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Les nouveaux visages des postes-clés de l'UE

De gauche à droite: Christine Lagarde, Charles Michel, Josep Borrell, Ursula von der Leyen et David Sassoli.
De gauche à droite: Christine Lagarde, Charles Michel, Josep Borrell, Ursula von der Leyen et David Sassoli. AFP

Après des négociations ardues, les dirigeants ont trouvé un accord sur les candidats des postes clés de l’UE. Les noms de ces derniers devront être soumis au vote du Parlement européen, dont l'italien David Sassoli a été élu mercredi à la présidence.

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Un accord de dernière minute a été trouvé entre les dirigeants européens, mardi 2 juillet, sur l’attribution des postes clés de l’Union européenne. Deux femmes, deux hommes, originaires pour trois d'entre eux de pays fondateurs de l'UE, ont été choisis à l'issue d'un sommet à Bruxelles marqué par de profondes divisions. Le président français, Emmanuel Macron, s’est aussitôt félicité de ces nominations, "fruit d’une profonde entente franco-allemande", qui permettront, selon lui, de ne pas accentuer les divisions politiques et géographiques de l’Europe.

Les noms des candidats désignés pour les présidences de la Commission et la Banque centrale européennes, ainsi que celui du futur Haut Représentant aux Affaires étrangères devront être soumis au vote du Parlement européen.

Ursula von der Leyen à la présidence de la Commission

Soixante ans, mère de sept enfants, cette proche de la chancelière Angela Merkel fut un temps désignée comme sa dauphine potentielle. Médecin de formation, Ursula von der Leyen est francophile, appréciée par Paris, notamment en raison d'une bonne coopération sur les questions de défense franco-allemande. Son bilan au ministère de la Défense, qu'elle occupe depuis près de six ans, est néanmoins controversé. Son image a notamment été écornée dans une affaire de recrutement de consultants externes pour plusieurs dizaines de millions d’euros sans appel d’offres.

Mais sa candidature, qui devra être validée au Parlement européen, rencontre l'hostilité du groupe socialiste."Cette proposition nous déçoit beaucoup", a déclaré la présidente du groupe socialiste, l'Espagnole Iratxe Garcia.

"Elle est plutôt impopulaire mais sa connaissance des dossiers a prévalu"

La Commission européenne, organe exécutif de l'UE, détient le quasi-monopole de l'initiative législative. Elle doit ensuite veiller à la bonne application des textes et au respect des traités. Elle a sous sa direction un collège composé de 27 commissaires (ils ne seront plus que 26 après le départ du Royaume-Uni de l'UE), un par État membre en plus du président. Ce collège couvre les champs de compétence de l'UE, des affaires économiques à la justice en passant par la concurrence, l'agriculture, l'énergie ou le numérique.

Le mandat de la présidente est de cinq ans, renouvelable une fois.

Christine Lagarde à la BCE

La Française, 63 ans, avocate de formation est devenue banquière. Celle qui parle anglais à la perfection a déjà brisé des plafonds de verre. Première femme à diriger le FMI, première femme à diriger une grande firme américaine d'avocats, également première femme ministre des Finances en France.

C'est d'ailleurs à ce titre que Christine Lagarde a été condamnée en décembre 2016 par la Cour de justice de la République pour "négligence" dans l’affaire de l’arbitrage qui avait été rendu en faveur de Bernard Tapie en 2008. Alors ministre des Finances, elle n’avait pas cherché à remettre en cause l’arbitrage privé qui accordait 403 millions d’euros d’argent public à l’homme d’affaires marseillais.

Le numéro 2 du FMI David Lipton remplacera provisoirement Christine Lagarde au poste de directeur de l'institution.

La présidente de la Banque centrale européenne occupera un mandat unique de huit ans, pendant lequel elle va élaborer et mettre en œuvre la politique monétaire de l'UE, en particulier les conditions de crédit qui touchent un grand nombre des 340 millions de citoyens de la zone euro.

Sa présidence s'exerce tant sur le directoire de six membres de l'institut monétaire que sur le conseil des gouverneurs, élargi aux dix-neufs gouverneurs de banques centrales nationales de la zone euro. La voix de la présidente est prépondérante au moment de décider de la montée ou la baisse des taux d'intérêt et sur d'autres outils de soutien à l'économie.

