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Mondial-2019 : la rebelle Rapinoe, cauchemar des Bleues et future bourreau des Anglaises ?

L'attaquante Megan Rapinoe, lors du match contre la France, le 28 juin, à Paris.
L'attaquante Megan Rapinoe, lors du match contre la France, le 28 juin, à Paris. Lionel Bonaventure, AFP

Avec un doublé, Megan Rapinoe a permis aux États-Unis d'éliminer la France en quart de finale. Star incontestée sur les terrains, l'attaquante américaine est aussi une icône en dehors. Politiquement engagée, elle lutte pour de nombreuses causes.

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Le regard fier. Le buste bombé. Les bras en l’air. Megan Rapinoe a fêté son premier but contre la France d’une pose crâneuse. Sa célébration est rapidement devenue virale. Sur les réseaux sociaux, sa posture a été reprise à toutes les sauces, principalement pour ridiculiser le président américain, Donald Trump, la bête noire de la footballeuse. Loin d’être rassasiée, la joueuse de la Team USA a récidivé en seconde période pour envoyer les Bleues directement en vacances et permettre à son équipe de se qualifier pour les demi-finales du mondial face à l’Angleterre. "C’était ma-gni-fique ce soir", a lancé, en toute sobriété après cette victoire, l’ancienne joueuse de Lyon dans la langue de Molière.

L'un des détournements de sa célébration de but

Depuis le début du mondial, Megan Rapinoe affiche déjà cinq réalisations au compteur. Elle est au premier rang des buteuses aux côtés de sa coéquipière Alex Morgan et de l’Anglaise Ellen White. Même si son attitude peut paraître arrogante, la joueuse ne se jette pas non plus des fleurs. Pour elle, l’équipe passe avant tout : "On a été solides et disciplinées. On continue, c’est tout ce qui compte. Cette performance nous donne de la confiance. On a vraiment un super groupe, tout le monde, celles sur le banc qui vous encouragent".

Un "fuck you" adressé au gouvernement

Pourtant, c'est elle qui attire toute la lumière. En quelques semaines, elle est devenue l’attraction de cette Coupe du monde par ses performances sportives, mais aussi par son comportement résolument libre. Avant chaque match, Megan Rapinoe refuse ainsi de chanter l’hymne national. Une attitude qu’elle adopte systématiquement depuis septembre 2016 en soutien au footballeur américain Colin Kaepernick qui protestait alors contre les violences policières à l’égard des Afro-Américains. "J’ai choisi de poser un genou à terre parce que, près de mon hôtel à Columbus, la nuit précédant un match contre la Thaïlande, un garçon de 13 ans nommé Tyre King a été tué par un officier de police. J’ai choisi de poser un genou par terre parce que je ne peux tout simplement pas supporter que mon pays opprime son propre peuple", avait-elle expliqué dans une tribune publiée en octobre 2016.

Elle a même récemment précisé qu’il s’agit "d’une sorte de 'fuck you' adressé au gouvernement". La vedette de la Team USA a déjà annoncé qu’elle refuserait de se rendre à la Maison Blanche en cas de victoire finale lors du mondial. "J’invite mes coéquipières à réfléchir au sens de la sélection et du bien fait de ce genre de cérémonie face à une administration qui ne partage pas notre chemin", a-t-elle expliqué en conférence de presse, le 27 juin dernier. Cette réponse a manifestement agacé le président américain, qui lui a lancé sur Twitter : "Megan devrait d’abord gagner avant de parler".

Megan Rapinoe lors de son arrivée pour la Coupe du monde en France

"C’est ce que je suis"

Une pique qui ne l'impressionne guère. Depuis des années, elle enfonce les portes, quitte à se faire des ennemis. En juillet 2012, elle avait fait son "coming out" dans les pages du magazine Out :"C’est mon boulot de dire que je suis homo. C’est ce que je suis. Donc, je suis homo, voilà, c’est officiel". Depuis, elle est la première lesbienne à avoir fait la une du magazine Sports Illustrated pour son hors-série maillot de bain. "Les stéréotypes persistent et il y a tellement de fausses idées sur ce que nous sommes, c’est pourquoi il est important de repousser ces barrières", a-t-elle résumé à cette occasion.

Megan Rapinoe milite aussi pour l’égalité hommes-femmes. Elle fait partie des 28 internationales américaines à avoir porté plainte, en mars dernier, contre leur fédération pour "discrimination sexiste généralisée". Elle réclame des millions de dollars en arriérés de salaires et en dédommagement au motif des primes plus faibles qui leur sont accordées. Sur un plan plus personnel, elle reverse 1 % de son salaire à des œuvres caritatives grâce au projet Common Goal initié par le footballeur espagnol Juan Mata.

"Le job le plus cool du monde"

Militante et modèle n'ayant pas la langue dans sa poche, la footballeuse est avant tout quelqu'un qui a tout fait pour réaliser son rêve. Née il y a bientôt 34 ans à Redding, en Californie. Megan Rapinoe a eu le déclic lors de la Coupe du monde 1999 organisée aux États-Unis. Alors qu’elle pratiquait déjà le football, elle a assisté, avec sa sœur jumelle Rachael, à la demi-finale entre le Brésil et les États-Unis au stade de Stanford. "Cela a été probablement l’une des expériences les plus chamboulantes de ma vie. Il y avait 70 000 personnes pour un match de football féminin. C’était électrique", a-t-elle raconté sur le site Players’ Tribune. "Il était enfin possible de rêver aussi grand".

Après cette révélation, la Californienne s’est accrochée à son destin. Après avoir explosé au sein de son équipe universitaire les Portland Pilots, avec laquelle elle a remporté le championnat national en 2005, Megan Rapinoe a gravi les échelons des Red Stars de Chicago jusqu’au Seattle Reign FC où elle évolue actuellement, en passant par l’Olympique lyonnais où elle a passé quelques mois en 2013. En équipe nationale elle s’est également vite imposée comme l’un des piliers de la sélection jusqu’à décrocher l’or olympique en 2012 puis la Coupe du monde en 2015.

Après cette moisson de titres, la vedette des terrains n’est toujours pas rassasiée. "Je sais qu’il s’agit peut-être de mon dernier tour", confie-t-elle aujourd’hui. "Mais c’est toujours le job le plus cool du monde et quelque chose dont je rêve depuis le jour où je me suis retrouvée dans cette foule au stade de Stanford en 1999".

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