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Attaques de pétroliers : Trump rejette les dénégations de l'Iran, les appels au calme se multiplient

Patrouille iranienne dans le détroit d'Ormuz, le 30 avril 2019.
Patrouille iranienne dans le détroit d'Ormuz, le 30 avril 2019. Atta Kenare, AFP (archives)

Le président américain Donald Trump a rejeté, vendredi, les dénégations de Téhéran sur sa responsabilité dans l'attaque de deux tankers en mer d'Oman, alors que les appels au calme se multiplient de crainte d'une escalade des tensions dans le Golfe.

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Les appels au calme se multiplient de crainte d'une escalade des tensions dans la région du Golfe, après les attaques non-revendiquées contre deux pétroliers en mer d'Oman et dont la responsabilité a été imputée à l’Iran par le président américain Donald Trump.

Deux pétroliers, norvégien et japonais, ont été la cible jeudi d'attaques d'origine indéterminée alors qu'ils naviguaient près du détroit d'Ormuz, un passage maritime stratégique à l'échelle mondiale.

"On voit le bateau, avec une mine qui n'a pas explosé et c'est signé" de l'Iran, a assuré vendredi le président américain sur la chaîne Fox News, en s'appuyant sur une vidéo publiée par le Pentagone. Celle-ci semble montrer l'accostage d'un des tankers par une vedette rapide des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique du régime iranien, qui retire une "mine ventouse non explosée" de la coque du pétrolier. Les Gardiens "ne voulaient pas laisser de preuves derrière eux", a estimé Donald Trump.

Moscou, allié de l'Iran, a condamné "sévèrement" les attaques et a demandé à Washington de ne pas "tirer des conclusions hâtives" alors que plusieurs analystes ont estimé que les images vidéo étaient inexploitables.

L'ONU a réclamé une enquête indépendante pour trouver les auteurs de l'attaque, tandis que le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, a affirmé que la vidéo américaine ne permettait pas de tirer des conclusions quant à la responsabilité de l'attaque. "La vidéo n'est pas suffisante. Nous pouvons bien sûr comprendre ce qu'on nous montre mais, pour tirer des conclusions, ce n'est selon moi pas suffisant", a-t-il déclaré.

La Chine a appelé au "dialogue" tandis que l'Irak, proche à la fois de Téhéran et de Washington, a prôné "l'apaisement". La Ligue arabe a mis en garde contre "une confrontation qui ne laissera personne en sécurité".

Les alliés de Washington dans la région ont également condamné les attaques. L'Arabie saoudite a notamment fait part de sa "grande inquiétude" et réclamé, samedi, que des mesures soient prises en urgence pour assurer la sécurité du transport maritime dans le Golfe. Les Émirats ont, eux, dénoncé une "dangereuse escalade".

Le Royaume-Uni a également estimé que la République islamique était "presque certainement" responsable de l'attaque qui s'est produite au large de ses côtes.

"Sabotage diplomatique", réplique l’Iran

De son côté, l'Iran a démenti toute implication, jugeant les accusations américaines "sans fondement". Le président iranien Hassan Rohani, en visite au Kirghizstan, a accusé les États-Unis "de représenter une grave menace à la stabilité dans la région et dans le monde, en violant toutes les règles internationales".

Press TV, la chaîne d'information en anglais de la télévision d'État iranienne, a pour sa part affirmé que les Gardiens de la Révolution étaient "la force la plus proche du lieu de l'incident" et que l'Iran avait "été le premier à se rendre sur place pour sauver les équipages".

Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a accusé sur Twitter les États-Unis "de sabotage diplomatique et de maquillage de son terrorisme économique contre l'Iran".

Le détroit d’Ormuz dans l’œil du cyclone

Ces attaques interviennent un mois après le sabotage de quatre navires, dont trois pétroliers, au large des Émirats arabes unis. Washington avait alors déjà montré du doigt Téhéran, qui avait démenti.

Les tensions sont vives entre l'Iran et l'administration de Donald Trump qui a claqué la porte il y a près d'un an de l'accord international sur le nucléaire iranien et a rétabli les sanctions économiques et diplomatiques contre Téhéran. Les États-Unis ont envoyé début mai des renforts militaires au Moyen-Orient, accusant l'Iran de préparer des attaques "imminentes" contre des intérêts américains.

Washington accuse Téhéran de chercher à perturber l'approvisionnement du marché mondial en bloquant le détroit d'Ormuz par lequel passe 30 % du pétrole transporté par voie maritime, une menace déjà évoquée par le passé par l'Iran.

Les Iraniens "ne vont pas fermer (le détroit). Il ne va pas être fermé, il ne va pas être fermé pendant longtemps et ils le savent. Cela leur a été dit dans les termes les plus forts", a toutefois assuré vendredi Donald Trump.

Le ministre américain de la Défense, Patrick Shanahan, a appelé à "un consensus international pour régler ce problème international". Il n'a toutefois pas écarté la possibilité de renforcer encore la présence militaire américaine dans la région, après l'annonce le mois dernier de l'envoi de 1 500 soldats supplémentaires et d'avions de combat et de reconnaissance au Moyen-Orient.

Avec AFP

 

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