En dehors des murs de la BCE à Francfort, la présidente rend compte tous les trimestres devant le Parlement européen et prononce des discours scrutés de très près par les marchés, où de simples mots peuvent peser très lourd. Comme en juillet 2012 à Londres, lorsque le président de la BCE, Mario Draghi, a pu sauver l'euro d'un simple "quoi qu'il en coûte" entré dans l'Histoire.

Charles Michel, à la présidence du Conseil

L'actuel Premier ministre belge, 43 ans, est un libéral francophone. Après une arrivée précoce en politique dans l'ombre de son père, l'ex-commissaire européen Louis Michel, il a rapidement gravi les échelons. Bon néerlandophone, il a accepté il y a cinq ans de gouverner en coalition avec la N-VA (nationalistes flamands) un parti qui prône dans ses statuts l'indépendance de la Flandre.

Sa coalition éclate après le départ des nationalistes flamands en décembre 2018, plongeant le pays dans une énième crise politique.

Charles Michel est présenté comme un allié du président français, Emmanuel Macron, qui déclarait le 22 mai dernier au quotidien belge Le Soir qu’il fallait "une coalition européenne du progrès, avec des dirigeants comme Charles Michel".

Le Conseil européen est le cénacle des chefs d'État et de gouvernement de l'UE chargé de définir les orientations de l'Union et de lui donner l'impulsion politique. Le poste de président permanent existe seulement depuis 2009 : il est avant tout chargé de trouver un consensus entre les États. Chef d'orchestre des sommets européens (qui réunissent les dirigeants généralement à Bruxelles), il coordonne et préside les travaux. Il représente l'UE à l'étranger avec le président de la Commission.

Son mandat est de deux ans et demi, renouvelable une fois.

Josep Borrell, Haut représentant aux Affaires étrangères

Le socialiste espagnol, 72 ans, est un Catalan fermement anti-indépendantiste. Peu adepte de la langue de bois, Josep Borrell a été très actif ces derniers mois sur le dossier vénézuélien et s'est montré régulièrement critique de l'administration Trump.

En tant que chef de la diplomatie espagnole, Josep Borrell a ainsi dénoncé l’attitude de "cowboy" de l’administration américaine au Venezuela. En mai dernier, il avait également critiqué la tendance américaine à prendre des mesures extraterritoriales contre des entreprises étrangères commerçant avec des États considérés comme ennemis par Washington. Il visait notamment l’activation du chapitre III de la loi Helms-Burton qui permet de poursuivre devant des tribunaux américains les entreprises étrangères ayant commercé avec des sociétés nationalisées après la prise du pouvoir par Fidel Castro en 1959.

Le poste de Haut Représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité a été créé il y a dix ans. Il a pour rôle de coordonner la politique extérieure et de défense de l'UE, une tâche délicate face aux États membres.

Le Haut Représentant est à la fois membre de la Commission européenne, dont il est vice-président, et du Conseil puisqu'il préside les réunions des ministres des Affaires étrangères et assiste aux sommets des chefs d'État ou de gouvernement.

Son titulaire est nommé pour cinq ans.

David Sassoli au Parlement européen

L'eurodéputé italien David Sassoli a été élu, mercredi 3 juillet, président du Parlement européen. Âgé de 63 ans, il était le candidat des sociaux-démocrates, deuxième famille du Parlement, pour succéder à un autre Italien, Antonio Tajani, un proche de Silvio Berlusconi issu pour sa part du PPE.

Cet ancien journaliste de télévision, eurodéputé depuis 2009, avait pour concurrente la députée écologiste allemande Ska Keller, l'Espagnole d'extrême-gauche Sira Reg et le conservateur eurosceptique tchèque Jan Zahradil.

Son élection permet à l'Italie de se maintenir à l'un de ses trois postes européens importants, après de départ de Mario Draghi (Banque centrale européenne) et de Federica Mogherini (cheffe de la diplomatie), mais il ne sera clairement pas un allié pour le gouvernement populiste au pouvoir à Rome.

Avec AFP

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