Accéder au contenu principal

Remous à RTL: le patron de M6 se veut rassurant

4 mn
Publicité

Paris (AFP)

Y-a-t-il des remous à RTL à cause d'une trop grande mainmise de sa nouvelle maison-mère M6? Non, assure le patron du groupe audiovisuel Nicolas de Tavernost, qui juge que l'intégration se passe bien mais reste déterminé à imprimer sa marque

Fin mai, les salariés ont appris qu'ils perdaient leur dirigeant Christopher Baldelli, aux manettes depuis 10 ans, au profit d'un ancien de M6, l'ex-responsable de la publicité à TF1 Régis Ravanas.

Plus récemment, l'annonce que la chef du service politique de la station Elizabeth Martichoux allait perdre l'interview phare dans la matinale d'Yves Calvi a suscité des inquiétudes en interne, selon plusieurs médias.

"On a regretté le côté violent de la décision, et tardif pour Élizabeth. Ce n'est pas tellement rassurant", a souligné la SDJ de RTL interrogée par L'Express.

Des changements qui interviennent alors que l'un des piliers de la station Marc-Olivier Fogiel part diriger BFMTV (il présentait sa dernière émission ce jeudi) et que RTL, habituée à caracoler en tête des audiences, s'est fait détrôner par France Inter au printemps.

Le patron de M6 s'est voulu rassurant devant l'Association des journalistes médias jeudi : "il n'y a pas de raison que le positionnement éditorial de RTL change", a-t-il indiqué, ajoutant que Yves Calvi serait "là à la rentrée."

"Cette opération radio (la prise de contrôle de RTL, ndlr), on voulait la faire depuis plus de dix ans et on a dû convaincre l'actionnaire (le groupe allemand Bertelsmann, ndlr). L'intégration se passe bien, nous avons beaucoup d'échanges et nous souhaitons qu'il y en ait davantage", a estimé le dirigeant, opposant à la "+M6isation+ de RTL" déplorée par certains, la "+RTLisation+ de M6".

Il a donné comme exemple l'arrivée cet été à la présentation du "19.45" d'Amandine Bégot, journaliste de RTL, et aussi le transfert réussi de Julien Courbet, animateur phare de la radio dont le bilan à la tête de "Capital" cette saison est très positif. Ce dernier héritera d'ailleurs à la rentrée de deux nouveaux programmes sur M6, un talk-show et une émission autour des entrepreneurs.

- Chacun son identité -

"Il y a toujours certaines difficultés qui peuvent surgir, des insatisfactions, des mécontents. Ça n'a rien à voir avec un problème d'intégration", a-t-il poursuivi.

Il a aussi balayé l'hypothèse avancée par certains médias d'une mise à l'écart d'Elizabeth Martichoux pour raisons politiques : "en ce qui concerne la politique je ne suis jamais intervenu en 32 ans, j'ai toujours défendu l'intérêt du groupe".

Le directeur de l'information de RTL Jacques Esnous avait expliqué ce changement par un désir d'ouvrir l'interview du matin à d'autres domaines que la politique.

Nicolas de Tavernost a toutefois prévenu que dans la radio, il fallait "être attentif". "On a une grande radio publique qui certes est première mais vit un plan social (France Inter, ndlr) et l'un de nos grands compétiteurs (Europe 1, ndlr) qui est en forte difficulté. RTL n'a pas ces problèmes-là mais nous devons développer le multimédia, il faut qu'on avance plus vite".

C'est notamment l'objet du changement de direction, qui verra arriver dès mardi Régis Ravanas, et vise à donner "une nouvelle orientation" pour développer les plateformes audio et tout ce qui est musique même si "chacun doit garder son identité". Un sujet qui concerne aussi les chaînes que M6 vient de racheter à Lagardère (Gulli, Canal J, Tiji et des chaînes musicales).

"On veut passer d'un groupe de télévision à un groupe de médias", a indiqué le dirigeant qui souhaite investir davantage dans la production et lancer une chaîne, M6 internationale, à destination des pays francophones.

Président du directoire de M6 depuis 2000, Nicolas de Tavernost a vu son mandat renouvelé pour trois ans en février 2017 et une récente modification des statuts du groupe a fait passer l'âge limite des dirigeants de 70 à 72 ans, lui permettant de rester éventuellement en poste jusqu'en 2022.

Alors que son possible successeur fait depuis longtemps l'objet de spéculations, il a estimé que Régis Ravanas "avait les qualités" pour prendre sa suite un jour.

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.