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À Bamako, les Maliens dans la rue pour dire "stop" aux massacres

Le 11 juin 2019 dans le village dogon de Sobane Da, où 35 personnes ont été tuées deux jours plus tôt.
Le 11 juin 2019 dans le village dogon de Sobane Da, où 35 personnes ont été tuées deux jours plus tôt. Stringer, AFP

Des milliers de personnes sont descendues vendredi dans les rues de Bamako pour demander que cessent les massacres dans le centre du Mali, où la situation a atteint une "cote d'alerte" selon le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU.

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Entre 3 000 personnes, selon la police, et 5 000, selon les organisateurs, ont manifesté vendredi 21juin à Bamako pour dire "stop" aux violences dans le centre du Mali, où les massacres se multiplient, alors que le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU achève une visite dans le pays.

Depuis l'apparition en 2015 dans cette région du groupe jihadiste du prédicateur Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l'agriculture, et qui ont créé leurs "groupes d'autodéfense".

Koulogon – 39 Peuls tués le 1er janvier – ; Ogossagou – 160 Peuls tués le 23 mars – ; Sobane Da – 35 Dogons tués le 9 juin – ; Gangafani et Yoro – 41 Dogons tués le 17 juin – : la liste des villages martyrs ne cesse de s'allonger, malgré les renforts envoyés par l'armée.

Après la prière du vendredi, des milliers de manifestants se sont rassemblés près de la Bourse du travail à Bamako, à l'appel du Collectif des associations de jeunes de la région de Mopti (centre), pour réclamer la fin de ce cycle de violences.

"Peuls et Dogons sont victimes"

"Désarmez les milices", "Halte à l'amalgame", "La France complice", "Disons non à la haine", "Sécurisez les civils", "Une vie est une vie", "Mopti a assez souffert", "Peuls et Dogons sont victimes"... Les nombreuses pancartes brandies s'adressaient aussi bien au gouvernement, à la communauté internationale (France, ONU, pays voisins) qui le soutient, aux jihadistes et autres groupes armés qu'à ceux qui incitent les communautés à se dresser les unes contre les autres.

"Trop de sang a coulé. Il faut que ça s'arrête sinon il n'y aura plus de vie au centre du Mali", a expliqué une des manifestantes, Habitatou Diallo.

Le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Jean-Pierre Lacroix, achevait vendredi une visite au Mali en compagnie du numéro 2 de la diplomatie de l'Union européenne, Pedro Serrano. Les deux diplomates se sont notamment rendus à Mopti et ont rencontré les autorités du pays, ainsi que des groupes de la société civile.

"La situation a atteint ce qu'on pourrait appeler une cote d'alerte avec ces horribles massacres des dernières semaines, des derniers jours", a déclaré à Mopti M. Lacroix, cité dans un communiqué.

Avec AFP

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