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Ursula von der Leyen, une ministre impopulaire aux portes de la Commission européenne

Ursula von der Leyen arrive à la chancellerie, à Berlin, le 3 juillet.
Ursula von der Leyen arrive à la chancellerie, à Berlin, le 3 juillet. Kay Nietfeld, dpa, AFP

La ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen, a été désignée, mardi, à la tête de la Commission européenne. Bonne connaisseuse des rouages de l'UE et proche d’Angela Merkel, elle est devenue une ministre très impopulaire outre-Rhin.

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Après deux jours de tractations intenses, les dirigeants européens ont fini par se mettre d'accord, mardi 2 juillet : l'Allemande Ursula von der Leyen succèdera à Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission européenne. Inconnue à l'étranger, la ministre de la Défense, une proche de la chancelière Angela Merkel, devrait être la première femme à endosser cette responsabilité.  Ce pilier de la CDU (Union chrétienne-démocrate) est une habituée de la scène politique en Allemagne, où elle a occupé des postes-clés depuis 2005.

"Elle est plutôt impopulaire mais sa connaissance des dossiers a prévalu"

Elle est aussi familière des institutions européennes, que son propre père a jadis fréquentées. "C’est une Européenne née à Bruxelles, à l’époque où son père était lui-même fonctionnaire de la Commission, elle est allée à l’école européenne à Bruxelles, ce qui explique qu’elle parle un français et un anglais quasi parfaits", souligne Pascal Thibault, correspondant de France 24 et RFI à Berlin.

Bilan très controversé au ministère de la Défense

Issue d’une vieille famille aristocratique de Hanovre, médecin de formation et âgée de 60 ans, Ursula von der Leyen est mère de sept enfants. Elle a successivement occupé les postes de ministre de la Famille, du Travail puis, à partir de 2013, de la Défense. Elle fut un temps désignée comme la dauphine potentielle d’Angela Merkel, mais son bilan très controversé au ministère de la Défense a néanmoins entravé son ascension.

La vétusté et le sous équipement de l’armée allemande ont notamment été pointés du doigt sous sa tutelle.  Elle a surtout été attaquée après l’arrestation d’un soldat allemand néonazi soupçonné d’avoir fomenté un attentat en 2017. La gestion de cette crise a été vertement critiquée par les militaires allemands, Ursula von der Leyn ayant dénoncé, à l’époque, la complaisance de l’armée vis-à-vis de ce lieutenant.

Par ailleurs, jugée mauvaise gestionnaire, elle est devenue, ces derniers mois, l'une des ministres allemandes les plus impopulaires, selon le dernier baromètre du Spiegel paru en mai. Ursula von der Leyn est ainsi empêtrée dans une affaire de soupçons de favoritisme et de corruption : son ministère a recruté des consultants externes sans appel d’offres, pour plusieurs dizaines de millions d’euros de contrats. Un cas qui fait aujourd’hui l’objet d’une commission d’enquête parlementaire

Relation franco-allemande consolidée

"Au sein même de son parti la CDU, lors des votes pour les instances dirigeantes, elle a régulièrement obtenu un des moins bons votes" relate Pascal Thibault.

La presse allemande soulignait, mercredi, ses points forts : notamment sa bonne connaissance des rouages de l’organisation à travers les différentes fonctions ministérielles qu’elle a occupées outre-Rhin. Mais les médias relèvent également que la désignation d'Ursula von der Leyen déclenche de nouveaux remous dans la fragile coalition gouvernementale d'Angela Merkel, sa ministre étant jugée illégitime et peu compétente par ses partenaires sociaux-démocrates.

"Malgré tout, estime Pascal Thibault, grâce à sa connaissance des dossiers internationaux et européens en particulier, la réputation dont elle jouit auprès des autres gouvernements a prévalu sur ces bisbilles, entre guillemets, germano-germaniques".

C’est son engagement pour une défense européenne et pour la coopération militaire franco-allemande qui lui a valu le soutien du président français, Emmanuel Macron. Sa nomination, avec celle de Christine Lagarde à la tête de la Banque centrale européenne, permet en tout cas de consolider la relation franco-allemande.

Sa nomination doit encore être entérinée par le Parlement européen mi-juillet. Si elle est confirmée par les députés de l’UE, Ursula von der Leyen deviendra présidente de la Commission européenne à compter du 1er novembre et pour cinq ans.

Avec AFP

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