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Alex Morgan, la footballeuse américaine à l'offensive sur le terrain et en politique

Alex Morgan, cocapitaine de l'équipe américaine de football, est aussi diplômée de l'Université de Berkeley et auteure de best-sellers.
Alex Morgan, cocapitaine de l'équipe américaine de football, est aussi diplômée de l'Université de Berkeley et auteure de best-sellers. Thomas Samson, AFP

La redoutable "Team USA", à laquelle la France se mesurera vendredi en quarts de finale du Mondial-2019, est menée par la cocapitaine Alex Morgan, figure du "soccer" américain, pour son jeu mais aussi ses engagements hors du terrain.

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Avec l’entrée fracassante de l'équipe américaine dans le Mondial-2019 – au cours de laquelle les Américaines ont infligé un 13-0 à la Thaïlande –, le retour en France d’Alex Morgan, ex-joueuse de l’Olympique lyonnais (OL), n’est pas passé inaperçu. Auteure d’un quintuplé et de trois passes décisives au cours de ce match, l’attaquante américaine, figure de proue du football dans son pays, le "soccer", passionne les foules et inquiète les Bleues, qu’elle affrontera avec son équipe, vendredi 28 juin, sur la pelouse du Parc des Princes.

Populaire sur le terrain, la cocapitaine de l’équipe nationale et star du Pride d’Orlando (Floride), s’est attirée de nombreux sponsors. Coca-Cola, Nike, McDonald’s, AT&T, pour ne citer qu’eux. Également visage de la jaquette du jeu vidéo "FIFA 16", la joueuse, âgée de 29 ans, bénéficie d’une certaine aura et séduit un public extrêmement large. Si bien qu’avec ses 6,5 millions d’abonnés sur Instagram et 3,5 millions sur Facebook et Twitter – bien plus que le roi Pelé –, Alex Morgan, qui a même eu son personnage dans Les Simpsons, série incontournable de la culture américaine, s’impose comme une véritable icône, au-delà même des frontières du football.

Porte-parole pour l'égalité entre les sexes

Bien consciente de son influence, celle qui est aussi l’auteure du best-seller "Kick" (série de livres sur le football à destination des jeunes filles) et ambassadrice de l’Unicef, souhaite avant tout que sa popularité serve ses divers engagements.

À la tête de l’action en justice, lancée le 8 mars dernier, par les footballeuses américaines contre leur fédération (USSF) pour obtenir l’égalité des salaires et des conditions de travail avec leurs homologues masculins, Alex Morgan était placée cette année dans le fameux classement des 100 personnalités les plus influentes selon Time Magazine.

"Fière de faire partie de la liste 2019 du #TIME. Merci @MiaHamm pour vos mots incroyablement généreux."

Mobilisée pour défendre le titre mondial décroché par son équipe en 2015 au Canada, la star de la "Team USA", qui n'a jamais caché son engagement politique, a par ailleurs d’ores et déjà prévenu qu’elle boycotterait l’invitation du président américain, Donald Trump, à célébrer leur victoire, si les États-Unis remportaient la Coupe du monde en juillet.

"Je ne supporte pas un grand nombre de choses que l’administration actuelle défend", a-t-elle expliqué dans un entretien donné à Time, dont elle faisait la une, fin mai. "Il existe une censure répétée à tous les sportifs engagés politiquement : ‘Limitez-vous au sport’. Mais nous valons beaucoup plus que ça, OK ?"

Aussi vive dans ses combats politiques et sociaux que sur le terrain, Alex Morgan tire néanmoins sa notoriété et son influence avant tout de ses prouesses athlétiques.

Joueuse aux 102 buts

Du haut de son mètre 70, l’attaquante américaine a la gagne dans la peau. Après l’or olympique, la Coupe du monde 2015, les différentes ligues professionnelles nord-américaines et la Ligue des champions, l’icône de la "Team USA" est devenue, en mai dernier, la septième joueuse à inscrire plus de 100 buts en sélection (102, précisément).

