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La cour suprême brésilienne va réexaminer la demande de libération de Lula

Des manifestants réclament la libération de Lula, le 10 juin 2019, devant le ministère de la Justice à Brasilia.
Des manifestants réclament la libération de Lula, le 10 juin 2019, devant le ministère de la Justice à Brasilia. Evaristo Sa, AFP

Le débat sur la demande de libération de Lula va être rouvert. Les révélations d'un site d'investigations, portant sur la partialité politique de l'enquête anticorruption, menée par le juge Moro devenu depuis ministre de la Justice, jettent le doute.

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La cour suprême du Brésil a décidé, lundi 10 juin, de rouvrir le débat sur la demande de libération de l'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva, au lendemain des révélations qui ont jeté le doute sur l'enquête anticorruption Lava Jato.

Les avocats de Lula avaient intenté un recours contre un rejet de leur demande de libération, prononcé par un tribunal. Ce recours avait reçu deux voix négatives au sein de la cour suprême, avant qu'elle n'interrompe le vote à la demande de l'un de ses juges, Gilmar Mendes.

L'ex-président (2003-2010), 73 ans, purge depuis avril 2018 une peine de 8 ans et 10 mois de prison pour l'obtention d'un triplex sur la côte pauliste en guise de pot-de-vin de la part d'une entreprise de BTP, en échange de contrats avec le groupe pétrolier étatique Petrobras.

Selon la presse, le juge Mendes décidera par ailleurs de débattre le 25 juin d'un autre recours des avocats de l'ancien chef d'État. Ce recours met en doute l'impartialité de l'ex-juge Sergio Moro, qui a condamné Lula en première instance en 2017, et qui a été nommé depuis ministre de la Justice et de la Sécurité publique en janvier 2019 par le président d'extrême droite Jair Bolsonaro.

"Tromperies systématiques" et "manque d'éthique"

The Intercept, un site d'investigations américain, a lancé dimanche de lourdes accusations de partialité politique, après avoir eu accès , grâce à "une source anonyme" à un grand volume de messages privés échangés notamment sur Telegram : entre les procureurs chargés de Lava Jato et le juge Moro.

Les responsables, accusés de "tromperies systématiques" et de "manque d'éthique", auraient conspiré pour empêcher Lula de se représenter à la présidentielle de 2018, pour laquelle les sondages le donnaient largement vainqueur et finalement remportée par Jair Bolsonaro.

L'icône de la gauche latino-américaine s'est toujours dite innocente et victime d'une machination politique destinée à lui barrer la route de l'élection.

Avec AFP

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