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Trump reconnaît avoir annulé des frappes contre l'Iran, Téhéran prêt à se défendre

Le militaire Seth Thurber vérifie un drone Global Hawk avant un vol, le 5 février 2019, à la base de Bealen, en Californie.
Le militaire Seth Thurber vérifie un drone Global Hawk avant un vol, le 5 février 2019, à la base de Bealen, en Californie. Tristan D. Viglianco, AFP

L'Iran a averti vendredi qu'il se défendrait contre toute attaque des États-Unis, au lendemain de la destruction d'un drone américain. Donald Trump affirme de son côté avoir annulé des frappes contre l'Iran pour éviter des victimes.

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Après avoir abattu jeudi un drone américain, l'Iran a affirmé vendredi qu’il défendrait son territoire contre toute offensive des États-Unis. L'annonce intervient après que le président américain Donald Trump a affirmé avoir déprogrammé des frappes militaires contre l’Iran, car elles n’auraient pas représenté une réponse "proportionnée".

"Dix minutes avant la frappe, je l'ai arrêtée, pas proportionnée à la destruction d'un drone sans équipage. Je ne suis pas pressé, notre armée (...) est la meilleure du monde", a écrit sur Twitter le président américain, après que le New York Times a révélé sa décision quelques heures auparavant.

Le chef de la Maison Blanche a ajouté qu'il lui avait été dit que les frappes américaines, qui auraient visé trois sites iraniens, auraient pu faire 150 morts. Selon les révélations du quotidien américain, qui citait un haut responsable du gouvernement, ces frappes de représailles auraient été menées contre "une poignée de cibles iraniennes, comme des radars et des batteries de missiles".

Donald Trump a également annoncé avoir imposé jeudi soir de nouvelles sanctions à l'Iran, sans préciser de quelle nature.

C'est dans ce contexte que la Maison Blanche a annoncé vendredi soir que Donald Trump avait désigné Mark Esper comme nouveau ministre de la Défense – une décision qui doit encore être validée par le Sénat. Ce dernier a été nommé mardi chef du Pentagone par intérim, rôle assuré par Patrick Shanahan depuis décembre 2018 mais qui s'est désisté pour des raisons familiales.

"L'Amérique n'a envoyé aucun" avertissement, dément Téhéran

Selon des sources gouvernementales américaines, Donald Trump a fait parvenir dans la nuit de jeudi à vendredi un message aux autorités iraniennes pour les informer de l'imminence d'une attaque tout en leur faisant part de sa volonté de dialogue.

L'Iran a toutefois démenti vendredi avoir reçu cette information, qui aurait été transmise via Oman. "L'Amérique n'a envoyé aucun message par l'intermédiaire d'Oman pour l'Iran", a déclaré Keyvan Khosravi, porte-parole du Conseil suprême de la sécurité nationale, cité par la télévision d'État. "Il n'y a rien de vrai là-dedans."

L'Iran a également affirmé avoir lancé deux avertissements avant d'abattre jeudi l'appareil américain qui a selon lui violé l'espace aérien iranien. Les États-Unis assurent qu'il a été abattu dans l'espace aérien international.

L'accès de fièvre entre les deux pays ennemis apparaît comme une nouvelle conséquence de la politique de "pression maximale" conduite par l'administration du président américain Donald Trump, qui veut pousser l'Iran à réduire encore davantage ses ambitions nucléaires et limiter son influence régionale.

Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a fait passer un message "d'urgence" à Washington via la Suisse, disant que son pays "ne cherche pas la guerre" mais qu'il défendrait "résolument son territoire contre toute agression". L'ambassade de Suisse à Téhéran représente les intérêts américains en l'absence de relations diplomatiques entre les deux pays depuis 1980.

Des compagnies aériennes évitent de survoler la région

Face à l'escalade, les compagnies aériennes KLM, Qantas, Singapore Airlines, Malaysia Airlines et Lufthansa ont suivi les compagnies américaines en décidant d'éviter de survoler le golfe d'Oman et le détroit d'Ormuz, point de passage stratégique pour l'approvisionnement mondial de pétrole dans la région du Golfe.

Vendredi, la télévision d'État iranienne a diffusé des images présentées comme celles des "débris" du drone détruit Global Hawk, alignés par terre ou sur des présentoirs. "Les débris flottants ont été repêchés par les forces navales et transférés comme vous le voyez à Téhéran", a dit à la télévision le général de brigade Amirali Hajizadeh dans une base à Téhéran. D'autres morceaux de l'appareil ont coulé.

Selon ce chef de la force aérospatiale des Gardiens de la Révolution, armée idéologique du pays, l'Iran a lancé deux avertissements avant d'abattre le drone.

La télévision d'État a également diffusé un extrait d'une vidéo présenté comme étant l'interception du drone par un missile "3-Khordad", mais son authenticité ne pouvait être immédiatement prouvée. Les images montrent un missile tiré à partir d'une batterie mobile dans la nuit. Après une coupe, on voit une explosion et une boule de feu descendre à la verticale dans un ciel noir.

"Énorme erreur" de Téhéran

Soufflant le chaud et le froid, M. Trump a d'abord qualifié jeudi d'"énorme erreur" la frappe iranienne, avant d'évoquer la piste d'une erreur du côté iranien faite par quelqu'un de "stupide", semblant vouloir faire baisser la température.

Lors d'une visite en Arabie saoudite, pays allié des États-Unis et grand rival régional de la République islamique, l'envoyé spécial des États-Unis pour l'Iran, Brian Hook, a accusé Téhéran d'être "responsable de l'aggravation des tensions" et de "continuer de rejeter les ouvertures diplomatiques" américaines.

En dépit des affirmations répétées des États-Unis et de l'Iran selon lesquelles ils ne cherchent pas la guerre, la multiplication des incidents font craindre qu'une étincelle ne mette le feu aux poudres.

Moscou met en garde contre tout passage en force de Washington

La Russie a mis en garde contre un éventuel recours des États-Unis à la force contre l'Iran, estimant que cela serait "une catastrophe". De son côté, Israël a appelé la communauté internationale à soutenir les États-Unis face à l'Iran.

Les tensions ne cessent de monter depuis le retrait américain en mai 2018 de l'accord international sur le nucléaire iranien suivi du rétablissement de lourdes sanctions américaines contre l'Iran, privant ce pays des bénéfices économiques qu'il escomptait de ce pacte.

Elles se sont intensifiées avec des attaques contre des pétroliers dans la région du Golfe en mai et en juin, imputées par Washington à Téhéran, qui a démenti.

Les États-Unis viennent de renforcer davantage leur dispositif militaire au Moyen-Orient alors que de nouvelles frictions sont à prévoir avec l'annonce par l'Iran que ses réserves d'uranium enrichi dépasseraient à partir du 27 juin la limite prévue par l'accord nucléaire.

Avec AFP et Reuters

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