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Mondial-2019 : "À défaut d'avoir gagné la Coupe, on aura gagné le cœur des Français"

La capitaine Amandine Henry et Eugénie Le Sommer, au coup de sifflet final lors du quart de finale contre les États-Unis.
La capitaine Amandine Henry et Eugénie Le Sommer, au coup de sifflet final lors du quart de finale contre les États-Unis. Franck Fife, AFP

Les Bleues ne seront pas championnes du monde. Face à des Américaines plus réalistes, les Françaises ne sont pas passées loin de l'exploit. Privées de finale, elles se félicitent malgré tout de l'énorme engouement qu'elles ont suscité.

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envoyée spéciale au Parc des Princes

Au sortir de la pelouse du Parc des Princes, les visages sont fermés. De la colère pour certaines, de la tristesse dans le regard des autres. Les Françaises se sont faites sortir en quart de finale de leur Mondial par les Américaines (1-2). Elles ne joueront pas cette finale à domicile tant attendue. "On l'avait annoncé dès le début. On voulait aller au Groupama Stadium (le stade de Lyon où se déroulera la finale, NDLR). On échoue en quart, donc c'est un échec", résume Wendie Renard, qui a signé le seul but tricolore de cette rencontre. Même constat pour la sélectionneuse Corinne Diacre qui n'a pas l'habitude de mâcher ses mots. "Oui, c'est un échec sportif, il ne faut pas se cacher. On est loin de notre objectif", assume-t-elle en conférence de presse.

"Dominer n'est pas gagner"

Les Bleues peuvent nourrir des regrets. Même si la Team USA a ouvert le score de manière très précoce dès la 5e minute grâce un coup franc de Megan Rapinoe, l'équipe tricolore a su bousculer ses adversaires, principalement en seconde période. "On a vu ce soir qu'on n'était pas loin des États-Unis. Je n'ai jamais vu les États-Unis finir à cinq derrière", constate ainsi Corinne Diacre. "On a montré de belles choses. On a rivalisé techniquement. On a essayé de jouer notre jeu, mais on n'a pas été efficaces", décrit également Eugénie Le Sommer.

En attaque, les Françaises ont en effet péché par manque de réalisme comme lors de leurs précédentes rencontres dans ce Mondial. Malgré les percées de Kadidiatou Diani, Valérie Gauvin et Eugénie Le Sommer ont souffert de trop d'imprécisions. "Dans l'utilisation du ballon, on a manqué de justesse dans le dernier geste et dans nos choix. On a encore vu quelques joueuses en deçà de leur potentiel. Quand on n'est pas à 100 %, c'est encore plus difficile contre les États-Unis", estime la sélectionneuse.

La capitaine Amandine Henry a pour sa part encore une fois été au-dessus du lot. Elle s'est battue sur chaque ballon et a tenté des frappes lointaines, mais comme pour ses coéquipières, la réussite n'a pas été au rendez vous. "Il y a beaucoup de déception et de frustration. Je pense qu'on n'aura jamais autant dominé les États-Unis, mais comme on dit 'dominer n'est pas gagner'", déclare-t-elle avec philosophie.

Un penalty non sifflé

Une faute de main en fin de rencontre aurait également pu tout faire basculer. Mais le contre de l'Américaine Kelley O'Hara sur un centre d'Amel Majri n'a pas été sifflé par l'arbitre. "Apparemment, il y avait main dans la surface. C'est difficile, car à certains matches, on siffle cette faute et aujourd'hui non. Cela nous aurait peut-être permis de marquer un deuxième but et d'être en prolongation", regrette Marion Torrent, très marquée par cette défaite. Mais Corinne Diacre balaie vite la polémique : "On pourrait en débattre toute la nuit, mais à quoi ça servirait ? À un moment donné, le VAR a été en notre faveur, ce soir, visiblement, non. Est-ce qu'on doit s'arrêter dessus ? Je ne pense pas."

La sélectionneuse des Bleues préfère retirer le positif, au-delà de cette élimination. Des stades à guichets fermés, des audiences records, une médiatisation sans précédent. Depuis le début du Mondial, elle a pu constater l'énorme engouement autour de son équipe : "J’espère que ce Mondial va aider notre discipline à franchir encore un cap."

Malgré leur énorme déception, les joueuses vont ainsi surtout garder en tête cet incroyable soutien populaire, comme l'estime Eugénie Le Sommer : "Je suis fière d'avoir pu montrer à la France que le football pouvait se jouer aussi avec les filles. C'est cette première victoire que je retiendrai." "À défaut d'avoir gagné la Coupe, on aura gagné le cœur des Français", conclut avec poésie Amandine Henry en guise de consolation.

 

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