Accéder au contenu principal

En Île-de-France, la nature plus fragile que sur le reste du territoire

Des moineaux perchés sur une branche d'arbre au jardin du Palais-Royal à Paris, le 7 août 2016.
Des moineaux perchés sur une branche d'arbre au jardin du Palais-Royal à Paris, le 7 août 2016. Alain Jocard, AFP

Un rapport sur l’état de la biodiversité en Île-de-France, publié jeudi, alerte sur les dangers de l’activité humaine sur la nature de la région. Mais l’étude apporte aussi son lot de bonnes nouvelles.

Publicité

On savait la nature fragile, on la sait désormais plus vulnérable encore en Île-de-France. Un rapport de l'Agence régionale de la biodiversité (ARB IdF), publié jeudi 20 juin, dresse un bilan préoccupant.

"Dans la plupart des cas, les proportions d'espèces menacées et éteintes régionalement sont un peu plus élevées que dans les régions adjacentes, mettant en évidence l'influence de la métropole sur l'état de la biodiversité, qui tend à s'améliorer à mesure que l'on s'en éloigne", peut-on lire dans l’étude qui fait écho au constat alarmant récemment dressé par les experts de l'ONU au niveau mondial.

>> À voir : Où sont passés nos oiseaux ?

Au-delà d'un risque de disparition de certaines espèces animales, des populations "encore abondantes il y a peu" ont connu une chute vertigineuse, comme certaines espèces de chauve-souris (pipistrelles communes et noctules communes) ou d'oiseaux, dont l'hirondelle et le moineau domestique qui a perdu 73 % de ses effectifs parisiens entre 2004 et 2017.

Papillons, chauve-souris, oiseaux nicheurs menacés

Un seul responsable à cette dégradation de la faune et la flore : l’Homme. Pratiques agricoles, forte urbanisation, déclin des zones humides... Les activités humaines ont mis en péril de nombreuses espèces en l’espace de quelques années seulement. Le "panorama de la biodiversité francilienne" dévoile, en outre, le fait que 31 % des 1 600 espèces de fougères et plantes à fleurs sont menacées, 27 % des papillons de jour, 30 % des chauves-souris, ou encore 39 % des oiseaux nicheurs.

Les villes couvrent 22 % du territoire de l'Ile-de-France, région "la plus artificialisée" du pays, note l'ARB IdF. Cet étalement urbain, même s'il a ralenti depuis le milieu des années 2000, est "l'une des principales menaces" pour les habitats naturels.

Mais la ville agit aussi "comme un filtre pour les espèces les plus vulnérables" aux diverses pollutions (eau, air, sols, lumière, bruit...), remplacées par d'autres qui s'adaptent mieux. Au risque d'une uniformisation des écosystèmes entre Paris, New York ou Tokyo.

Effets en cascade

L’agriculture, qui occupe 48 % du territoire, est également pointée du doigt. Pesticides, labours profonds, abandon du pâturage... Avec une culture céréalière très développée, la densité de haies "très réduite" constitue notamment un obstacle majeur au nichage des oiseaux. La population d'espèces d'oiseaux ne vivant qu'en milieu agricole s'est d'ailleurs "effondrée" de 44 % entre 2004 et 2017, "plus encore qu'au niveau national (-33 %)".

Même inquiétudes pour les insectes. S'il n'existe pas de données locales les concernant, l'Agence est persuadée que la région subit la même chute libre que celle décrite en Europe par les scientifiques.

Les forêts, principaux "réservoirs de biodiversité" de la région qui couvrent 24 % du territoire, ne sont pas épargnées. Elles font les frais du réseau routier qui fragmente ces habitats accueillant de nombreux mammifères, des petits rongeurs aux cerfs et aux sangliers.

Passé les considérations pessimistes, l’étude a avant tout un objectif constructif. "Le rapport a été transmis à la région Ile-de-France pour que ses responsables puissent se saisir de l’état des lieux de son territoire et élaborer une stratégie pertinente", explique à France 24, Julie Collombat-Dubois, directrice de l’ARB Idf.

Tant qu’il y a de la vie…

Le rapport est d’ailleurs porteur de bonnes nouvelles. "On a déjà pu voir les effets positifs de certaines mesures sur la nature. On a notamment pu constater les bienfaits de l’interdiction des pesticides sur certaines espèces", poursuit la responsable environnementale.

Au titre des succès des défenseurs de la nature, le castor est revenu le long de l'Essonne en 2016, 100 000 batraciens sont sauvés chaque année des roues des voitures grâce à des "crapauducs" (mini-tunnels passant sous la chaussée), et la flore des trottoirs et des interstices a explosé grâce à l'interdiction des produits phytosanitaires pour l'entretien de la voirie. Le chat sauvage est lui régulièrement observé du côté de la forêt de Fontainebleau.

Et "le loup ne manquera pas de faire une apparition prochaine dans la région, au moins en exploration", s'enthousiasme l'Agence. Une perspective qui risque de ne pas faire l'unanimité...

"Il est intéressant de constater combien la nature est résiliente, conclut Julie Collombat-Dubois. Cela veut dire que quelques gestes suffisent parfois à faire changer les choses. Cela donne beaucoup d’espoir."

Avec AFP

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.