Accéder au contenu principal

Les Mauritaniens aux urnes pour une transition inédite

Les partisans du candidat du pouvoir Mohamed Ould Ghazouani avant un meeting à Nouakchott le 20 juin 2019.
Les partisans du candidat du pouvoir Mohamed Ould Ghazouani avant un meeting à Nouakchott le 20 juin 2019. Sia Kambou, AFP

Les Mauritaniens votent samedi pour élire leur président, qui devra à la fois préserver la stabilité chèrement conquise par ce vaste pays du Sahel et en améliorer la situation économique et le bilan en matière de droits humains.

PUBLICITÉ

Les Mauritaniens sont appelés aux urnes samedi 22 juin pour désigner le successeur du président sortant Mohamed Ould Abdel Aziz, qui ne peut se représenter et a apporté son soutien à l'ancien ministre de la Défense, Mohamed Ould Ghazouani, grand favori du scrutin.

Les bureaux de vote sont ouverts de 7 h à 19 h GMT et les premiers résultats sont attendus en début de semaine prochaine.

Ce scrutin doit marquer la première transition entre un président sortant et son successeur élu dans ce pays secoué par de nombreux coups d'État de 1978 à 2008.

Mais les cinq adversaires du candidat du pouvoir dénoncent une tentative de perpétuation du régime de Mohamed Ould Abdel Aziz et des risques de fraude.

Attentats jihadistes dans les années 2000

Arrivé au pouvoir par un coup d'État en 2008, Mohamed Ould Abdel Aziz, qui était alors général, s'est ensuite fait élire en 2009, puis réélire en 2014 lors d'un scrutin boycotté par les principaux partis d'opposition.

Il a assuré la stabilité de ce pays de 4,5 millions d'habitants frappé dans les années 2000 par des attentats jihadistes et les enlèvements d'étrangers en menant une politique volontariste : remise sur pied de l'armée, surveillance accrue du territoire et développement des zones reculées.

Pour lui succéder au terme de ses deux mandats constitutionnels, le pouvoir a choisi comme candidat son compagnon de toujours Mohamed Ould Ghazouani, qui a été chef d'état-major pendant dix ans, puis quelques mois ministre de la Défense.

Mais celui qui apparaît comme son rival le plus sérieux, l'ancien chef de gouvernement de transition Sidi Mohamed Ould Boubacar (2005-2007), estime que "la majorité des Mauritaniens a envie de tourner la page de ces dix dernières années", dans un entretien à l'AFP.

Sidi Mohamed Ould Boubacar, "candidat indépendant", est soutenu par une large coalition comprenant le parti islamiste Tewassoul, principale formation d'opposition, ainsi que par le puissant et richissime homme d'affaires Mohamed Ould Bouamatou.

Tout comme les autres candidats de l'opposition, il a mis en garde contre les risques de fraude.

Société marquée par les inégalités

Les critiques de la Mauritanie se focalisent sur le respect des droits fondamentaux, dans une société marquée par des inégalités ainsi que des disparités entre communautés arabo-berbère, haratine (descendants d'esclaves de maîtres arabo-berbères, dont ils partagent la culture) et afro-mauritanienne, généralement de langue maternelle d'ethnies subsahariennes.

Mais dans une conférence de presse en forme de bilan en toute fin de campagne, Mohamed Ould Abdel Aziz a justifié le maintien en "détention administrative" de l'auteur d'un billet de blog jugé blasphématoire ayant pourtant purgé sa peine, cas emblématique de la liberté d'expression en Mauritanie pour les organisations de défense des droits humains.

Sur le plan économique, les prétendants ont promis une amélioration des conditions de vie, alors que la croissance, de 3,6 % en 2018, bien qu'en amélioration, reste insuffisante par rapport à la démographie, selon un rapport de la Banque mondiale publié en mai.

Avec AFP

Cette page n'est pas disponible.

Il semblerait qu'il y ait une erreur de notre côté et que cette page ne soit pas disponible. Nos équipes vont se pencher sur la question pour résoudre ce problème au plus tôt.