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Près d'une centaine de morts dans l'attaque d'un village dogon dans le centre du Mali

Des femmes de l'ethnie dogon rentrent dans leur village d'origine, qu'elles avaient fui après l'arrivée des islamistes, le 1er février 2013 à Binta.
Des femmes de l'ethnie dogon rentrent dans leur village d'origine, qu'elles avaient fui après l'arrivée des islamistes, le 1er février 2013 à Binta. Éric Feferberg, AFP (archives)

Le ministère malien de la Défense a confirmé à France 24 qu'un nouveau massacre au Mali, perpétré dimanche dans la commune de Sangha, dans un village dogon, avait fait au moins 95 morts et 19 disparus.

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Un nouveau massacre a été perpétré au Mali, dans la soirée du dimanche 9 mai, cette fois dans un village dogon de la commune de Sangha.

Joint au téléphone par France 24, le maire de Sangha, qui est sur place a déclaré que 95 corps calcinés ont été retrouvés pour le moment, un bilan qui, selon lui pourrait augmenter. Il a également fait état d’une vingtaine de disparus. De son côté, le ministère malien de la Défense a confirmé la découverte de 95 corps et annoncé que 19 personnes étaient portées disparues.

Un autre bilan, communiqué plus tard par le ministre de la Communication, évoque un bilan de 35 morts sur la base des corps qui auraient été identifiés par le gouverneur de Mopti. Mais le bilan plus élevé de 95 morts a été confirmé par le poste de sécurité de Diankabou, qui a réalisé une mission sur les lieux avec le maire de Sangha, et par la Mission de l'ONU au Mali (Minusma).

Les assaillants ont mis le feu au village, et abattu tous ceux qui essayaient de sortir des habitations, a précisé le maire de Sangha. "Le village est en grande partie détruit", a-t-il déclaré.

Des zones sous la coupe de groupes jihadistes

"Selon les civils, ce sont des hommes armés qui sont venus tirer, piller et brûler. C'est un village de 300 habitants. C'est vraiment la désolation", a déclaré, sous  couvert d'anonymat, un élu de la commune de Koundou, où se situe le village.

Le nord du Mali était tombé en mars 2012 sous la coupe de groupes jihadistes, en grande partie dispersés par une intervention militaire lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France [Serval], qui se poursuit. Mais des zones entières échappent au contrôle des forces maliennes, françaises et de l'ONU, malgré la signature en 2015 d'un accord de paix censé isoler définitivement les jihadistes, dont l'application accumule les retards.

91 violations des droits de l'homme

Depuis 2015, ces violences se sont propagées du nord au centre du pays, voire parfois au sud. Elles se concentrent surtout dans le centre, se mêlant très souvent à des conflits intercommunautaires. Ces violences ont culminé le 23 mars avec le massacre à Ogossagou, près de la frontière burkinabè, de quelque 160 villageois peuls par des membres présumés de groupes de chasseurs dogons.

"Il pourrait s’agir d’une riposte à l’attaque d'Ogossagou", estime le journaliste Baba Ahmed

Depuis janvier 2018, la division des droits de l'homme et de la protection de la Minusma a documenté 91 violations des droits de l'homme, commises par des chasseurs traditionnels contre des membres civils de la population peule, dans les régions de Mopti et de Ségou. Ces violences ont fait au moins 488 morts et 110 blessés, indiquait le 16 mai la Minusma, lors d'un point de presse.

Avec AFP

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