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Service national universel : les internautes loin d'être au garde à vous

Des jeunes volontaires du service national universel, le 18 avril 2019, réunis au ministère de l'Éducation, à Paris.
Des jeunes volontaires du service national universel, le 18 avril 2019, réunis au ministère de l'Éducation, à Paris. François Guillot, AFP

Abandonné sous Jacques Chirac, le service militaire fait son retour sous une tout autre forme : le service national universel. Lundi, 2 000 jeunes volontaires ont participé à une phase test du projet. Mais l'initiative suscite des critiques.

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Marseillaise entonnée à l'unisson, levée des couleurs, uniformes bleu marine et blanc estampillés d'une cocarde tricolore, les premières images des 2 000 jeunes engagés pour deux semaines au sein du service national universel (SNU) n'ont pas laissé indifférent sur les réseaux sociaux.

Lundi 17 juin, des jeunes volontaires de 15 à 16 ans, en seconde générale ou professionnelle, CAP, apprentissage ou décrochage scolaire, ont effectué leur première journée de stage SNU dans 13 départements pilotes, répondant ainsi à l'appel lancé par le gouvernement. C'était une promesse de campagne d'Emmanuel Macron, qui souhaitait rassembler à nouveau une classe d'âge, plus de 20 ans après l'abandon du service militaire par Jacques Chirac.

"Bravo d'avoir osé !"

Pour vanter les mérites de l'initiative gouvernementale, tous les ministres ou presque ont mis la main à la pâte en participant à des vidéos postées sur les réseaux sociaux. "Bravo d'avoir osé !", s'est enthousiasmée la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, "ravie" que des jeunes puissent, grâce à l'expérience, "voir concrètement que nous ne sommes pas qu'une société d'individus, mais une nation".

"Vous êtes les pionniers de ce SNU !", a renchéri Gabriel Attal, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Éducation nationale, pilote du projet, présent auprès des jeunes. "Vous êtes là parce que vous avez envie d'aider les autres, (...) vous êtes réunis autour de cette belle idée de l'engagement."

La ministre des Sports, Roxana Maracineanu, a salué de son coté, "un formidable moyen de sensibiliser notre jeunesse au mouvement sportif associatif et créer des vocations pour qu'ils s'engagent."

C'est "une chance incroyable dont j'aurais rêvé pouvoir bénéficier quand j'avais 15 ans", a confié de son côté Sibeth Ndiaye, la porte-parole du gouvernement, sur son compte Twitter.

"Un vieux cauchemar nationaliste"

Une "chance incroyable" qui ne convainc manifestement pas tout le monde. C'est en premier lieu l'aspect militaire qui semble gêner les internautes. "Le #ServiceNationalUniversel tel un vieux cauchemar nationaliste me révulse, s'est indignée la conseillère régionale communiste, Céline Malaisé, sur Twitter. Nier le libre arbitre des jeunes, leur engagement, leur esprit critique. Remplacer la pédagogie par cette mascarade alors qu'ils démantèlent l'école. Et assènent des coups de butoir à la République."

"C'est clair que tout le monde en uniforme à marcher au pas (au propre comme au figuré) ça va créer une cohésion autour d'une pensée unique. Le #ServiceNationalUniversel va formater encore plus une jeunesse déjà bien embrigadée. Horrible", lâche, Alexrine, une internaute passablement agacée.

D'autres critiquent l'aspect pécuniaire du projet. "Le gouvernement lâche à peine 70 millions d'euros pour les infirmiers à bout de souffle, mais il octroie 1,7 milliard d'euros par an pour obliger ces pauvres enfants à entonner La Marseillaise en tenue de flic #ServiceNationalUniversel", dénonce pour sa part Mickaël Correia, journaliste.

Le SNU pour tous

Les jeunes engagés dans ce stage test auront deux semaines pour se forger une opinion. Au programme de ces 12 jours de stage : activité physique en pleine nature, visites de sites, témoignages d'engagés dans l'armée, sensibilisation aux valeurs de liberté, égalité et fraternité, connaissance des principaux services publics, module d'initiation au code de la route.

L'objetif affiché du gouvernement est d'"impliquer davantage la jeunesse française dans la vie de la Nation, promouvoir la notion d'engagement, et favoriser un sentiment d'unité nationale."

Après cette première phase en hébergement collectif, les jeunes recrues devront réaliser une mission d'intérêt général au sein d'une association, maison de retraite, services de pompiers durant l'été ou pendant l'année scolaire 2019-2020 sur deux semaines, d'affilée ou pas.

Le débat ne devrait pas cesser de sitôt. Car si l'expérimentation est concluante, le dispositif est appelé à se généraliser au fil des ans à l'ensemble d'une classe d'âge pour les années à venir.

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