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FRANCE

La France bat son record de température la plus élevée, à plus de 45°C

L'Europe fait face à une vague de chaleur exceptionnelle. Ici, un enfant joue avec de l'eau dans un parc de Tours, le 27 juin 2019.
L'Europe fait face à une vague de chaleur exceptionnelle. Ici, un enfant joue avec de l'eau dans un parc de Tours, le 27 juin 2019. Guillaume Souvant, AFP
5 mn

Le record de chaleur en France a été battu vendredi avec 45,9°C enregistrés à Gallargues-le-Montueux (Gard), au 5e jour d’une canicule exceptionnelle dans toute l’Europe. Le phénomène est appelé à se répéter avec le réchauffement climatique.

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Le record absolu de chaleur en France a été battu successivement trois fois vendredi 28 juin, dépassant, au passage, le seuil de 45°C pour la première fois en France. 45,9°C ont été mesurés à Gallargues-le-Montueux (Gard) à 16 h 20, a indiqué Météo-France. Plus tôt dans la journée, 45,1°C avaient été enregistrés à Villevieille (Gard) et 44,3°C à Carpentras, dans le Vaucluseau.

Au 5e jour d'une canicule exceptionnelle qui s’abat sur toute l’Europe, la France est touchée par une vague de chaleur appelée à se répéter avec le réchauffement climatique. Avant ce vendredi, le record de température datait du 12 août 2003, avec 44,1°C à Saint-Christol-lès-Alès et Conqueyrac, dans le Gard.

"13 stations ont dépassé l'ancien record dont 3 franchissant les 45°C, du jamais vu", a  souligné le prévisionniste Etienne Kapikian sur Twitter, insistant sur les nombreux records ayant marqué ce vendredi. "Par exemple, à Montpellier-aéroport, les 43,5°C de ce 28 juin dépassent de 5,8°C le précédent record absolu tous mois confondus (37,7°C le 4 août 2017, mesures depuis 1946) !", a-t-il indiqué.

Plusieurs autres pays européens ont déjà dépassé les 45°C

"La France rejoint le club des pays européens qui ont leur record national au moins égal à 45°C (Bulgarie, Portugal, Italie, Espagne, Grèce, Macédoine du nord)", a indiqué sur Twitter François Jobard, prévisionniste à Météo-France.

À Carpentras, la température dépassait déjà largement les 40 degrés dès le milieu de journée et une fois les étals du marché démontés, il ne restait plus que quelques personnes dans les rues. Sur la place Maurice Charretier, les terrasses ont été désertées. "On n'a jamais vu ça !", s'exclame une restauratrice en contemplant les chaises vides.

À quelques mètres de là, de nombreux curieux s'arrêtent sous le panneau lumineux de la pharmacie qui affiche la température. À 42°C, un agent de police reste sceptique: "C'est pas fini, ça va encore monter". Quelques dizaines de minutes plus tard, il avait raison.

Cette vague de chaleur exceptionnelle, qui a poussé Météo-France à placer l'Hérault, le Gard, le Vaucluse et les Bouches-du-Rhône en vigilance rouge – et 76 autres départements en vigilance orange –, a eu pour conséquence de voir plusieurs villes du Gard et de l'Hérault atteindre des pointes de 40 à 43 degrés en début d'après-midi.

"Épuisant"

Sur l'autoroute entre Montpellier et Nîmes, une épaisse brume de pollution orangée court de la mer aux Cévennes. Sur une aire de cette autoroute bien chargée à la mi-journée, des parties de goudron commencent à fondre. "C'est de la folie, ce temps", commente Jaime Gimenez, chauffeur routier. "Je ne peux pas me reposer dans mon camion sans la clim', souligne-t-il, ça rend le métier encore plus épuisant".

C'est à Nîmes que la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a fait sa première visite de la journée, au CHU, où le centre d'appels répondait à de nombreuses personnes inquiètes de "douleurs dans la poitrine" et de "problèmes respiratoires" de parents âgés. "Tout le monde est à risque en période de canicule", a martelé la ministre, appelant à éviter "tout effort inutile" avant de se rendre dans l'Hérault dans l'après-midi.

Plus au nord aussi, à Dijon, le record de température pour un mois de juin a été battu jeudi, avec 37,3°C. "Il fait plus de 30 degrés dans les chambres la nuit", raconte à l'AFP Camille, 17 ans, interne dans un lycée : "Ils nous donnent des bouteilles d'eau fraîche, on utilise des serviettes humides", ajoute-t-elle, prenant le frais près d'une grande fontaine du centre-ville.

"La nuit qui suivra sera encore torride près de la Méditerranée", prévient Étienne Kapikian. Samedi, les 40°C pourraient encore être dépassés dans la région Centre. Dimanche, il y aura "de façon générale sur l'ensemble du pays un net tassement des températures", à l'exception de la basse vallée du Rhône (encore 38°C à Nîmes). Au Nord, après un pic de 37°C à Paris samedi, une baisse à 29°C est attendue dimanche.

Le Premier ministre, Edouard Philippe, s'est de son côté alarmé vendredi d'une augmentation sensible des noyades depuis le début de la semaine, "une par jour". Le chef du gouvernement, qui s'exprimait lors d'une visite au centre opérationnel des urgences sanitaires au ministère de la Santé, a aussi appelé à la "responsabilité" des automobilistes en ce début de week-end, rappelant que la circulation n'était pas "totalement sans risque". La ministre des Transports, Elisabeth Borne, a de son côté poussé ceux qui le peuvent à "décaler leurs déplacements".

Pollution à l'ozone

Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, se rendra quant à lui vendredi après-midi dans les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse.

Dans ces départements, comme dans l'Hérault et le Gard, les préfectures et les rectorats ont conseillé aux parents de garder leurs enfants à la maison. Vendredi, 4 000 écoles étaient fermées ou prévoyaient un accueil adapté sur l'ensemble du territoire selon Matignon. Les sorties scolaires et les événements festifs étaient également annulés ou reportés.

Sur une large partie du pays, cette canicule s'accompagne d'une pollution à l'ozone souvent persistante, irritante pour les poumons. La circulation différenciée est ainsi maintenue vendredi dans la capitale, à Lyon et à Marseille.

Avec le réchauffement climatique, les scientifiques anticipent des vagues de chaleur deux à trois fois plus nombreuses d'ici au milieu du siècle.

Avec AFP

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