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Pédophilie dans l'Église : les évêques polonais se réunissent

Les évêques polonais assistent à une messe spéciale lors de la visite de Mgr Scicluna, le 14 juin 2019 à Walbrzych en Pologne.
Les évêques polonais assistent à une messe spéciale lors de la visite de Mgr Scicluna, le 14 juin 2019 à Walbrzych en Pologne. Janek Skarzynski, AFP

Après la sortie du documentaire "Seulement ne le dis à personne", sur les abus sexuels dans l'Église catholique polonaise, Mgr Scicluna, envoyé spécial du Vatican s'est adressé aux évêques polonais, vendredi.

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"J'espère qu'il ne mâchera pas ses mots lorsqu'il s'adressera aux évêques polonais, et qu'ils seront obligés de faire face à leurs responsabilités", avait confié Marek Mielewczyk, à propos de la visite imminente d'un envoyé spécial du Vatican, vendredi 14 juin. Ce quinquagénaire a été l'un des témoins clés du documentaire choc sur les abus sexuels dans l'Église polonaise, "Ne le dis à personne". Mis en ligne le 11 mai 2019 sur YouTube, le film compte à ce jour plus de 22 millions de vues.

Alors que certains hauts responsables de l'Église catholique refusent de s'exprimer au sujet du film, le parti de gauche Printemps réclame la séparation totale de l'Église et de l'État. Une proposition qui ne fait pas l'unanimité, puisqu'aux élections européennes du 26 mai, c'est le parti ultra-conservateur Droit et Justice qui est arivé en tête en Pologne, avec plus de 45 % des voix.

Renforcer l'action contre la pédophilie

Vendredi, l'archevêque maltais Charles Scicluna, grand expert du Vatican sur les questions d'abus sexuels commis par le clergé, a invité les évêques polonais à renforcer leur action contre la pédophilie.

Venu assister à une assemblée plénière de l'épiscopat consacrée, entre autres, à la protection des enfants et des jeunes, et conduire une séance de formation pour les prêtres chargés d'entendre les victimes, celui-ci a toutefois souligné devant la presse qu'il n'était pas en mission pour le pape François.

"Je ne suis pas le Saint-Siège et je ne peux pas commenter quelque chose que je n'ai pas vu", a-t-il répondu à la journaliste Agata Diduszko-Zyglewska, qui voulait savoir si le pape allait sanctionner la vingtaine d'évêques et archevêques accusés d'avoir couvert des cas de pédophilie, dont les noms figurent dans un rapport qui lui a été remis récemment en main propre à Rome. Une réponse qui a choqué la journaliste, par ailleurs porte-parole de l'association de victimes "N'ayez pas peur".

"Les évêques n'ont rien réglé, ils ne régleront rien, voire ils y sont impliqués", a-t-elle dit à l'AFP à l'issue de la conférence de presse.

Après les mots, des actes attendus

La visite de l'archevêque maltais a suscité un grand intérêt en Pologne, pays récemment secoué par des révélations en série sur des scandales de pédophilie au sein du clergé catholique.

Mgr Scicluna est notamment connu pour son enquête sur Marcial Maciel Degollado, fondateur des Légionnaires du Christ, accusé de très nombreux abus, mais aussi pour celle sur des agressions sexuelles au Chili, à la suite de laquelle plusieurs évêques ont dû démissionner.

Ayant félicité l'épiscopat polonais pour son document précisant ses directives en la matière, le haut prélat a affirmé qu'il fallait maintenant le mettre en pratique.

En parallèle, Marek Mielewczyk, protagoniste du documentaire, qui attendait beaucoup de cette visite, a quant à lui dénoncé le fait de n'avoir jamais reçu aucune réponse à sa demande de rencontre avec Mgr Scicluna. "Depuis la sortie du film, l'Église ne nous a rien proposé, je n'ai reçu aucun appel, aucun mail", a-t-il ajouté.

Avec AFP

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