FRANCE

En France, six mois de prison pour le meneur d'une expédition punitive contre des Roms

Un campement rom à Bobigny, en Seine-Saint-Denis, le 27 mars 2019.
Un campement rom à Bobigny, en Seine-Saint-Denis, le 27 mars 2019. Kenzo Tribouillard, AFP

Six hommes ont été condamnés mercredi à des peines allant jusqu’à six mois de prison ferme pour l’attaque d’un campement de Roms fin mars en Seine-Saint-Denis, au nord de Paris, après la propagation de rumeurs d’enlèvements d’enfants.

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Les participants à l’expédition punitive contre un campement rom en mars dernier ont été condamnés, mercredi 3 juillet, par le tribunal de Bobigny, à des peines allant jusqu’à six mois de prison ferme. Une sanction qui a satisfait les associations antiracistes qui s’étaient constituées parties civiles.

L’attaque avait en effet été suscitée par la propagation sur les réseaux sociaux de rumeurs d’enlèvements d’enfants par des Roms, qui faisaient écho à des préjugés racistes contre cette communauté.

Le 25 mars, vers 1 h du matin, ces six hommes âgés de 23 à 26 ans, originaires de Chelles (Seine-et-Marne), avaient été interpellés alors qu'ils fuyaient les abords d'un campement de Roms à Bobigny. L'un deux avait une brique dans sa poche.

Fin mars, plusieurs camps et squats abritant des membres de cette communauté avaient été pris pour cibles, notamment en Seine-Saint-Denis. Des attaques qualifiées de "dérives inacceptables" par le gouvernement.

Parmi les six prévenus, celui considéré par le parquet comme le "meneur" de "l'expédition punitive" a été condamné à six mois de prison ferme. Il avait posté sur les réseaux sociaux une vidéo où l'on voyait des véhicules en train de brûler sous un bandeau "Ce soir c'est la guerre".

Trois autres ont été condamnés à cinq mois de prison ferme et deux d'entre eux à cinq mois avec sursis. Le parquet avait requis jusqu'à sept mois de prison ferme.

Mobile raciste

SOS Racisme, qui s'était constituée partie civile aux côtés d'associations antiracistes (Voix des Rroms, MRAP, LICRA, LDH), "se satisfait de ce délibéré au regard des condamnations prononcées", indique dans un communiqué Me Ivan Terel, avocat de l'association dans cette affaire. "Il semble que le tribunal a tenu compte du mobile raciste des faits, même si la circonstance aggravante n'a pas été formellement retenue", précise-t-il.

Ces six hommes professionnellement insérés (manager dans une boutique de chaussures de sport, apprenti conducteur de train, manager dans un fast-food...) ont également été condamnés à verser 2 000 euros de dommages et intérêts à l'association La voix des Rroms, qui avait recensé 38 agressions lors de cette vague de violences.

Ils devront aussi verser solidairement un euro aux autres parties civiles.

Mi-avril, le tribunal correctionnel de Bobigny avait déjà condamné trois prévenus à des peines allant jusqu'à dix mois de prison ferme pour une expédition punitive menée dans un squat à Clichy-sous-Bois.

Deux étudiants âgés de 19 ans vont être jugés le 23 octobre à Bobigny également pour des violences contre des Roms fin mars.

Avec AFP

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