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Plus de 40 migrants tués dans un raid aérien en Libye

Des secouristes à la recherche des victimes du raid aérien dans le camp de migrants de Tajoura, en Libye, le 3 juillet 2019.
Des secouristes à la recherche des victimes du raid aérien dans le camp de migrants de Tajoura, en Libye, le 3 juillet 2019. Mahmud Turkia, AFP

Un raid aérien a visé, mardi, un centre de détention de migrants près de Tripoli, la capitale libyenne. Un premier bilan fait état d'au moins 44 morts et d'une centaine de blessés. Le gouvernement d’union nationale accuse le maréchal Haftar.

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Nouveau carnage en Libye. Au moins 44 migrants ont été tués et plus de 130 personnes blessées, mardi 2 juillet au soir, dans une frappe aérienne contre le centre de détention de migrants de Tajoura, situé à proximité d'un camp militaire en banlieue de Tripoli. Une réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations unies est organisée mercredi à l'initiative du Pérou, président en exercice du Conseil de sécurité pour juillet.

Dans un communiqué, le gouvernement d'union nationale (GNA), basé à Tripoli et reconnu par la communauté internationale, a dénoncé "un crime odieux", attribuant l'attaque au "criminel de guerre, Khalifa Haftar", l'homme fort de l'est libyen qui mène une offensive depuis début avril pour s'emparer de la capitale libyenne. Le GNA a accusé les forces pro-Haftar d'avoir mené une attaque "préméditée" et "précise" contre le centre de migrants.

L'Armée nationale libyenne (ANL) de Khalifa Haftar a nié avoir touché le centre de détention de migrants lors du raid aérien, affirmant que des milices alliées à Tripoli l'avaient bombardé après une frappe de précision menée par l'ANL contre un camp militaire.

Un possible "crime de guerre"

De nombreuses organisations ont réagi à cette attaque. L'émissaire de l'ONU en Libye, Ghassan Salamé, a vivement condamné  ce raid aérien sanglant, un "carnage" susceptible de constituer un "crime de guerre" selon lui.

"L'attaque choquante et tragique d'un centre de détention à Tripoli nous rappelle le coût humain du conflit en Libye ainsi que la situation désastreuse et vulnérable des migrants pris dans la spirale de la violence dans ce pays", a souligné  la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, dans un communiqué.

L'Union africaine, la France et l'Italie ont également condamné la frappe. Ankara a qualifié l'attaque de "crime contre l'humanité".

Le bilan pourrait augmenter

Au moins130 personnes ont été blessées dans l'attaque, selon un bilan communiqué par la mission de l'ONU en Libye. "Le bilan pourrait s'aggraver", a indiqué à l'AFP un porte-parole des services de secours, Osama Ali, précisant que 120 migrants étaient détenus dans le hangar qui a été atteint de plein fouet par la frappe.

Plusieurs corps gisaient sur le sol du hangar aux côtés de restes humains mêlés aux affaires et vêtements des migrants maculés de sang. Les services de secours étaient encore à la recherche d'éventuels survivants sous les décombres, tandis que des dizaines d'ambulances se précipitaient sur place.

La frappe contre le centre n'a pas été revendiquée mais des médias pro-Haftar ont fait état mardi soir d'une "série de raids aériens" à Tripoli et Tajoura. La banlieue de Tajoura, qui compte plusieurs sites militaires appartenant aux groupes armés pro-GNA, est régulièrement la cible de raids aériens des forces du maréchal Khalifa Haftar.

Le HCR "extrêmement préoccupé"

Ces dernières ont promis cette semaine d'intensifier les frappes aériennes contre leurs rivales du GNA, après avoir perdu Gharyan, ville située à une centaine de kilomètres de Tripoli dont le maréchal avait fait son centre opérationnel dans son offensive contre la capitale, à plus de 1 000 km de son bastion de Benghazi (est).

Sur son compte Twitter, le bureau du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) s'est dit "extrêmement préoccupé". La mission d'appui de l'ONU en Libye (Manul) a maintes fois exprimé son inquiétude sur le sort d'environ 3 500 migrants et réfugiés "en danger dans des centres de détention situés près de zones d'affrontements".

De son côté, Médecins Sans Frontières (MSF) a réclamé "l'évacuation immédiate des réfugiés et des migrants enfermés dans des centres de détention à Tripoli".

Avec AFP et Reuters

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