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Référendum contre la privatisation d'ADP : la collecte des signatures a commencé

Une procédure de référendum d'initiative partagée a été enclenchée pour empêcher la privatisation d'ADP.
Une procédure de référendum d'initiative partagée a été enclenchée pour empêcher la privatisation d'ADP. Joël Saget, AFP

La collecte des signatures pour la tenue d'un référendum sur la privatisation d'Aéroports de Paris a démarré à minuit dans la nuit de mercredi à jeudi. Les initiateurs de ce RIP ont neuf mois pour recueillir au moins 4,7 millions de soutiens.

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Le compte à rebours est lancé pour les initiateurs du référendum d'initiative partagée (RIP) contre la privatisation d'Aéroports de Paris (ADP). Déposée début avril par près de 250 députés et sénateurs, leur proposition de loi "visant à affirmer le caractère de service public national de l'exploitation des aérodromes de Paris" doit désormais recueillir en neuf mois le soutien d'au moins 10 % du corps électoral, soit plus de 4,7 millions de personnes.

Après la décision favorable du Conseil constitutionnel du 9 mai (publiée au JO le 15 mai), le gouvernement avait jusqu'au 15 juin pour mettre en place le dispositif de recueil de signatures. C'est chose faite depuis jeudi 13 juin, minuit, avec la publication du site referendum.interieur.gouv.fr et la mise en place d'un processus physique via un formulaire papier dans les chefs-lieux de canton.

Les opposants à la privatisation d'ADP, inscrite dans la loi pour la croissance et la transformation des entreprises (Pacte) du ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, ont désormais jusqu'au 13 mars 2020 pour parvenir à récolter l'ensemble des signatures. Une mission difficile, reconnaît Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste (PCF), contacté par France 24.

"Ce seuil de 10 % est énorme pour quelque sujet que ce soit, affirme le député du Nord. La première étape sera de franchir le million de signatures. Et si nous ne parvenons pas à atteindre les 4,7 millions, mais que la mobilisation est tout de même importante, j'espère qu'Emmanuel Macron saura en tenir compte."

Union sacrée de l'opposition

La gauche, qui trouve sur ce dossier une occasion de montrer qu'elle peut s'unir, devrait donc multiplier les opérations de communication. Dans une tribune publiée le 11 juin dans Le Monde, seize personnalités, dont le secrétaire national d'Europe Écologie-Les Verts David Cormand, le philosophe Michel Onfray, le médecin urgentiste Patrick Pelloux et le député La France insoumise (LFI) François Ruffin, appellent à "une contagion de signatures, une épidémie de pétitions" pour "ne pas laisser ce trésor [le groupe ADP] à Vinci".

Le même jour, François Ruffin interpellait vivement le Premier ministre Édouard Philippe à l'Assemblée nationale : "C'est la démocratie qui est en jeu. […] Ils vendent Charles-de-Gaulle ? Nous répondons : référendum. […] C'est une frénésie qui doit saisir la France : référendum !"

La droite version LR est elle aussi impliquée au côté des groupes LFI, PCF, PS et Libertés et territoires. Ensemble, les représentants de ces groupes des deux chambres ont décidé la création d'une Coordination nationale du référendum, dont l'acronyme CNR, rappelant le Conseil national de la résistance de la Seconde Guerre mondiale, est significatif d'une volonté d'union sacrée.

"Nous avons effectivement la volonté de montrer que c'est une campagne transpartisane, que ce sujet dépasse les clivages politiques, affirme Fabien Roussel. Ce sera important de faire front commun, car on peut imaginer que le gouvernement ne va pas faciliter notre tâche."

Une "soirée de lancement de la campagne de recueil des signatures" se tiendra le 19 juin. Organisée par le député communiste de Seine-Saint-Denis Stéphane Peu, ce meeting réunira à la Bourse du travail de Saint-Denis les représentants de tous les groupes politiques ayant soutenu l'initiative référendaire à l'Assemblée nationale et au Sénat.

"Je serai présent à la soirée de lancement car c'est important de montrer notre union, explique le député LR du Val-de-Marne Gilles Carrez, contacté par France 24. Nous ferons campagne sans afficher nos étiquettes politiques et on s'en tiendra à ce sujet, pour lequel il y a un soutien massif des parlementaires LR."

Soixante-seize députés et sénateurs Les Républicains ont en effet signé la proposition de loi déclenchant la procédure du RIP contre la privatisation d'ADP. Mais des divisions, aggravées par la crise post-européennes, existent au niveau du parti.

Le Rassemblement national (RN) a quant à lui décidé de soutenir cette initiative même s'il n'y a pas été associé. Dans un communiqué publié jeudi, le RN appelle les Français "à soutenir en masse" l'organisation de ce référendum d'initiative partagée.

De nombreux bugs sur le site de recueil des signatures

Pour l'heure, impossible de connaître le nombre de signataires. Le site Internet mis en ligne par le ministère de l'Intérieur n'affiche aucun compteur et il faut attendre cinq jours pour que le nom d'un soutien finisse par apparaître publiquement.

Ce n'est pas le seul problème rencontré par les utilisateurs. De nombreux messages échangés sur les réseaux sociaux n'ont pas manqué de relever les multiples défauts de la plateforme mise en ligne par le ministère de l'Intérieur.

"Toute l'ergonomie du site semble avoir été conçue pour compliquer la signature et rendre plus difficile le processus", critique ainsi sur Twitter Valerio Motta, l'ancien responsable Internet du Parti socialiste, qui a notamment travaillé sur l'organisation de la primaire du PS en 2011. Ce dernier a publié une chaîne de tweets répertoriant les pièges à éviter.

De son côté, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, devait recevoir jeudi après-midi les représentants des groupes politiques à l'initiative du RIP pour discuter des modalités de la campagne de recueil des signatures. Une réunion jugée tardive par les opposants à la privatisation d'ADP qui avaient demandé à rencontrer le ministre il y a un mois. Ces derniers comptent réclamer la tenue d'une vraie campagne d'information à destination des citoyens, avec notamment l'envoi de tracts et du temps de parole dans les médias.

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