Accéder au contenu principal

Six Turcs détenus par les forces pro-Haftar en Libye, selon Ankara qui menace de riposter

Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, lors d'une conférence à Budapest, le 3 mai 2019.
Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, lors d'une conférence à Budapest, le 3 mai 2019. Attila Kisbenedek, AFP

Les forces du maréchal Haftar ont annoncé, dimanche, avoir détruit un drone turc à l'aéroport de Tripoli, quelques heures après que la Turquie les a accusés de détenir six de ses ressortissants en Libye, et menacé de les prendre pour "cibles".

Publicité

Six Turcs sont retenus en Libye par des forces proches du maréchal Khalifa Haftar. Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, qui l’a annoncé dimanche 30 juin, a appelé ces dernières à libérer immédiatement ses ressortissants, sans quoi Ankara les prendrait pour "cibles".

Quelques heures après l'annonce de Mevlut Cavusoglu, les forces du maréchal Khalifa Haftar ont annoncé avoir détruit un drone turc à l'aéroport de Tripoli, provoquant la suspension du trafic aérien. "Nos chasseurs ont visé un drone turc de type Bayraktar au cours de son décollage et l'ont détruit sur la piste de la zone militaire" de l'aéroport de Mitiga, le seul fonctionnel de la capitale libyenne.

Ces incidents surviennent deux jours après que le maréchal Haftar a menacé de s'en prendre aux intérêts turcs dans le pays, accusant la Turquie de soutenir militairement ses rivaux du gouvernement d'union nationale (GNA), reconnu par la communauté internationale et basé dans la capitale libyenne.

"Acte de violence et de piraterie"

"La détention de six de nos concitoyens par des milices illégales liées à Haftar est un acte de violence et de piraterie" a déclaré le ministre turc dans un communiqué. "Nous nous attendons à ce que nos concitoyens soient libérés immédiatement." Si tel n’était pas le cas, celui-ci a averti que les forces d’Haftar deviendraient des cibles légitimes.

Aucun détail quant au lieu de la détention des ressortissants turcs, ou la date de leur arrestation n’a été donné.

Le ministre turc de la Défense, Hulusi Akar, a rétorqué que la Turquie riposterait à toute attaque. "Il y aura un prix très élevé à payer à toute attitude hostile ou attaque" a-t-il prévenu dimanche. "Nous riposterons de la façon la plus efficace et forte".

C’est à la suite d’un sérieux revers essuyé par Haftar dans le cadre de son offensive sur Tripoli, que ce dernier avait ordonné à ses forces de prendre pour cible les navires et intérêts turcs, d’interdire les vols depuis et vers la Turquie et d'arrêter les ressortissants turcs en Libye, selon son porte-parole, le général Ahmad al-Mesmari.

Rôle d'Ankara

Toujours selon le porte-parole d’Haftar, Ankara intervient "dans la bataille de façon directe : avec ses soldats, ses avions et ses navires par la mer." De plus, selon lui, des approvisionnements en armes et munitions arrivent directement de Turquie aux forces du GNA via la Méditerranée. Des allégations démenties par ses rivaux à Tripoli.

Mais malgré un embargo sur les armes imposé par l’ONU à la Libye depuis la révolte de 2011 qui a renversé le régime de Mouammar Kadhafi, la Turquie soutient de moins en moins discrètement les forces du GNA.

Le 19 juin, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, avait ainsi confirmé que des armes que son pays avait fournies au GNA ont permis à Tripoli de "rééquilibrer" la situation face aux forces d’Haftar, soutenues par les Émirats arabes unis et l'Égypte.

Les menaces du maréchal Haftar contre la Turquie sont intervenues au lendemain de l'annonce de la reprise par les forces pro-GNA de la ville de Gharyan, située à une centaine de kilomètres de la capitale, dont il avait fait son centre d’opérations pour l’offensive contre Tripoli, située à plus de 1 000 kilomètres de son bastion, Benghazi, à l’est du pays.

Avec AFP

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.