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Le mouvement de contestation soudanais appelle à la désobéissance civile

Un manifestant dans les rues de Khartoum, dimanche 30 juin 2019.
Un manifestant dans les rues de Khartoum, dimanche 30 juin 2019. Ahmed Mustafa, AFP

L'ALC, principal acteur de la contestation au Soudan, organise le 13 juillet une manifestation pour commémorer la dispersion du sit-in du 3 juin. Le mouvement appelle également à une journée de désobéissance civile dans tout le pays dès le lendemain.

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L'opposition soudanaise veut maintenir la pression sur les généraux au pouvoir. Au lendemain d'une manifestation massive à Khartoum, l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation, a appelé lundi 1er juillet à la désobéissance civile le 13 juillet et à une grève politique totale de tous les secteurs professionnels dans tout le pays, le 14.

La veille, une manifestation sera organisée pour commémorer la dispersion, le 3 juin, d'un sit-in de manifestants installés devant le siège de l'armée à Khartoum qui a fait des dizaines de morts et provoqué un tollé international.

Dans leur bras de fer avec le Conseil militaire de transition, qui tient les rênes du pays depuis la destitution en avril du président Omar el-Béchir, le principal mouvement de la contestation avait déjà organisé entre le 9 et le 11 juin une campagne de désobéissance civile qui avait quasiment paralysé Khartoum.

Les deux camps se rejettent la responsabilité des violences

Dimanche, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté à travers le pays pour que le Conseil militaire remette le pouvoir aux civils. Dix personnes ont été tuées et plus de 180 blessées dans les violences en marge des rassemblements, selon des bilans de la police et du ministère de la Santé cités par l'agence officielle Suna.

"Le Conseil militaire est entièrement responsable pour ces vies (perdues) et ces blessés", a asséné Mohammed Naji al-Assam dans une vidéo postée dimanche soir sur Facebook par son mouvement, l'Association des professionnels soudanais, acteur majeur de la contestation. Pour le Conseil militaire, les forces régulières ont fait preuve de "retenue". Le général Jamal Omar, dans une vidéo postée par le Conseil sur Facebook, accuse l'ALC d'avoir "violé ses engagements et incité les manifestants à se diriger vers le palais (présidentiel) et le QG de l'armée".

Déplorant ces violences, la France a appelé les deux camps "à progresser de bonne foi dans les négociations et à aboutir au plus vite à la formation d'un gouvernement conduit par des civils".

Le bilan des victimes augmente

À Omdourman, ville voisine de Khartoum qui a connu dimanche une mobilisation particulièrement forte, un petit attroupement s'est fait lundi matin autour de trois cadavres qui venaient d'être découverts, a constaté un correspondant de l'Agence France Presse. Des dizaines de personnes ont scandé "à bas, à bas" les militaires - un slogan utilisé depuis décembre pour réclamer l'éviction d'Omar el-Béchir, puis celle du Conseil militaire - avant d'être dispersées par des tirs de gaz lacrymogènes par la police.

Cette découverte porte à 136 le nombre de victimes de la répression depuis la dispersion du sit-in, selon un comité de médecins proche de la contestation. Les autorités recensent, pour leur part, 71 morts depuis le 3 juin.

Avec AFP

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