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Au Soudan, le président déchu Omar el-Béchir appelé à comparaitre pour corruption

L'ex-président soudanais, Omar el-Béchir lors d'un comité de dialogue national, le 5 avril 2019 à Khartoum.
L'ex-président soudanais, Omar el-Béchir lors d'un comité de dialogue national, le 5 avril 2019 à Khartoum. Mohamed Nureldin Abdalla, REUTERS

Omar el-Béchir, ex-président soudanais, déchu par l’armée après un large mouvement de contestation, répondra devant la justice de faits de corruption. Le procureur général du Soudan a affirmé samedi qu'il comparaîtrait la semaine du 17 juin.

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"Omar el-Béchir comparaitra devant un tribunal la semaine prochaine" a affirmé samedi 15 juin Al-Walid Sayyed Ahmed, procureur général du Soudan, sans préciser la date de l’audience.

L’ancien président du Soudan, poussé au départ par un vaste mouvement de contestation, destitué le 11 avril et arrêté par l’armée (qui exerce le pouvoir depuis), doit comparaitre la semaine prochaine devant le tribunal pour répondre d’accusations de corruption et de possession illégale de devises étrangères.

Jeudi 14 juin, l'agence de presse officielle soudanaise SUNA avait indiqué, citant un responsable non identifié, que l'ancien homme fort du Soudan était accusé "de possession de devises étrangères, d'avoir acquis des richesses de façon suspecte et illégale et d'avoir ordonné (l'état) d'urgence".

Le procureur a ajouté que l'enquête visant l'ancien président était terminée.

Fort niveau de corruption

Comme expliqué par Élodie Cousin, correspondante à Khartoum pour France 24, "le procès devrait s’ouvrir la semaine prochaine, mais le temps légal [lui] permet de faire appel de cette décision."

"Cette décision résulte d’une enquête ouverte en avril dernier" poursuit-elle, précisant que des fouilles avaient alors été effectuées dans sa maison, suite auxquelles le général al-Burhan (le chef du Conseil militaire de transition) avait annoncé que 113 millions de dollars avaient été saisis en liquide. Somme partagée entre des livres soudanaises, des dollars et des euros.

C'est à la suite d'un coup d'État qu'Omar el-Béchir s'était emparé du pouvoir, en 1989. Sous son régime, le Soudan a connu un fort niveau de corruption. Le pays est d'ailleurs placé à la 172e place sur 180 dans l'indice 2018 de perception de la corruption de l'ONG Transparency International.

Meurtre de manifestants

Plus encore, outre l'inculpation pour corruption, le président déchu fait aussi l'objet de poursuites pour les meurtres de manifestants durant la répression de la contestation née dans le pays en décembre 2018, après le triplement des prix du pain par le gouvernement.

Un mouvement que le régime avait tenté de juguler en imposant l'état d'urgence, le 22 février.

Entre autres faits reprochés, Omar el-Béchir devra également, selon le Procureur général du Soudan, se justifier au sujet de suspicions de blanchiment d'argent et de "financement du terrorisme".

Le Parquet a révélé enquêter sur 41 chefs d'accusation visant d'anciens "symboles du régime déchu", la plupart concernant des délits liés à la "possession de terre".

"Pour les Soudanais, les dirigeants actuels sont les ‘enfants de Béchir'" explique Élodie Cousin. "Alors condamner el-Béchir prouverait qu’il y a une rupture avec l’ancien régime, demande qui est revendiquée par les civils depuis le début de la révolte."

Avec AFP

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