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Débat démocrate : Kamala Harris et la nouvelle génération bousculent Joe Biden

Joe Biden (à g.), Bernie Sanders et Kamala Harris lors du deuxième débat démocrate à Miami, jeudi 27 juin 2019.
Joe Biden (à g.), Bernie Sanders et Kamala Harris lors du deuxième débat démocrate à Miami, jeudi 27 juin 2019. Drew Angerer, Getty Images/AFP

Lors du deuxième débat démocrate en vue de la présidentielle 2020 jeudi soir, le favori Joe Biden s'est fait bousculer par une nouvelle génération déterminée, menée par la sénatrice californienne Kamala Harris.

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, correspondante à Washington

Après le tour de chauffe de mercredi, c’était au tour des gros poissons démocrates de s’affronter à Miami, jeudi 28 juin. Le plus populaire d’entre eux, l'ancien vice-président de Barack Obama, Joe Biden (31 % des intentions de vote), comptait sur ce round 2 auquel participaient dix candidats aux primaires, en vue de la présidentielle américaine 2020 pour asseoir sa domination. C’est raté.

Non pas parce que son principal rival dans les sondages, le socialiste Bernie Sanders (15 % des intentions de vote), lui a fait de l’ombre. Le sénateur du Vermont est resté fidèle à ses propositions très à gauche et à sa personnalité obstinée. "Nous avons une nouvelle vision pour l’Amérique. C’est l’heure du changement, du vrai changement", a-t-il lancé. Il a réitéré ses propositions jadis qualifiées d’extrémistes et aujourd’hui adoptés par une grande partie de ses rivaux : l’assurance santé publique universelle et la gratuité de l’université. Mais le septuagénaire, toujours en guerre contre Wall Street et les milliardaires, n’a pas détonné durant les échanges : Bernie a fait du Bernie.

Kamala Harris, star de la soirée

Si Joe Biden s’est trouvé en difficulté, c’est parce que la Californienne Kamala Harris, ainsi qu’une nouvelle génération de candidats, ont réussi à l’éclipser. L’ancien vice-président de Barack Obama avait pourtant bien entamé le débat, en attaquant le président Donald Trump de front. "Donald Trump pense que Wall Street a construit l'Amérique", a-t-il lancé. "Donald Trump nous a mis dans une situation horrible. Nous avons des inégalités salariales énormes", a-t-il ajouté, se présentant comme le protecteur de la classe moyenne.

Procureure de carrière, Kamala Harris n’a pas tardé à le bousculer, comme elle aime le faire lors des commissions sénatoriales où elle cuisine les membres de l’administration Trump. Seule femme noire sur le plateau, la sénatrice de 54 ans a donné lieu à l’échange le plus intense de ce débat en attaquant Joe Biden sur la question raciale : "J’ai été très blessée en vous entendant parler de la réputation de deux sénateurs qui ont construit leur réputation et leur carrière sur la ségrégation raciale dans ce pays." Elle a ensuite évoqué la question du "busing" – dispositif dont elle a bénéficié qui permettait aux enfants noirs d’être emmenés en bus dans les écoles majoritairement blanches afin de promouvoir la mixité raciale – et a accusé Joe Biden de s’y être opposé. Ce dernier a bien tenté de lui répondre, mais s’est enfoncé encore plus, finissant sa démonstration par un "Mon temps de parole est terminé !", à la stupéfaction générale.

Kamala Harris attaque Joe Biden sur la question raciale

Kamala Harris, qui était encore inconnue il y a deux ans au niveau national, était créditée avant ce débat de 8 % des intentions de vote. Les analystes politiques de la chaîne MSNBC, à la fin du débat, n’ont pas hésité à estimer qu’elle pouvait dorénavant faire partie des favoris. Très tôt dans la soirée, elle a su se démarquer des autres lors de la première querelle générale qui s’est transformée en brouhaha : "L'Amérique ne veut pas une bagarre de cantine, elle veut savoir comment nous mettons de la nourriture sur sa table." Tête en avant, doigt levé, elle s’est également indignée de la politique de l’administration actuelle. "Donald Trump mesure la bonne santé de l’économie à Wall Street : c’est bien si on a des actions !", a-t-elle taclé. Jonglant entre démonstration de force et émotion, elle a affirmé vouloir faire en sorte que le "microphone tenu par la présidente des États-Unis reflète les valeurs de l’Amérique".

"Passez le flambeau !"

 

Kamala Harris n’a pas été la seule épine dans le pied de Joe Biden jeudi soir. Une nouvelle génération, incarnée notamment par l’outsider Eric Swalwell, n’a pas hésité à l’attaquer de front. "Si nous voulons régler les problèmes, passez le flambeau, si nous voulons résoudre le chaos climatique, passez le flambeau, si nous voulons mettre fin à la violence par les armes et résoudre la dette étudiante, passez le flambeau", a répété le représentant de Californie de 38 ans. "Je tiens toujours ce flambeau", a répondu, penaud, Joe Biden, 76 ans.

 

Eric Swalwell à Joe Biden : "Passez le flambeau !"

Sur scène, d'autres candidats plus jeunes : comme le nouveau venu Pete Buttigieg ou la sénatrice de New York, Kirsten Gillibrand, ont fait des sorties remarquées.

Lors de ce premier débat, Joe Biden n’a parfois même pas eu besoin de ses rivaux pour se tirer une balle dans le pied. "Si vous aviez la possibilité de ne faire passer qu'une seule mesure en tant que président, laquelle serait-elle ?", ont demandé les modérateurs. "Battre Donald Trump", a-t-il répondu, visiblement distrait. Le favori des sondages aura l’occasion de se rattraper à la fin du mois prochain, lors de nouveaux débats démocrates organisés à Détroit, dans le Michigan.

Le processus des primaires américaines se tiendra de février à juin 2020.

>> À lire aussi : "Premier débat pour les primaires démocrates : Elizabeth Warren tient son rôle de tête d’affiche"

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