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À cinq mois de la présidentielle, la Tunisie durcit le code électoral

Le candidat à l'élection présidentielle tunisienne Nabil Karoui risque de ne plus pouvoir se présenter.
Le candidat à l'élection présidentielle tunisienne Nabil Karoui risque de ne plus pouvoir se présenter. Fethi Belaid, AFP

La Tunisie a fait adopter des amendements modifiant les conditions de candidature à l'élection présidentielle, à cinq mois du scrutin. Le favori, le magnat des médias Nabil Karoui, et la mécène Olfa Terras-Rambourg risquent d'être écartés.

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Des amendements controversés au code électoral tunisien ont été adoptés, mardi 18 juin, déclenchant d'importants remous politiques en Tunisie. Ils pourraient empêcher plusieurs candidats de poids de se présenter à la présidentielle à cinq mois du scrutin.

Le gouvernement tunisien s'est efforcé ces dernières semaines de rallier les députés à ces textes, qui posent de nouvelles conditions aux candidats, dont le fait de ne pas avoir distribué d'aide à des citoyens.

Cela pourrait notamment empêcher une candidature du magnat des médias Nabil Karoui et de la mécène Olfa Terras-Rambourg.

"On ouvre la porte à un précédent très grave. Plutôt que d'assumer leur bilan et se battre sur l'arène politique, des partis légifèrent l'année des élections pour éliminer des adversaires", avertit Nessrine Jelalia, de l'observatoire de la vie parlementaire Al Bawsala.

Le magnat des médias Nabil Karoui dans le viseur

L'un des amendements exige que les candidats respectent individuellement durant les 12 mois précédant le scrutin les mêmes obligations que les partis : pas de fonds étrangers, ni de dons de sociétés, pas de distribution d'aide, ni de publicité politique.

Dans une précédente version du texte ayant circulé avant le vote, était même écarté de la course tout candidat "dirigeant une association ou un média".

L'amendement a été déposé par le gouvernement en réaction à l'annonce de la candidature du magnat des médias Nabil Karoui, qui a gagné en popularité en organisant des actions de charité diffusées quotidiennement sur la chaîne qu'il a fondée, Nessma. Si les sondages sont sujets à caution, plusieurs l'ont placé en tête des intentions de vote ces derniers mois.

La mécène Olfa Terras Rambourg concernée par la nouvelle loi

Une autre candidate pourrait être affectée : Olfa Terras-Rambourg, qui s'est fait connaître par le mécénat culturel et sportif de la fondation Rambourg et de son mouvement "Aich Tounsi", à grand renfort de publicité.

Leurs mouvements, qualifiés de "populistes" par les détracteurs, ont sillonné les zones marginalisées du pays, ce que nombre d'élus peinent à faire.

Un autre amendement vise les personnes faisant l'apologie de la dictature et pourrait toucher une autre surprise des sondages, Abir Moussi, qui défend l'héritage du président déchu Ben Ali.

Avec AFP et Reuters

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