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Le bilan de la tuerie du village dogon de Sobame nettement revu à la baisse

Des habitants du village dogon de Sobane-Kou, près de Sangha, près de tombes creusées après l'attaque meurtrière du 9 juin 2019 qui a coûté la vie à 35 personnes.
Des habitants du village dogon de Sobane-Kou, près de Sangha, près de tombes creusées après l'attaque meurtrière du 9 juin 2019 qui a coûté la vie à 35 personnes. Stringer, AFP

Le bilan d'une tuerie survenue à Sobame, village dogon du centre du Mali, a été revu à la baisse, mercredi. Initialement estimé à une centaine de morts, il s'établit désormais à 35 morts, dont 24 enfants, selon le gouvernement.

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Au lendemain de la tuerie dans le village de Sobane Da, dans le centre du Mali, le gouvernement avait annoncé un bilan de 95 morts et 19 disparus. Ce chiffre a été revu nettement à la baisse, selon un communiqué des autorités diffusé mercredi 12  juin, et s'établit à 35 morts, dont 24 enfants.

Le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, a décrété un deuil de trois jours qui débutera dès jeudi. Le Conseil des ministres a, par ailleurs, révoqué le gouverneur de la région de Mopti, "tirant les leçons du drame", selon notre correspondante à Bamako, Christelle Pire.

"Extrapolations"

Lundi soir, le gouverneur de la région de Mopti, qui s'était rendu sur les lieux avec une équipe de la protection civile, avait annoncé un bilan de "11 adultes et 24 enfants" tués, tous inhumés le jour même. Selon ce dernier, l’écart entre les deux bilans était dû à des extrapolations des villageois à partir du nombre de membres de chaque famille, présumant que tous avaient péri.

"Ce nombre résulte d'un décompte minutieux effectué par une équipe constituée d'éléments de la protection civile, de médecins légistes, du procureur général de Mopti", selon le communiqué.

Soupçons autour de Peuls voisins

Afin d’expliquer le bilan précédent de 95 morts, le gouvernement indique que le chef du village de Sobane "a témoigné que cela correspondait aux morts et disparus combinés. Il ressort des premières investigations menées sur le terrain qu'une centaine de femmes se seraient aussi réfugiées dans le village de Koundo".

Le gouvernement exhorte les habitants "à ne pas tomber dans le piège de l'amalgame et de la vindicte", en allusion à de possibles représailles. Plusieurs habitants du village ont imputé l'attaque, qui n'a pas été revendiquée, à des Peuls venus de localités voisines, soupçonnés d'appartenir à des groupes jihadistes.

Par ailleurs, six personnes ont "été interpellées suite à des contrôles de routine", dont deux par la mission de l’ONU au Mali (Minusma). Une information à laquelle le gouvernement n’a pas apporté de précision.

Pour une "présence accrue" des Casques bleus

Lors d’une réunion du Conseil de sécurité mercredi soir, le ministre malien des Affaires étrangères Tiébilé Dramé a demandé une "présence accrue" de Casques bleus dans le centre du pays. "Cette présence accrue est la condition du succès du processus politique que nous allons engager dans les prochains jours", a ajouté le ministre. "Ce renforcement de la présence de la Minusma au Centre ne doit pas se faire au détriment des régions du Nord du Mali car nous ne voulons pas créer un vide sécuritaire dans cette partie de notre pays qui pourrait être occupée à nouveau par les forces hostiles au processus de paix", a aussi mis en garde Tiébilé Dramé.

Depuis l'apparition, en 2015 dans le centre du Mali, du groupe jihadiste du prédicateur Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l'agriculture, qui ont créé leurs propres "groupes d'autodéfense".

C’est le 23 mars que ces violences ont culminé avec le massacre d’Ogossagou (près de la  frontière burkinabè), village peuplé de quelque 160 villageois peuls, dont l’attaque a été attribuée à des chasseurs dogons.

Avec AFP

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