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Fin de la prise d'otages dans la prison ultra-sécurisée de Condé-sur-Sarthe

Une patrouille devant le centre pénitentiaire d'Alençon, à Condé-sur-Sarthe, alors qu'une prise d'otages est en cours, le 11 juin 2019.
Une patrouille devant le centre pénitentiaire d'Alençon, à Condé-sur-Sarthe, alors qu'une prise d'otages est en cours, le 11 juin 2019. Jean-François Monier AFP

Un détenu a retenu pendant cinq heures puis relâché, mardi soir, deux surveillants pénitentiaires, dont une stagiaire, dans la prison de Condé-sur-Sarthe, dans l'Orne. L'homme, habitué des prises d'otage, a été placé en garde à vue.

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La prise d'otage qui a démarré le 11 juin au soir dans la prison ultra-sécurisée de Condé-sur-Sarthe, dans l'Orne, a pris fin dans la nuit de mardi à mercredi. Le détenu qui retenait deux surveillants, dont une stagiaire, les a libérés tour à tour et a été placé en garde à vue, a annoncé à l'AFP la Direction de l'administration pénitentiaire (DAP). Les deux surveillants sont "sains et saufs" et le détenu s'est rendu après près de cinq heures.

"Fin de la prise d'otages à la prison de Condé sur Sarthe. Je remercie les équipes de l'administration pénitentiaire et le Raid pour leur implication", a déclaré sur Twitter la ministre de la Justice, Nicole Belloubet. "Un premier surveillant avait été libéré vers 23 h 30" et "la seconde surveillante a été libérée au moment où le détenu s'est rendu", a précisé le ministère de la Justice, adressant "tout son soutien aux agents de l'administration pénitentiaire qui ont su faire preuve d'un grand professionnalisme".

La prise d'otages avait commencé vers 19 h 40, nécessitant l'intervention des équipes du RAID et des ERIS (équipes régionales d'intervention et de sécurité) dans ce centre de détention qui abrite des détenus particulièrement dangereux, radicalisés ou posant des problèmes de discipline.

Arme artisanale

Le détenu, Francis Dorffer, né en 1984, libérable en 2060, coutumier de ce type de faits, avait pris en otage un surveillant et une stagiaire, mardi dans la soirée au moment du repas, armé "visiblement d'une arme artisanale, un pic", selon une source syndicale pénitentiaire.

"Il s'agit d'un détenu de 35 ans qui a sollicité son transfert et qui a cru bon de prendre en otage deux surveillants qu'il a enfermé dans sa propre cellule", a expliqué François Coudert, le procureur de la République d'Alençon, présent sur les lieux. "Lors de sa reddition il s'est débarrassé d'armes que l'on peut qualifier d'artisanales, notamment une paire de ciseaux, une fourchette ou encore un autre objet en plastique qui peuvent être potentiellement dangereux pour les personnes prises en otages", a ajouté le procureur qui a précisé que le détenu a été aussitôt placé en garde à vue pour séquestration.

Un "coutumier" des prises d'otage

Incarcéré depuis l'âge de 16 ans dans une vingtaine de prisons différentes après des condamnations pour vols, viol et assassinat d'un codétenu, Francis Dorffer est aux yeux des personnels de l'Administration pénitentiaire le "champion de la prise d'otage carcérale". Il est associé à au moins cinq autres prises d'otages. En 2006, il avait retenu une psychiatre à la prison de Nancy, en 2009 un surveillant à Clairvaux (Aube), en 2010 un psychiatre à la Santé (Paris) et en 2011 un gardien à Poissy (Yvelines).

En avril 2018, il a été condamné à Colmar à 12 ans de prison pour avoir pris en otage un surveillant et tenté de s'évader de la maison centrale d'Ensisheim (Haut-Rhin), en juin 2017, avec deux autres détenus. Ils avaient libéré leur otage et s'étaient rendus le lendemain matin, à 5H30, après de longues négociations.

Dans cette même prison, un détenu radicalisé, Michaël Chiolo, avait attaqué le 5 mars deux surveillants avec un couteau en céramique et la complicité présumée de sa femme, morte des suites de ses blessures après l'assaut du Raid.

Avec AFP et Reuters

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