

Néanmoins, Marc Short, qui dirige le cabinet du vice-président, Mike Pence, a indiqué qu'une notification légale serait délivrée ce vendredi afin de préparer la mise en oeuvre de ces taxes.

"Mais je pense que le président aura la latitude, si les négociations continuent de bien se passer, de stopper (le processus) à un moment ou un autre au cours du week-end", a-t-il ajouté tandis qu'une nouvelle séance de négociations débutait entre représentants américains et mexicains.

Avec AFP

Cette page n'est pas disponible.

Il semblerait qu'il y ait une erreur de notre côté et que cette page ne soit pas disponible. Nos équipes vont se pencher sur la question pour résoudre ce problème au plus tôt.