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Rapatriement des enfants de jihadistes : à chaque pays sa politique

Les Forces démocratiques syriennes escortent une femme et un enfant de jihadiste à Qamishli, dans le Kurdistan syrien, le 29 mai 2019.
Les Forces démocratiques syriennes escortent une femme et un enfant de jihadiste à Qamishli, dans le Kurdistan syrien, le 29 mai 2019. Delil Souleiman, AFP

Le rapatriement des familles de jihadistes est une question délicate pour les pays d'origine qui ont adopté des politiques différentes. Tour d'horizon.

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Depuis la chute en mars du "califat" de l'organisation État islamique (OEI), la communauté internationale est confrontée au casse-tête du rapatriement des familles des jihadistes capturés ou tués en Syrie et en Irak.

Quelque 12 000 étrangers venant de 30 à 40 pays – 4 000 femmes et 8 000 enfants – sont parqués principalement dans le camp de d'Al-Hol dans le nord-est de la Syrie, administré par les autorités kurdes qui réclament leur rapatriement dans leur pays d'origine.

Voici les réponses apportées par quelques pays :

• La Russie et le Kosovo : les pionniers

La Russie, dont près de 4 500 citoyens ont rallié l'organisation État islamique, a organisé les premiers retours il y a plus d'un an. En février, au moins 200 femmes et enfants avaient été rapatriés. Moscou estime que près de 1 400 enfants sont encore bloqués. Les enfants sont remis à des proches, la plupart originaires des républiques russes à majorité musulmane du Caucase.

Le Kosovo, à 90 % musulman, a annoncé en avril le rapatriement de Syrie de 110 de ses ressortissants. En quasi totalité des épouses et enfants de jihadistes, une opération inédite en Europe par son ampleur.

• France et Belgique : "au cas par cas"

Après des mois de tergiversations dans un contexte de forte hostilité de l'opinion, Paris a rapatrié lundi 12 orphelins de familles jihadistes. En mars, cinq autres orphelins et une fillette de 3 ans, dont la mère a été condamnée en Irak, avaient été ramenés à Paris.

Le quai d'Orsay a laissé entendre lundi qu'une troisième opération pourrait avoir lieu "dans le futur", et selon "les mêmes critères : orphelins, isolés, vulnérables". Jusqu'ici, Paris n'a accepté de rapatrier les enfants qu'au "cas par cas" et nie avoir envisagé des rapatriements collectifs.

>> À lire : "Syrie : les Kurdes ont remis à la France 12 orphelins de familles jihadistes liées à l'OEI"

Tout comme la France, la Belgique a été un important pourvoyeur de combattants pour l'organisation État islamique. Plus de 400 Belges sont partis depuis 2012 et quelque 160 enfants et adolescents y sont nés d'au moins un parent belge. Bruxelles est disposé à faciliter le retour des enfants de moins de 10 ans dont la filiation belge est prouvée, mais pour les autres, c'est du cas par cas, selon le gouvernement.

• Allemagne : rapatriement des enfants

Une petite dizaine d'enfants de combattants jihadistes ont été rapatriés d'Irak depuis mars. Les autorités allemandes, quoique prudentes, les considèrent comme des "victimes" et les rapatrient s'ils ont des proches pour les recueillir. Les enfants radicalisés doivent être placés dans un organisme spécialisé mais ne seront pas enfermés.

• Danemark : déchéance de nationalité

Le gouvernement a préparé fin mars un projet de loi privant les enfants nés à l'étranger de jihadistes danois de la nationalité danoise.

• États-Unis : premiers rapatriements

Washington, qui pousse les autres pays au rapatriement, a tout juste commencé à rapatrier ses propres ressortissants. Deux Américaines et six enfants, issus de familles liées à l'organisation État islamique en Syrie, leur ont été remis début juin. Trois autres Américains et une mère de quatre enfants avaient été rapatriés en juillet 2018.

• Tunisie : aucun rapatriement

Quelque 5 000 Tunisiens ont rallié l'organisation État islamique en Syrie et en Libye, selon l'ONU en 2015. C'est l'un des plus gros contingents. Aucun rapatriement d'enfants n'a eu lieu, ni de Syrie ni d'Irak, selon Human Rights Watch. Bien que la Tunisie affirme attacher "une importance particulière au cas des enfants détenus". Le gouvernement refuse de rapatrier les enfants, car cela encouragerait le retour de leurs parents jihadistes, estime l'Association des Tunisiens bloqués à l'étranger.

• Turquie

Fin mai, 188 enfants de Turcs accusés d'appartenir à l'organisation État islamique ont été renvoyés d'Irak en Turquie .

• Tadjikistan et Ouzbékistan

Le Tadjikistan, dont un millier de ressortissants a rallié l'organisation État islamique, a annoncé en mai avoir rapatrié 84 enfants d'Irak dont les parents avaient été condamnés ou tués.

Le 30 mai, l'Ouzbékistan a annoncé le rapatriement de 156 ressortissants, en majorité des femmes et des enfants.

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