Pour Alex Morgan, qui a remporté en 2017 la Coupe de France, le Championnat de France (Ligue 1) et la Ligue des champions avec l’OL, la correction infligée le 11 juin dernier à la Thaïlande n’était qu’une douce mise en jambes inaugurant un parcours qui pourrait s'achever sur la pelouse du stade lyonnais le 7 juillet prochain. Cependant, pour en être, elle devra venir à bout de ses anciennes coéquipières de l'OL, très nombreuses dans les rangs des Bleues engagées au Mondial.

"La David Beckham au féminin"

Bien qu’elle n’ait passé qu’une courte saison dans le Rhône, il y a deux ans, Alex Morgan est donnée comme étant l’une des "chouchoutes" étrangères du public français, comme l’écrivait le quotidien régional Ouest France au lendemain de la victoire de l’équipe américaine sur les Thaïlandaises.

En 2016, après de nombreux appels du pied, puis louanges sur Twitter, le président de l’Olympique lyonnais, Jean-Michel Aulas, avait recruté Alex Morgan afin d’accroître davantage la notoriété internationale de son club, qualifiant sa nouvelle recrue de "David Beckham au féminin".

Pour lui, la star américaine du soccer est "probablement la meilleure joueuse au monde", disait-il à l’époque. En termes de football, mais aussi de marketing, d'où la comparaison avec la superstar britannique. En six mois à Lyon, Alex Morgan a même été au cœur d’une série de vidéos web, produites par le club. Intitulées "Rendez-vous avec Alex Morgan", elles permettaient à l’OL de mettre en vedette sa recrue américaine.

En termes de résultats, avec 12 buts en 16 apparitions et trois trophées, le passage éclair de Morgan à Lyon fut prolifique. Toutefois, celle-ci, blessée, avait dû manquer la finale de la Coupe de France et était sortie lors de la finale de la Ligue des champions.

"Bonne coéquipière", adversaire redoutable

De retour sur le sol français pour le Mondial-2019, Alex Morgan fait de nouveau l’objet de toutes les analyses à mesure que le match de quart de finale contre la France approche. Mi-juin, France Football avait interrogé son ex-coach Gérard Prêcheur et son ex-coéquipière Corine Petit sur son aventure lyonnaise, ses faiblesses physiques et ses atouts sur le terrain. Vantant ses "qualités de percussion et de vitesse au-dessus de la moyenne", Corine Petit reconnaît à Alex Morgan un talent certain, une éthique de travail et concède également de nombreuses qualités humaines à celle qu’elle qualifie de "bonne coéquipière". "C'est une personne agréable, qui aime la vie, profiter et qui avait adoré la France", ajoute-t-elle.

Un sentiment réciproque, à en juger l’intérêt des médias français pour la cocapitaine américaine. De quoi rendre le choc entre les Bleues et la redoutable "Team USA", beaucoup plus doux pour les supporters français.

Ils ne devront toutefois pas oublier qu'Alex Morgan a marqué plus de buts contre la France que contre n’importe quelle autre équipe (avec six buts en quatre matches).

Laissée au repos face au Chili le 16 juin, Alex Morgan est sortie à la mi-temps contre la Suède quatre jours plus tard. Touchée à un genou, elle a souffert du défi physique imposé par l'Espagne (2-1) sous la chaleur de Reims, en huitièmes de finale, le 24 juin. Malgré cela, son statut de titulaire ne devrait pas être remis en question.

Parmi les meilleures joueuses de l’équipe de France, Wendie Renard et Eugénie Le Sommer ont été de celles qui ont joué à ses côtés, à Lyon. Si le jeu de leur ex-coéquipière n'a pas de secret pour elles, elles auront néanmoins du pain sur la planche face à la machine américaine, vendredi, pour pouvoir se hisser en quarts.

Article traduit par Pauline Rouquette, retrouvez la version en anglais ici.

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