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À Hong Kong, la cheffe de l'exécutif Carrie Lam refuse de démissionner

Carrie Lam, le 18 juin 2019, lors d'une conférence de presse à Hong Kong.
Carrie Lam, le 18 juin 2019, lors d'une conférence de presse à Hong Kong. Tyrone Siu, Reuters

Carrie Lam a refusé de démissionner, mardi, malgré les appels qui se multiplient à Hong Kong. La cheffe de l'exécutif a en revanche présenté ses "plus sincères excuses" et laissé entendre que son projet de loi controversé pourrait être enterré.

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La cheffe de l'exécutif de Hong Kong, Carrie Lam, très contestée, a de nouveau présenté, mardi 18 juin, ses "plus sincères excuses" pour la crise provoquée par un projet de loi ouvrant la voie à des extraditions vers la Chine continentale, mais a ignoré des appels à sa démission.

"Je dois assumer personnellement la plus grande part de responsabilité" pour ce qui "a conduit à des controverses, des différends et de l'inquiétude dans la société", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse.

"Je présente mes plus sincères excuses à tout le peuple de Hong Kong", a ajouté Carrie Lam qui, sous forte pression, avait déjà offert des "excuses", dimanche, pour avoir semé le trouble dans le territoire.

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Le projet de loi a provoqué des manifestations géantes depuis plusieurs semaines dans l'ancienne colonie britannique, plongée dans l'une de ses pires crises politiques.

Carrie Lam a suspendu ce projet le 15 juin, après des manifestations d'une ampleur record les 9 et 12 juin. La répression policière lors de cette dernière – les pires violences à Hong Kong depuis sa rétrocession à la Chine en 1997 – a suscité un tollé.

Mais la suspension du projet n'a pas calmé la colère populaire et le lendemain, près de deux millions de manifestants – soit plus du quart de la population –, selon les organisateurs, ont défilé en exigeant le retrait pur et simple du projet et la démission de Carrie Lam.

Le projet de loi pourrait être enterré

Les manifestants de dimanche exigeaient également de la dirigeante des excuses pour l'emploi par la police de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc la semaine précédente. En outre, ils réclamaient l'abandon de toutes les poursuites contre les manifestants arrêtés.

Carrie Lam, à laquelle Pékin a réaffirmé lundi son soutien, a affirmé vouloir "continuer à travailler très dur (...) pour répondre aux aspirations de la population de Hong Kong". Sans le dire explicitement, elle a laissé entendre que le projet de loi pourrait être enterré.

"Je ne me livrerai pas de nouveau à cet exercice législatif sans réponse adéquate à ces craintes et ces inquiétudes", a-t-elle promis. "Si le projet (...) ne passe pas l'étape du Conseil législatif (LegCO, le parlement local) d'ici juillet de l'année prochaine, il expirera (...) et le gouvernement acceptera cette réalité".

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Selon ses détracteurs, le projet de loi placerait la population à la merci du système judiciaire de Chine continentale, opaque et sous influence du puissant Parti communiste. Les milieux d'affaires craignent en outre que la réforme nuise à l'image internationale et à l'attractivité de la place financière.

Pékin a dit soutenir la décision de suspendre la discussion du projet de loi. Mais le porte-parole de la diplomatie chinoise a répété lundi que, selon lui, les manifestations ne représentaient pas "l'opinion publique générale" de Hong Kong.

Interrogé sur la question de savoir si Pékin pensait toujours que ces manifestations étaient le résultat d'un complot ourdi depuis l'étranger, il a estimé que "des gouvernements et des responsables politiques étrangers ont jeté de l'huile sur le feu" depuis le dépôt du projet de loi en février.

Avec AFP

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