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Les tensions entre Renault et Nissan pèsent sur l'AG du constructeur japonais

Jean-Dominique Senard et Hiroto Saikawa, le 22 mars 2019, à Yokohama.
Jean-Dominique Senard et Hiroto Saikawa, le 22 mars 2019, à Yokohama. Behrouz Mehri, AFP

Le patron de Nissan, Hiroto Saikawa, a clairement affiché sa priorité, mardi, lors de l'assemblée générale du groupe Renault-Nissan : redresser les performances du second et maintenir une relation "gagnant-gagnant" avec Renault.

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Nissan a douché les espoirs d'un réchauffement rapide des relations avec Renault, mardi 25 juin, en affirmant qu'un manque d'équité entre les deux constructeurs pourrait mettre rapidement fin à leur alliance nouée il y a vingt ans.

S'exprimant devant les actionnaires réunis pour l'assemblée générale du groupe à Yokohama, la première depuis le début de l'affaire Carlos Ghosn, le directeur général de Nissan a dit vouloir préserver l'esprit d'égalité au sein de l'alliance, malgré une structure d'actionnariat longtemps perçue comme déséquilibrée par le groupe japonais.

"Nous voulons une relation gagnant-gagnant avec Renault. L'alliance a été prospère jusqu'ici parce que nous avons respecté l'indépendance de chacun", a déclaré Hiroto Saikawa. "Si cela est nécessaire, nous discuterons de notre structure capitalistique. Si la relation bascule dans un gagnant-perdant, elle se rompra très rapidement", a-t-il poursuivi. "Notre priorité est de redresser notre performance, ce qui signifie repousser les discussions autour du futur de l'alliance", a souligné Hiroto Saikawa.

>> À voir : La tension monte au sein de l'alliance

Cette prise de position affirmée donne à penser qu'un apaisement des tensions entre les deux partenaires n'est pas à l'ordre du jour. Renault et Nissan ont pourtant mis fin quelques jours avant cette assemblée annuelle à leur querelle publique autour de la représentation du groupe au losange dans les nouveaux comités du conseil d'administration du japonais.

Le président de Renault, Jean-Dominique Senard, a démenti s'être opposé au projet de réformes de gouvernance de Nissan et a dit avoir fait tout son possible pour apaiser les relations entre les deux groupes. "Je vais travailler pour Nissan", a-t-il déclaré lors de l'assemblée, assurant qu'il avait à l'esprit les intérêts de l'alliance pour chacune de ses décisions.

Nouvelle structure de gouvernance

Hiroto Saikawa a jugé "primordial" de pouvoir discuter avec Renault d'"options" pour l'alliance. Il a dit vouloir s'entretenir avec Jean-Dominique Senard sur le sujet.

Les actionnaires de Nissan ont approuvé la nouvelle structure de gouvernance, avec notamment un conseil d'administration composé de 11 membres, décidée à la suite de l'arrestation en novembre de Carlos Ghosn, qui a mis en lumière des failles dans les procédures de contrôle interne de l'entreprise.

L'arrestation de l'architecte de l'alliance Renault-Nissan, qui dément les accusations de malversations financières portées à son encontre, a fait éclater au grand jour les tensions entre les deux groupes.

>> À lire : Renault, Nissan et Fiat, l'impossible mariage à trois

Premier actionnaire de Nissan avec 43,4 % du capital, Renault réclamait d'être mieux représenté dans les nouveaux comités chargés de l'audit et des nominations, par rapport au projet initial du groupe japonais.

Hiroto Saikawa, qui avait dans un premier temps rejeté cette demande, a finalement répondu favorablement la semaine dernière en accordant des sièges à Jean-Dominique Senard et à Thierry Bolloré, le directeur général de Renault, au sein de ces deux comités.

Si cette décision a permis d'éviter une nouvelle crise dans l'alliance, elle a peut-être aussi eu pour effet de sauver la tête de Hiroto Saikawa, l'ancien lieutenant de Carlos Ghosn. Les actionnaires de Nissan l'ont ainsi reconduit au conseil d'administration malgré les appels de sociétés de conseil à voter contre.

Avec Reuters

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