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Xi Jinping en visite en Corée du Nord, une première depuis 14 ans

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un et le président chinois Xi Jinping à Pékin, le 8 janvier 2019.
Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un et le président chinois Xi Jinping à Pékin, le 8 janvier 2019. Kcna Via Kns / AFP

Le président chinois Xi Jinping, en visite en Corée du Nord jeudi et vendredi, et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un entendent afficher leur réconciliation, précipitée par le rapprochement entre Pyongyang et Washington.

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"Une amitié irremplaçable, même pour des millions". C'est ainsi que le président chinois en personne Xi Jinping, arrivé jeudi 20 juin à Pyongyang, a qualifié l'alliance de la Chine avec son petit voisin. Accompagné de sa femme et de son ministre des Affaires étrangères Wang Yi, il a été accueilli par des drapeaux rouge et or accrochés dans toute la capitale et des habitants placés le long des rues.

"Notre peuple est fier d'avoir un ami proche et digne de confiance comme le peuple chinois", s'est félicité le même jour le principal journal nord-coréen, le Rodong Sinmun, dans un éditorial.

Pourtant cette première visite d'un président chinois depuis 2005 ne sera pas couverte par les médias étrangers, à la demande des autorités nord-coréennes. Celle-ci devrait être largement symbolique. Aucun communiqué conjoint n'est ainsi attendu, comme lors du sommet en avril entre Kim Jong Un et le président russe Vladimir Poutine à Vladivostok.

Au coeur du duo Trump-Kim

La rencontre avec le président nord-coréen Kim Jong-un marque un rapprochement entre les deux pays. Les premières années au pouvoir de Kim Jong-un n'ont pas été faciles pour Pékin : la Chine a appliqué les sanctions internationales destinées à forcer Pyongyang à abandonner son programme nucléaire, provoquant la colère de son voisin.

Conséquence : Kim Jong-un, arrivé au pouvoir à la mort de son père fin 2011, a attendu 2018 pour se rendre pour la première fois en Chine et rencontrer enfin Xi Jinping, aux manettes à Pékin depuis 2012. Les deux hommes se sont vus à quatre reprises l'an dernier.

Une réconciliation qui semble avoir été précipitée par le rapprochement entre la Corée du Nord et les Etats-Unis, symbolisé par l'historique sommet Trump-Kim de Singapour en juin 2018. Pékin redoute de voir son allié tomber dans le camp américain, tandis que les Nord-Coréens ont besoin des Chinois pour faire le poids face à Washington.

"Xi Jinping veut montrer ses muscles et son influence dans la région"

Pour le correspondant de France 24 dans la région, Frédéric Ojardias, le déplacement du président chinois n’est pas dû au hasard : "La rencontre a lieu une semaine avant le sommet du G20 à Osaka, où Xi Jinping devrait rencontrer le président américain Donald Trump, décrypte-t-il. En allant en Corée du Nord, il montre ses muscles et son influence sur la péninsule nord-coréenne, ce qui lui donne des cartes de négociations supplémentaires dans la guerre commerciale qui oppose Washington à Pékin". Et d’ajouter : "Quant à Kim Jong-un, il se sert de ce sommet pour renforcer sa propre position dans les négociations sur le nucléaire avec Donald Trump. Il espère ainsi obtenir le soutien de Pékin concernant les sanctions".

Le deuxième sommet Trump-Kim en février à Hanoï n'a rien donné. Américains et Nord-Coréens restent bloqués sur la question de la dénucléarisation. Washington exige qu'elle intervienne avant la levée des sanctions internationales, ce que Pyongyang refuse.

Comme pour afficher son soutien à son allié, la Chine, comme la Russie, a bloqué mardi à l'ONU une initiative américaine visant à empêcher les approvisionnements de pétrole raffiné à la Corée du Nord.

Le président chinois doit aussi gérer un autre sujet avec son homologue américain qu'il retrouvera la semaine prochaine au Japon à l'occasion d'un sommet du G20 : la guerre commerciale sino-américaine.

La visite est, de fait, très suivie par les États-Unis. "Nous espérons vivement que le président Xi continuera à envoyer des messages constructifs et adéquats au cours de ses entretiens", a déclaré mercredi Stephen Biegun, le représentant spécial américain pour la Corée du Nord. Il a assuré que Washington ne posait aucune condition préalable à la reprise des discussions avec Pyongyang.  

Avec AFP et Reuters

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