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Au sein de LREM, la bataille Griveaux-Villani pour Paris fait rage

La commission nationale d'investiture de La République en marche doit auditionner, le 9 juillet 2019, les candidats à la mairie de Paris.
La commission nationale d'investiture de La République en marche doit auditionner, le 9 juillet 2019, les candidats à la mairie de Paris. AFP

Parmi les quatre prétendants à la mairie de Paris encore en lice pour être investi par La République en marche, le duel s’est installé entre Benjamin Griveaux et Cédric Villani. La commission d’investiture doit auditionner les candidats le 9 juillet.

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Il y a encore deux semaines, Benjamin Griveaux semblait assuré de devenir le candidat du parti présidentiel à la mairie de Paris en vue des élections municipales de mars 2020. Aucun des cinq autres candidats à l’investiture ne paraissait en mesure d’empêcher l’ancien porte-parole du gouvernement d’être choisi par la commission nationale d’investiture (CNI) de La République en marche : ni l'écologiste et ancien du MoDem Antonio Duarte, ni l'adjointe au maire du IVe arrondissement Anne Lebreton, ni le député et ancien secrétaire d'État au numérique Mounir Mahjoubi, ni le député de Paris Hugues Renson, ni le député de l'Essonne et mathématicien Cédric Villani ne possèdent en effet le réseau de Benjamin Griveaux au sein des fédérations LREM parisiennes et, surtout, la même proximité avec Emmanuel Macron.

Pour beaucoup d'observateurs, les dés étaient joués avant même l’audition des candidats par la CNI, le 9 juillet, et le futur verdict ne faisait aucun doute. Puis le ralliement de Mounir Mahjoubi à Cédric Villani, annoncé le 3 juillet, et le meeting du candidat au théâtre du Gymnase, le lendemain, ont rebattu les cartes.

Alors que chacun, seul dans son couloir, semblait condamné à l’échec face à Benjamin Griveaux, l’alliance Villani-Mahjoubi a en effet relancé le suspense de la bataille pour Paris. "Depuis plusieurs semaines, quelque chose me frustrait : cette pré-campagne n'était pas au niveau. Et puis il y a eu cette rencontre avec Cédric, ça a été une évidence", a expliqué jeudi soir Mounir Mahjoubi lors du meeting de Cédric Villani.

Cette réunion publique avait tout d’une démonstration de force pour le lauréat de la médaille Fields 2010. Avec une dizaine de députés de la majorité présents et, surtout, une salle comble avec 600 spectateurs, le député de l’Essonne a démontré que sa candidature devait être prise au sérieux. Unique femme candidate, Anne Lebreton était également présente ce soir-là. Elle aussi a annoncé, samedi 6 juillet, dans une tribune publiée sur le site du JDD, son ralliement à Cédric Villani.

Un sondage BVA publié fin juin a montré que Cédric Villani et Benjamin Griveaux recueillaient tous les deux 25 % d’intentions de vote au premier tour de l’élection municipale, plaçant pour la première fois La République en marche en tête des sondages à Paris, avec 1 à 4 points d’avance sur la maire sortante, Anne Hidalgo, probable future candidate à sa propre succession.

"L’argument selon lequel je ne serais pas capable de rassembler est inopérant"

Sur le fond, Cédric Villani, qui était pourtant à la tête du comité de soutien à Anne Hidalgo en 2014, se pose en rassembleur et affirme vouloir devenir "le premier maire écologiste de Paris". Un discours qui lui a permis de compter sur un autre soutien de poids : celui du député Matthieu Orphelin, proche de Nicolas Hulot, qui a quitté le groupe LREM en février et qui s’est réjoui sur Twitter de l’union entre Cédric Villani et Mounir Mahjoubi. "L'écologie sera au cœur de leur projet", a-t-il affirmé.

Côté Benjamin Griveaux, on s’efforce de rester serein. Le député de Paris peut compter sur le soutien massif des cadres et élus LREM parisiens, notamment les députés Olivia Grégoire et Sylvain Maillard, mais aussi des secrétaires d’État Marlène Schiappa et Gabriel Attal.

"Je suis d’un calme olympien, confie Benjamin Griveaux à France 24. Plus d’une trentaine d’élus parisiens de tout bord ont publié samedi sur le site du JDD une tribune pour me soutenir. Cela montre que l’argument selon lequel je ne serais pas capable de rassembler est inopérant."

Au sein de la majorité, si on observe avec intérêt la bataille de la désignation du candidat LREM à la mairie de Paris, la plupart des députés marcheurs préfère se tenir en retrait. "On va vivre les premières tensions, les premières déceptions liées à des investitures. Du coup, beaucoup de collègues n’ont pas forcément envie de se positionner pour éviter les turbulences", raconte un député LREM de Bretagne, contacté par France 24.

Mais certains ont conscience de l’enjeu et se réjouissent de voir que la compétition est ouverte. "C’est très bien que Cédric Villani bouscule Benjamin Griveaux, qui paraissait un peu trop sûr de lui, avec une attitude 'ancien monde', tacle la députée LREM de la Manche, Sonia Krimi, contactée par France 24. Le plus important pour nous, c’est que Paris bascule En Marche et que l’on choisisse la meilleure équipe pour gagner."

"Ne pas prendre de décision trop hâtive"

La CNI se sait sous pression. Alors que l’ensemble des candidats à la candidature, à l’exception de Benjamin Griveaux, ont plaidé dans une tribune, publiée le 16 juin sur le site Internet du Journal du dimanche, pour un report de sa décision, les deux coprésidents, Marie Guévenoux et Alain Richard, ainsi que le délégué général de La République en marche, Stanislas Guerini, ont été reçus vendredi matin à l’Élysée. L’objet des discussions avec Emmanuel Macron n’a pas fuité, mais certains se demandent si le président n’est pas tenté de laisser la compétition ouverte un peu plus longtemps que prévu.

"Tout ce qui participe à éclairer la décision, tout ce qu'on passe en temps à discuter, c'est bien, pour ne pas prendre de décision trop hâtive", a insisté, vendredi, sur Cnews, Cédric Villani.

>> À voir : "Hugues Renson : 'Toutes les candidatures qui ont été imposées à Paris ont échoué'"

Ce dernier se rendra à son audition devant la CNI, mardi, avec un autre argument de poids : une étude commandée par son équipe à l’Ifop et montrant, selon L’Opinion qui a pu la consulter, que le mathématicien serait en meilleure position que Benjamin Griveaux pour l’emporter, notamment en raison de son image.

Ainsi, Cédric Villani totalise auprès des Parisiens interrogés 45 % de bonnes opinions contre 20 % de mauvaises, tandis que son concurrent recueille 40 % de bonnes opinions contre 37 % de mauvaises. Résultat : l’affrontement face à Anne Hidalgo au second tour tournerait à l’avantage de Cédric Villani. Ce dernier est donné gagnant (51 %-49 %) contre l’élue socialiste quand Benjamin Grivaux est, lui, donné perdant (49 %-51 %).

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