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Nakabuye Hilda Flavia, figure de l'écologie en Ouganda : "Greta Thunberg est mon inspiration"

Nakabuye Hilda Flavia se mobilise en Ouganda, pays particulièrement affecté par les catastrophes naturelles.
Nakabuye Hilda Flavia se mobilise en Ouganda, pays particulièrement affecté par les catastrophes naturelles. Nakabuye Hilda Flavia (Facebook)

Chaque semaine, l’étudiante ougandaise Nakabuye Hilda Flavia participe à Kampala aux "Fridays for Future" (les vendredis pour le futur). Du haut de ses 22 ans, elle est devenue l'une des principales figures de l’écologie en Afrique.

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Comme Greta Thunberg, Nakabuye Hilda Flavia sèche les cours chaque semaine pour descendre dans la rue, pancartes à la main sur lesquelles on peut lire "Sauvez notre planète". Comme Greta Thunberg, l’étudiante en économie presse les politiques à agir face à l’urgence climatique. "Elle est ma source d’inspiration et ma motivation au quotidien, reconnaît la jeune femme de 22 ans, interrogée par France 24. C’est elle qui m’a donné envie de rejoindre les manifestations étudiantes pour le climat".

Mais contrairement à Greta Thunberg, Nakabuye Hilda Flavia se mobilise en Ouganda, pays particulièrement affecté par les catastrophes naturelles. En juin dernier, six personnes ont perdu la vie – et une cinquantaine ont disparu - dans un glissement de terrain provoqué par des pluies torrentielles au pied du mont Elgon, près de la frontière kényane. Une centaine de maisons ont également été emportées et les récoltes agricoles détruites. Un scénario qui rappelle les coulées de boue de 2018 (41 morts), de 2016 (15 morts), de 2011 (23 morts), et de 2010 (80 morts).

Le pays, dont l’économie repose principalement sur l’agriculture, est aussi touché par "la hausse des températures qui dessèche les plantations et par la déforestation massive pour produire du charbon qui assèche les terres", ajoute Nakabuye. Avec un taux de déforestation de 1,8 % par an dans le pays, les espaces boisés sont en train de disparaître à un rythme inquiétant, selon l’ONU.

"Le réseau Green Climate grandit" en Ouganda

Depuis le district de Wakiso (centre) où elle a grandi, la jeune fille constate les multiples dégâts sur la biodiversité. Mais c’est en 2017, quand elle entre à l’université internationale de Kampala, qu’elle en mesure réellement la gravité : en assistant à une conférence de l’ONG Green Climate campaign Africa (une association d’étudiants ougandais), elle prend conscience que tous ces phénomènes sont dus au changement climatique. "Je me suis à la fois sentie mal, mais j’ai aussi décidé de jouer un rôle clé pour apporter des solutions", explique-t-elle sur son blog.

L’année suivante, la militante écolo embarque six amis avec elle dans sa lutte pour organiser une campagne "Green Climate" destinée à nettoyer les lacs et les rivières dans le pays. Le collectif, qui ramasse les plastiques et autres déchets biodégradables le long des rives du lac Victoria, rallie rapidement une soixantaine d'étudiants.

En janvier 2019, Nakabuye poursuit sur sa lancée et, portée par la campagne du mouvement Fridays4future de Greta Thunberg, elle lance la grève dans son université avec des messages plus locaux : "Les températures montent en Ouganda" ou encore "Laissez Mama Africa verte". Ils sont quelque 180 âmes lors de la mobilisation internationale du 15 mars, puis 170 pour celle du 24 mai. Loin des quelque dizaines de milliers recensés à Paris et à Berlin. "Notre réseau grandit et touche désormais 5 districts, 21 écoles et 3 universités", affirme la jeune fille très active sur les réseaux sociaux qui se targue de réunir aujourd’hui plus de 2000 abonnés.

Consciente que la question climatique n’est ni discutée dans les foyers ni enseignée dans les écoles, Nakabuye, devenue la figure de proue du mouvement écologiste dans le pays, décide d’aller plus loin en sensibilisant la population jusque dans les lieux publics et les réunions communautaires.

L’écologie à l’agenda politique ?

Au cours de ses différentes interventions, elle n’hésite pas non plus à interpeller le président ougandais Yoweri Museveni, 74 ans, dont 33 au pouvoir. Sans grand succès. "C’est difficile de parler climat aux politiques car la seule chose qui les préoccupe, c’est le développement. Mais pas le développement durable", note-t-elle. Sinon, ils auraient déjà parlé "de développement mais pas aux dépens de nos vies".

Elle ne place que peu d’espoir dans la classe politique : "Les dirigeants devraient agir comme des exemples pour les jeunes générations mais ils ne font que des promesses et n’apportent jamais de réponses", estime-t-elle.

Devant leur inaction, celle qui refuse de se taire en appelle à la responsabilité individuelle et incite la population à réduire son empreinte carbone. "Ce n'est pas toujours facile de convaincre les gens, surtout ceux qui gagnent de l’argent en ayant des activités peu compatibles avec l’environnement", commente-t-elle. À titre d’exemple, elle cite ceux qui lavent les voitures près des lacs et des rivières, ceux qui jettent les déchets à la sauvage ou encore ceux qui coupent les arbre

Là aussi, la lutte n’est pas facile et elle se heurte à de nombreuses critiques."Ce n’est pas évident d’inciter les gens à changer leur façon de faire, de vivre", reconnaît-elle. Mais la prise de conscience fait son chemin, petit à petit. Nakabuye a récemment participé aux discussions sur le climat avec le porte-parole du parlement.

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