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Algérie : la liste des arrestations d'ex-responsables politiques s'allonge, la contestation se poursuit

Des manifestantes protestent dans les rues d'Alger, le 14 juin 2019.
Des manifestantes protestent dans les rues d'Alger, le 14 juin 2019. Ryad Kramdi, AFP

Le mouvement populaire s'est poursuivi vendredi en Algérie, en pleine vague d'arrestations politiques. La dernière en date est celle de l'ex-général et candidat à la présidentielle contre Adbelaziz Bouteflika, Ali Ghediri, détenu depuis jeudi.

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La liste des arrestations s'étoffe un peu plus encore en Algérie, alors que le mouvement de contestation s'est poursuivi dans la rue pour la 17e semaine d'affilée. Vendredi 14 juin, les rues d'Alger étaient noires de monde, la foule défilant aux cris de "Voleurs, vous avez pillé le pays !", à l'issue d'une semaine marquée par plusieurs arrestations politiques.

Jeudi 13 juin, c'est le général à la retraite Ali Ghediri, ex-candidat déclaré contre Abdelaziz Bouteflika à la présidentielle du 18 avril (finalement annulée), qui a été écroué. Son chargé de communication l'a annoncé vendredi, indiquant que cette arrestation avait eu lieu pour "atteintes à l'économie nationale et au moral de l'armée".

"Après avoir été entendu (jeudi) par le juge d'instruction (...), Ali Ghediri a été écroué à la prison d'El-Harrach", dans la banlieue d'Alger, a expliqué Nabil Maizi, précisant que l'ex-général était accusé de "participation à la remise à des agents étrangers d'informations portant atteinte à l'économie nationale" et de "participation en temps de paix à un projet visant à porter atteinte au moral de l'armée afin de nuire à la Défense nationale". Ce dernier n'a toutefois pas précisé quels faits lui étaient exactement reprochés.

L'éclairage de notre journaliste Karim Yahiaoui

"Rompre avec le système"

Arrivé de manière fracassante, à la fin de l'année 2018, sur la scène politique algérienne, Ali Ghediri, novice en politique et sans structure derrière lui, était alors quasiment inconnu du peuple algérien. Celui-ci avait alors multiplié les déclarations, indiquant vouloir "rompre avec le système" et "édifier une IIe République", des revendications émanant de la rue depuis plusieurs mois. Il avait alors déposé sa candidature à la présidentielle du 18 avril face à Abdelaziz Bouteflika, avant que ce dernier ne présente sa démission et que l'élection ne soit reportée.

Parce qu'il avait appelé implicitement à empêcher un cinquième mandat de l'ex-président algérien, âgé de 82 ans et affaibli par les séquelles d'un AVC survenu en 2013, Ali Ghediri s'était notamment attiré les foudres du chef d'état-major de l'armée, le général Ahmed Gaïd Salah.

Vague d'arrestations

La décision d'Abdelaziz Bouteflika, qui a déclenché un mouvement populaire inédit de contestation contre le "système" au pouvoir en Algérie, dont les manifestations perdurent à travers le pays depuis le vendredi 22 février, a contraint le chef de l'État à renoncer, à annuler l'élection présidentielle, puis à démissionner le 2 avril.

Depuis cette démission, la justice algérienne a lancé plusieurs enquêtes sur des faits de corruption, qui visent surtout d'anciens proches d'Abdelaziz Bouteflika.

De puissants hommes d'affaires ont été écroués, la plupart étant soupçonnés d'avoir profité de leurs liens avec l'ancien président, ou son entourage, pour obtenir des avantages ou des marchés publics. Dernièrement, ce sont d'anciens hauts responsables qui ont été placés en détention préventive. Parmi eux, deux anciens Premier ministre d'Abdelaziz Bouteflika, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, et l'ancien ministre du Commerce, Amara Benyounes.

L'analyse de Rachid Ouaissa, professeur de sciences politiques à l'Univesité de Marbourg

17e vendredi de contestation

Avant eux, ont également été incarcérés le frère du président déchu, Saïd Bouteflika, ainsi que deux anciens puissants patrons des services de renseignements, les généraux Mohamed Mediene, dit "Toufik", et Athmane Tartag, alias "Bachir", accusés de complot contre l'armée et contre l'État, et soupçonnés d'avoir tenté, avant la démission de l'ex-président, d'écarter le général Gaïd Salah, qui avait retiré son soutien au chef de l'Etat et réclamait son départ du pouvoir pour apaiser la contestation.

Loin d'être étouffé, le mouvement populaire se poursuit. Et la mobilisation du 14 juin a aussi marqué les 18 ans de la marche de citoyens kabyles vers la capitale Alger, suite au déclenchement du Printemps noir en Kabylie, en 2001. Une série de manifestations politiques qui avaient été violemment réprimées par les forces de l'ordre, faisant, selon un bilan officiel, 126 morts et plus de 5 000 blessés.

Avec AFP

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