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En Suisse, les femmes se mettent en grève pour dénoncer les inégalités hommes-femmes

Des femmes manifestant pour l'égalité salariale, le 14 mai 2019, à Lausanne, un mois avant la grève nationale en Suisse du 14 juin 2019.
Des femmes manifestant pour l'égalité salariale, le 14 mai 2019, à Lausanne, un mois avant la grève nationale en Suisse du 14 juin 2019. Fabrice Coffrini, AFP

Les femmes suisses descendent dans la rue, vendredi, pour réclamer entre autres, l'égalité salariale. Il s'agit de la deuxième grève des femmes de l’histoire suisse.

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"Plus de temps, plus d'argent et du respect !" En Suisse, les femmes sont appelées, vendredi 14 juin, à faire grève pour défiler, vêtues de mauve, en faveur notamment de l'égalité salariale. L'ampleur du mouvement reste incertaine tant les débrayages sont rares dans le pays. Égalité salariale, introduction d'un salaire minimum, lutte contre les violences sexistes… Les revendications sont plurielles.

Celles qui ne peuvent pas faire grève toute la journée sont invitées à débrayer à 15h24, heure à partir de laquelle les femmes travaillent gratuitement si l'on prend en compte l'inégalité salariale moyenne de 20 %. À Genève, un groupe de "marraines" a même été lancé pour manifester à la place de celles qui renoncent à défiler par peur de perdre leur emploi.

Une grève soutenue par les élus

Sont prévus durant cette journée de mobilisation, des parades de poussettes, mais aussi des concerts de sifflets, des pauses déjeuner prolongées ou encore des pique-nique géants. Point d'orgue de cette mobilisation : un défilé en fin de journée dans plusieurs villes, dont Berne, devant le Palais fédéral.

Les députés ont également décidé de marquer leur soutien à l'initiative en faisant une pause de quinze minutes. Le ministre de l'Intérieur, en charge des affaires sociales, Alain Berset, a pour sa part publié une vidéo sur Twitter pour dénoncer les violences conjugales, le harcèlement et le "fossé" existant entre hommes et femmes en matière de salaires et de retraite.

Une mobilisation en 1991, déjà

Jugée "illicite" par l'Union patronale, la manifestation fait écho à la dernière grande grève féministe qui avait réuni dans tout le pays un demi-million de femmes le 14 juin 1991, soit dix ans jour pour jour après l'introduction du principe d'égalité entre genres dans la Constitution. Cette année-là, les femmes avaient dénoncé l'absence de mesures concrètes et l'inégalité salariale. Malgré une couverture médiatique limitée, la grève avait abouti à l'entrée en vigueur en 1996 de la loi sur l'égalité au travail.

Portées désormais par la vague #Metoo, la nouvelle génération de féministes poursuit le combat initié par leurs aînées, il y a presque trente ans, alors que l'égalité salariale n'est toujours pas atteinte. Pour rappel, les femmes touchent en moyenne environ 20 % de moins que les hommes. Et à conditions égales, notamment formation et ancienneté, l'écart salarial avoisine encore les 8 %, selon le gouvernement.

En 1991, une femme sur sept s'était mobilisée, un chiffre d'autant plus exceptionnel que les arrêts de travail sont très rares depuis l'instauration en 1937 de la "paix du travail", une convention signée entre patronats et syndicats excluant le recours à la grève au profit de la négociation.

L'idée de refaire grève est née sous l'impulsion des syndicats, ces derniers n'étant pas parvenus à introduire, lors de la révision de la loi sur l'égalité en 2018, le principe de sanctions contre les entreprises violant l'égalité salariale. Un contrôle des salaires a été mis en place, mais limité aux entreprises d'au moins 100 employés.

Dépénalisation de l'avortement en 2002

Près de deux tiers de la population suisse, soit 63,5 %, soutiennent la grève, selon un sondage publié début juin par le groupe de presse Tamedia.

En Suisse, la reconnaissance des droits des femmes est le résultat d'un long chemin. Ces dernières années, des avancées ont été obtenues, comme la dépénalisation de l'avortement en 2002 et un congé maternité payé de quatorze semaines en 2005. Mais le congé paternité n'existe pas et les places en crèche, limitées et coûteuses, s'avèrent être un handicap majeur à la participation à la vie active des femmes. Enfin, ce n'est qu'en 1971 qu'elles ont obtenu le droit de vote.

Avec AFP

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